Le 28 mai, Grimes fera son entrée sur le marché de l’art : la chanteuse met en vente dessins, imprimés et photographies dans deux expositions nommées Selling Out qui se tiendront dans deux galeries de Los Angeles, la Maccarone (du 28 mai au 31 août) et la Gallery Platform Los Angeles (du 28 mai au 3 juin). Dans ses oeuvres, on retrouve ainsi son imaginaire fantastique aux couleurs peu farouches, empreint de la culture anime et emo mais aussi des univers du jeu vidéo et de la fantasy.

 

Pièce centrale de l’exposition ayant d’ores et déjà fait couler beaucoup d’encre, une oeuvre bien plus mystérieuse et immatérielle est toutefois l’objet de toutes les attentions : l’âme de la chanteuse. En échange d’un apport monétaire, l’heureux acquéreur entrerait alors en possession d’un contrat légal, attestant la vente et définissant son titre de propriété et légitimant juridiquement ce marché fabuleux. Grimes a donc collaboré avec son avocat pour créer cette oeuvre atypique, expliquant au média américain Bloomberg : “Je trouve très intriguante l’idée d’un art fantastique se présentant sous la forme de documents juridiques”. Derrière cette proposition saugrenue, la chanteuse canadienne aborde le paradoxe de la monétisation de l’art. En effet selon elle, chaque fois qu’un artiste vend une de ses oeuvres, il mettrait en vente une partie de son âme.

 

Pour ce bien difficilement quantifiable, Grimes avait tout d’abord opté pour le prix de 10 millions de dollars, espérant par cette somme prohibitive qu’elle n’aurait pas à se séparer de ce petit bout d’elle-même. Mais, face à l’urgence de la crise sanitaire qui rendait une telle transaction presque insultante, l’artiste a ajusté son tir et substitué à la somme originale exorbitante l’idée d’une mise aux enchères. En 2020, il semblerait donc désormais que l’âme, elle aussi, obéirait à la dure mais implacable loi de l’offre et de la demande.

 

Retrouvez les images de l'exposition Selling Out sur le site de la galerie Maccarone.