Advertising
486

ILS ONT FAIT 2015 : le designer Mathias Kiss

 

Le designer Mathias Kiss a confirmé avec son exposition ”Ornementation Brutaliste” à la galerie NextLevel sa maîtrise virtuose de l’or dans des installations éblouissantes. Rencontre.

Alliant un savoir-faire artisanal – issu de quinze ans passés au sein des compagnons – et une passion pour l’expérimentation contemporaine, le designer français Mathias Kiss propose des installations iconoclastes époustouflantes. Au point que son exposition à la galerie NextLevel, à Paris, s’est imposée comme un événement design de l'année. Rencontre avec un créateur déjà incontournable.

Numéro : Une sculpture en or impressionnante, attachée au plafond comme une stalagmite, accueille le spectateur de votre exposition. De quoi s’agit-il ?

Mathias Kiss : La pièce principale de l’exposition est en réalité une corniche que j’ai souhaité décrocher de son cadre traditionnel. Habituellement, cet élément architectural est en périphérie de la pièce, il suit le mur… J’ai voulu le sortir de ce carcan pour l’installer au milieu de la pièce. La corniche devient sculpture. Plissée, ramassée sur elle-même, elle semble dégouliner du mur. On retrouve dans cette pièce l’essence de mon travail : partir d’un élément classique et lui rendre sa liberté. Ce qui correspond à mon parcours personnel. J’ai commencé chez les compagnons du Devoir, où quinze ans de chantiers sur les monuments historiques m’ont nourri… mais aussi incité aujourd’hui à me libérer de cet académisme. La corniche ne s’efface pas, elle est massive, phallique, assumée. La corniche haussmannienne correspondait à un mode de vie d’il y a plusieurs siècles. Je ne veux pas tirer un trait sur ce passé, mais l’adapter à notre culture contemporaine. Pierre Soulages s’emparait de la peinture à l’huile, la même que celles des peintres de la Renaissance, pour en faire des monochromes. J’ai la même ambition : m’emparer d’un vocabulaire et d’une matière classique pour inventer autre chose.

Vous proposez une version très personnelle du monochrome, en or, comme une porte gigantesque vers le soleil. En quoi l’or est-il un matériau intéressant ?

Ce monochrome de presque deux mètres est un rideau d’or, un bain de lumière dans une pièce. Comme un rayon de soleil. Je l’ai conçu telle une porte. C’est un tableau vivant qui évoluera au gré de la lumière du jour, du matin et du soir. J’y vois aussi un miroir brouillé – une fenêtre aveugle – dans lequel nous ne nous voyons jamais totalement. Nous percevons notre silhouette mais jamais tous les détails. Cette abstraction du reflet est fascinante et invite, je l’espère, à la rêverie, mais aussi à la réflexion. L’or, c’est la lumière, c’est la vie. Ce n’est pas uniquement l’opulence ou le doré un peu kitsch et passéiste. L’or permet aussi d’engager une réflexion sur le pouvoir, celui de la séduction des femmes à l’aide d’accessoires et de bijoux, celui des hommes qui se sont battus depuis toujours pour le posséder.  

Quelles sont les autres pièces présentées ?

Vingt-quatre panneaux au format A4 en or, constitués de 24 ors différents. De l’or rose à l’or champagne en passant par l’or Versailles ou l’or Régence… c’est en les présentant les uns à côté des autres que l’on en perçoit toutes les subtilités. L’or n’est pas une couleur, mais une multitude de variations et de nuances. L’or est loin d’être figé, certaines teintes évolueront avec le temps… Vous trouverez également dans l’exposition l’idée du cadre. Un cadre, normalement, ça cadre, c’est au second plan. Avec moi, il se libère de cet académisme, il passe du second au premier plan pour devenir sujet.

Se libérer des académismes”, est-ce également ainsi que l’on doit comprendre votre titre d’exposition “Ornementation Brutaliste” ?

Ces deux mouvements ont souvent été opposés et caricaturés. D’un côté, l’ornementation qui serait figée au XVIIIe siècle, avec la figure de l’artisan posant sa feuille d’or et le motif de la feuille d’acanthe. De l’autre, le brutalisme issu du modernisme avec ses angles et ses lignes droites, son minimalisme et son rigorisme. J’essaie d’en proposer, dans les deux cas, une approche libérée et contemporaine.

