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Martell à Cognac: un modèle de fondation culturelle

 

Les célèbres cognacs Martell inaugurent leur fondation culturelle avec, pour première commande, une œuvre in situ monumentale de Vincent Lamouroux. Un geste préfigurant la programmation à venir, entre ancrage dans le territoire et ouverture sur le monde.

Par Thibaut Wychowanok

Avec ses 600 m2 de sable, l’installation Par nature de Vincent Lamouroux invite à une déambulation poétique au milieu d’un îlot de blancheur. Au premier niveau du bâtiment qui accueillera la Fondation Martell à Cognac, l’œuvre forme aussi une page blanche à partir de laquelle pourra s’écrire l’avenir de l’institution.

 

 

 

 

Alors que les fondations d’entreprises se multiplient comme des petits pains, il est difficile pour elles, parfois, de se doter d’une identité propre et d’une programmation singulière. Autre enjeu passionnant pour ces institutions : faire le lien entre l’entreprise (ses salariés, ses produits, son histoire, ses bâtiments) et sa vocation culturelle. Doivent-elles être indépendantes et poursuivre leur mission en parallèle ? Des liens peuvent-ils se tisser sans être cousus de fil blanc ?

 

Les cognacs Martell ont tranché, et brillamment, ces questions dès l’annonce de la création de leur fondation en novembre dernier, au point d’incarner déjà un modèle du genre. À vocation culturelle (il ne sera donc pas uniquement question d’art contemporain), la Fondation Martell a d’abord fait le choix de jouer à domicile en s’installant au sein du bâtiment historique de la maison à Cognac, une impressionnante pyramide moderniste de cinq niveaux et trois terrasses construite en 1929. Résistant aux sirènes de la capitale, elle prend le risque de se priver d’un réseau culturel dense et favorable. Elle choisit à la place de revêtir le plus ambitieux habit d’animateur culturel local avec, on s’en doute, pour utopie ultime un mini “effet Bilbao”. 

©Philippe Caumes pour BLP 

 

 

Un effet Martell à Cognac

 

Certaines leçons du fameux musée de Frank Gehry, qui avait dynamisé toute la région de la cité espagnole, ont été retenues. La fondation ne pourra animer son territoire qu’en s’y ouvrant. Physiquement déjà. Les travaux d’aménagement du bâtiment (qui auront lieu jusqu’en 2021) ont eu pour premier effet de détruire le mur qui séparait la ville de l’ancienne usine. L’œuvre gigantesque de Vincent Lamouroux, installée jusqu’à fin janvier au premier niveau, devient ainsi visible de la rue. Les habitants sont également invités à profiter des jardins intérieurs aménagés. Et le geste de l’artiste s’inscrit lui-même dans ce programme d’ouverture en s’appuyant sur les partenaires locaux de Martell.

 

Les vastes étendues de sable blanc du “paysage” créé par Vincent Lamouroux proviennent du verrier Verallia. Le bois, de la tonnellerie Leroi. Une démarche qui semble avoir guidé, depuis l’origine, la commissaire d’exposition Nathalie Viot, qui confiait, lors de l’inauguration, avoir eu comme première préoccupation de rencontrer les salariés Martell ainsi que tous leurs collaborateurs de la région.

 

 

Un terrain de jeu global et local

 

 

L'ancrage local n’est en rien incompatible avec ouverture sur le monde et exigence artistique”, renchérissait lors du vernissage César Giron, le
P-DG de Martell Mumm Perrier-Jouët. Le choix de l’excellent artiste Vincent Lamouroux, lauréat du prix de la Fondation Ricard en 2006, et de la commissaire d’exposition Nathalie Viot, ancienne du célèbre Mamco de Genève, qui a également codirigé la Galerie Chantal Crousel à Paris, en est la preuve la plus flagrante et fait de la Fondation Martell un exemple d’institution “glocale” (globale et locale à la fois).

 

La curatrice appelée à prendre la tête de la Fondation Martell et César Giron promettent une inauguration par étapes. Après la révélation de l’œuvre poétique de Vincent Lamouroux, les lieux fermeront pour travaux et rouvriront entre 2018 et 2021. Alors, le public pourra découvrir une programmation culturelle pluridisciplinaire, un restaurant (accessible à tous) sur le toit-terrasse et de nombreux ateliers ouverts au public – dont certains autour de l’odorat et du goût... en toute logique pour une institution basée à Cognac. 

 

Par nature de Vincent Lamouroux à la Fondation d’entreprise Martell, jusqu’au 31 janvier 2017, avenue Paul-Firino-Martell, Cognac. Du mercredi au dimanche de 12 heures à 19 heures. Nocturne tous les jeudis jusqu’à 20 heures. Entrée libre. 

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