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La mécanique folle de Jean Tinguely à la galerie Vallois

 

Explosions, machines animées… Le monstre sacré du XXème siècle Jean Tinguely réserve encore quelques surprises à la galerie Vallois à Paris jusqu'au 29 octobre.

Par Thibaut Wychowanok

Jean Tinguely, Wackel-Baluba (Catalogue Raisonné n°338), 1963

Socle en acier, barres de fer, ressorts et fils électriques, jouets en plastique, plumes, singe en plastique, moteur électrique 220 volts. 126 x 40 x 64 cm / 49 5/8 x 15 3/4 x 25 1/4 in.

Courtesy NCAF et Galerie GP & N Vallois, Paris

Photo : André Morin

 

 

Preuve est faite qu’un artiste mort peut encore bouger et faire du bruit chez Georges-Philippe et Nathalie Vallois. À l’occasion du 25e anniversaire du décès de Jean Tinguely, la galerie a décidé de rendre hommage à cet artiste majeur du XXe siècle en présentant une quinzaine de ses sculptures et reliefs animés. Ça tourne et ça grince… Ça évoque surtout un jubilatoire chaos dionysiaque et anarchiste. L’exposition qui réunit des œuvres des années 60 – la période des expérimentations libres de celui qui fut l’une des figures du Nouveau Réalisme – est digne d’un musée, si ce n’est que sa vitalité (les “bing”, “bong”, grincements et mouvements) la rend bien trop vivante pour une quelconque institution classique.

 

 

 

“La légende veut que ce soit le père de Jean Tinguely qui ait appelé lui-même les pompiers.” Nathalie Vallois

Radio jaune, Jean Tinguely, Radio WNYR 10, (Catalogue Raisonné n°1139 sous le n°12), 1962.

Feuilles de plexiglas, fixations en métal, radio, moteur électrique. 107 x 107 x 18 cm / 42 1/8 x 42 1/8 x 7 1/8 in. Numéroté n°10, signé et daté (gravé)

Courtesy NCAF et Galerie GP & N Vallois, Paris

Photo : André Morin

 

 

Tinguely préférait d’ailleurs dynamiter (littéralement) le musée. Une vidéo projetée galerie Vallois en atteste : invité par le MoMA à New York en 1960, l’artiste y installe l’une de ses machines autodestructrices qui met le feu au musée. “La légende veut que ce soit le père de Jean Tinguely qui ait appelé lui-même les pompiers”, s’amuse à raconter la galeriste Nathalie Vallois.

 

 

"L’artiste suisse révèle sa double face : sale gosse et magicien des temps modernes."

 

 

Cette réflexion sur la destruction et la pulsion de mort de l’homme moderne est encore à l’œuvre dans une autre vidéo documentant son intervention dans le désert du Nevada. Avec sa compagne Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely se rend en 1962 là où ont lieu les essais nucléaires aux États-Unis pour y créer une explosion : Study for an End of the World No.2. Derrière la bravade un peu comique (on dit qu’il aurait emporté la dynamite sur lui dans l’avion entre Paris et les États-Unis), Tinguely savait orchestrer avec soin une critique acerbe d’une époque mortifère pas si éloignée de la nôtre.

Vue de l'exposition Jean Tinguely à la galerie Vallois jusqu'au 29 octobre.

 

 

À travers ses fameuses sculptures et reliefs animés réalisés à partir d’objets technologiques et de ferrailles récupérés, Tinguely s’attaquait cette fois-ci à la société de consommation. Il assignait à ces déchets et rebuts une nouvelle destinée, entre recyclage et hommage à l’art brut. Il les faisait surtout accéder de manière très ironique au statut d’œuvres d’art sacrées. La composition picturale des éléments assemblés (ferrailles, plastique coloré, etc.), ainsi que les mouvements et les sons ainsi créés participaient à l’élaboration d’une poésie nouvelle. Avec ses œuvres Méta-Matics et méta-mécaniques, l’artiste suisse révélait sa double face : sale gosse et magicien des temps modernes.

 

Jean Tinguely à la galerie Vallois, jusqu'au 29 octobre, 33 et 36 rue de Seine, Paris 6e. www.galerie-vallois.com

Radio rose , Jean Tinguely, Radio WNYR 12 (Catalogue Raisonné n°1138 sous le n°11),1962.

Feuilles de plexiglas, fixations en métal, radio, moteur électrique. 61,5 x 60,5 x 15,5 cm / 24 1/4 x 23 7/8 x 6 1/8 in.

Numéroté n°12, signé et daté (gravé) en haut à gauche / signé et daté au dos « NY 62 » (gravé)

Courtesy NCAF et Galerie GP & N Vallois, Paris

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