 

Propos recueillis par Thibaut Wychowanok

 

“Ornementation Brutaliste” à la galerie NextLevel de Paris, jusqu’au 18 juillet, 8, rue Charlot, Paris IIIe. www.mathiaskiss.com

4 spots incontournables de l’art à Londres
845

4 spots incontournables de l’art à Londres

Art Londres est connue pour ses musées et ses nombreuses attractions touristiques, mais aussi pour sa multitude de lieux d’exposition originaux. Dans son ouvrage “Art London” sorti cette semaine, la critique d’art Hettie Judah recense tous les espaces incontournables de l’art. Pour Numéro, elle propose une sélection de ses 4 endroits favoris. Londres est connue pour ses musées et ses nombreuses attractions touristiques, mais aussi pour sa multitude de lieux d’exposition originaux. Dans son ouvrage “Art London” sorti cette semaine, la critique d’art Hettie Judah recense tous les espaces incontournables de l’art. Pour Numéro, elle propose une sélection de ses 4 endroits favoris.

 Augustin Trapenard et Tomás Saraceno au musée du Louvre, pour un art engagé
465

Augustin Trapenard et Tomás Saraceno au musée du Louvre, pour un art engagé

Art Soutien de la création artistique contemporaine à la lumière d’enjeux éthiques et sociétaux depuis 2017, l’association Thanks for Nothing organise au musée du Louvre un colloque autour de l’art et de l’engagement. Parmi les intervenants, on y retrouvera notamment les artistes Tomás Saraceno et Barthélémy Toguo, le journaliste Augustin Trapenard ou encore la galeriste Chantal Crousel. Soutien de la création artistique contemporaine à la lumière d’enjeux éthiques et sociétaux depuis 2017, l’association Thanks for Nothing organise au musée du Louvre un colloque autour de l’art et de l’engagement. Parmi les intervenants, on y retrouvera notamment les artistes Tomás Saraceno et Barthélémy Toguo, le journaliste Augustin Trapenard ou encore la galeriste Chantal Crousel.

Advertising
Mais qui a volé les WC en or de Maurizio Cattelan ?
657

Mais qui a volé les WC en or de Maurizio Cattelan ?

Art Présentée au palais de Blenheim en Angleterre à l'occasion d'une exposition unique sur le travail de l'artiste italien Maurizio Cattelan, l’œuvre “America”, WC en or massif, a été dérobée deux jours après le lancement de l'exposition.     Présentée au palais de Blenheim en Angleterre à l'occasion d'une exposition unique sur le travail de l'artiste italien Maurizio Cattelan, l’œuvre “America”, WC en or massif, a été dérobée deux jours après le lancement de l'exposition.    

L’obsession de Francis Bacon pour... la mythologie
849

L’obsession de Francis Bacon pour... la mythologie

Art Il y a quelques jours, le Centre Pompidou donnait le coup d’envoi de sa grande rétrospective consacrée à l’immense peintre britannique Francis Bacon, figure éminente de l'art pictural au XXe siècle. L’occasion de revenir sur la passion de l’artiste pour la mythologie, que l'on décèle dans un grand nombre de ses célèbres tableaux. Il y a quelques jours, le Centre Pompidou donnait le coup d’envoi de sa grande rétrospective consacrée à l’immense peintre britannique Francis Bacon, figure éminente de l'art pictural au XXe siècle. L’occasion de revenir sur la passion de l’artiste pour la mythologie, que l'on décèle dans un grand nombre de ses célèbres tableaux.

Le MOCO de Montpellier, nouvelle place forte de l’art contemporain
867

Le MOCO de Montpellier, nouvelle place forte de l’art contemporain

Art Nicolas Bourriaud, le célèbre critique d’art cofondateur du Palais de Tokyo, prend la direction du MOCO de Montpellier, une institution unique en son genre regroupant l’école des beaux-arts, le centre d’art La Panacée et un nouvel espace consacré à l’exposition de collections privées ou publiques. Nicolas Bourriaud, le célèbre critique d’art cofondateur du Palais de Tokyo, prend la direction du MOCO de Montpellier, une institution unique en son genre regroupant l’école des beaux-arts, le centre d’art La Panacée et un nouvel espace consacré à l’exposition de collections privées ou publiques.

La rentrée photo en 5 expos : images chimiques et pop art marocain
586

La rentrée photo en 5 expos : images chimiques et pop art marocain

Photographie Sigmar Polke, Ernst Haas, Hassan Hajjaj… En ce mois de septembre, plusieurs galeries et institutions parisiennes mettent la création photographique à l’honneur. Des expérimentations chimiques de Sigmar Polke au BAL aux paysages mélancoliques de Todd Hido à la galerie Les filles du calvaire en passant par les portraits “pop” et colorés de Hassan Hajjaj à la MEP, découvrez cinq expositions photo de la rentrée. Sigmar Polke, Ernst Haas, Hassan Hajjaj… En ce mois de septembre, plusieurs galeries et institutions parisiennes mettent la création photographique à l’honneur. Des expérimentations chimiques de Sigmar Polke au BAL aux paysages mélancoliques de Todd Hido à la galerie Les filles du calvaire en passant par les portraits “pop” et colorés de Hassan Hajjaj à la MEP, découvrez cinq expositions photo de la rentrée.