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04 Juillet

D’Arnaud Rebotini à Ren Hang, que nous réserve le Festival d’Avignon ?

 

La 73e édition du Festival d’Avignon est enfin lancée et se tiendra jusqu’au 23 juillet prochain. À cette occasion, Numéro a sélectionné les spectacles les plus alléchants du festival provençal.

Par Chloé Sarramea

Loin du pont d’Avignon

 

 

Comme pour chaque édition du festival, assister à des pièces dans la Cour d’honneur du Palais des Papes s’apparente à un véritable chemin de croix. Et cette année, Avignon ne déroge pas à la règle : seulement 100 000 places ont été mises en vente – environ dix mille de moins que l’an passé – rapidement raflées par les plus chanceux que les files d’attente n’effraient pas. Site Internet saturé, billetterie complète, absence de congés payés… nombre d’obstacles empêchent les amateurs de spectacle vivant d’assister aux pièces qui feront l’actualité culturelle de demain. Le rituel est toujours le même : en mars, le directeur du festival présente la programmation de la prochaine édition. La presse est conviée, le petit monde du théâtre aussi, sans oublier les tutelles politiques et certains mécènes. Dans la lignée de Jean Vilar – qui crée le festival en 1947 et le dirige jusqu’à sa mort en 1971 – Olivier Py annonce un programme sous le signe de “la culture européenne”. Il suit plusieurs grands axes : le rapport à l’histoire, la célébration des grands mythes, la question de l’exil et les rencontres entre les peuples.

Avignon 2019 fait la part belle aux dramaturges contemporains

 

 

Dans cette cuvée 2019, certains noms sont familiers. Celui de Maëlle Poésy, sœur de Clémence, actrice à la renommée internationale. Chez les Poésy, les yeux sont verts, le blond est cendré et le jeu est une affaire de famille : en plus d’être comédienne, Maëlle s’affirme à 34 ans comme une des étoiles montantes du théâtre français. À sa sortie de l’École supérieure d’art dramatique du Théâtre national de Strasbourg (dirigé par l’illustre metteur en scène Stanislas Nordey), elle fonde sa propre compagnie : Crossroad, produisant un “théâtre de la confrontation”. Cette année, Maëlle Poésy présente à Avignon une pièce intitulée Sous d’Autres Cieux, dans laquelle elle reprend l’Énéide –  le récit antique des épreuves du Troyen Énée. Elle en profite pour diriger Harrison Arevalo, le jeune acteur colombien qui a brillé cette année dans Les Idoles de Christophe Honoré. Nombre de critiques assurent que Maëlle Poésy incarne le futur du théâtre français, on attend donc beaucoup de sa nouvelle création.

 

L’an dernier, lors de la cérémonie des Césars, un film a marqué les esprits : 120 battements par minute, de Robin Campillo. Succès critique et public, Grand Prix du Festival de Cannes, César du meilleur film, du meilleur acteur et de la meilleure musique originale : le film révèle le compositeur Arnaud Rebotini au grand public. Figure de proue de la scène électronique depuis la fin des années 80, animateur de soirées dans de nombreux clubs gays parisiens, ce curieux personnage à la moustache fournie et aux cheveux gominés est un nom incontournable de la scène house française. À Avignon, Rebotini rejoue cette année la bande originale du film qui l’a consacré, accompagné de musiciens avec lesquels il travaille : le Don Van Club.

Avignon : un carrefour entre Chine et Russie

 

 

Le directeur du festival, Olivier Py, invite cette année le cinéaste et metteur en scène russe Kirill Serebrennikov. Ce dernier signe une création au titre plus qu’équivoque : Outside. Et pour cause, assigné à résidence en Russie, il monte cette pièce à distance avec ses assistants. Désormais habitué du Festival de Cannes (où il a présenté son film Leto en 2018), Serebrennikov met en scène à Avignon une adaptation des poésies du jeune photographe chinois Ren Hang, qui se suicide deux jours avant leur rencontre. Une collaboration Serebrennikov-Ren Hang, projet avorté et chimérique, duquel est né la pièce de théâtre Outside. Une création qu’on imagine hantée, vibrante et désabusée, à l’image de Ren Hang, dont les poèmes sont bien moins connus du grand public que ses photographies. Sans doute la pièce la plus excitante du festival.

 

 

Quand la danse contemporaine s’invite dans la cour d’un lycée

 

 

À Avignon, théâtre et danse se côtoient. Cette année, le chorégraphe britannique Wayne McGregor s’inspire de ses chromosomes pour créer Autobiography, qu’il présente dans la cour du lycée Saint-Joseph. Fondateur de sa propre compagnie de danse à seulement 22 ans, Wayne McGregor est un visionnaire. Chorégraphe résident du Royal Ballet de Londres depuis 2006, il danse et crée des expériences qui plongent les spectateurs en pleine méditation. Lui qui considère le corps comme “une archive vivante” présente au festival une pièce dans laquelle il se clone à l’aide de dix danseurs et des souvenirs de son propre parcours. En attendant la présentation d’Autobiography, une autre pièce de McGregor reprend à Paris. Musique de Jamie xx, scénographie de l’artiste contemporain danois Olafur Eliasson : Tree Of Codes est l’un des plus beaux ballets de ces dernières années. L’occasion de se ruer à l’Opéra Bastille, à Paris, jusqu’au 13 juillet.

 

 

Comme chaque année, la plupart des spectacles joués à Avignon seront en tournée dans les théâtres et scènes françaises. Il sera donc possible d’admirer ces grands crus dans une salle, au frais, loin de l’irradiant soleil de Provence.

 

Festival d’Avignon, du 4 au 23 juillet.

 

“Tree of Codes” (Wayne McGregor) - Trailer

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