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Le Palais de Tokyo révèle les mystères du corps humain dans un catalogue virtuel

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Inaugurée le 23 octobre dernier, l'exposition “Anticorps” du Palais de Tokyo a fermé ses portes une semaine après son ouverture, incitant le musée parisien à dévoiler un site internet inédit pensé comme un catalogue virtuel. L'occasion d'y découvrir les travaux des 20 jeunes artistes contemporains réuni par l'exposition ainsi que plusieurs essais rédigés par des chercheurs autour de la thématique du corps humain au XXIe siècle.

  • Tala Madani, Ghost Sitter (blue chair), 2020. Oil on linen, 50,8 x 43,2 x 2,5 cm. Courtesy of the artist and Pilar Corrias (London). Photo credit: Flying Studio (Los Angeles) 


  • Kate Cooper, Infection Drivers, 2018. Video, sound, color, 7’29’’. Exhibition view: “Freedom of movement”, Stedelijk Museum (Amsterdam), 2018. Courtesy and photo credit of the artist

  • Özgür Kar, At the end of the day, 2019. 4K video with sound, 15’ loop, 75” Samsung TV, stand, media player, RCF Flying Line Array Speakers, stand, mixer. Exhibition view “Rijksakademie Open Studios”, Rijksakademie (Amsterdam), 2019. Courtesy of the artist and Édouard Montassut (Paris). Photo credit: UKS (Young Artists’ Society)

  • Kate Cooper, Infection Drivers, 2018. Video, sound, color, 7’29’’. Exhibition view: “Freedom of movement”, Stedelijk Museum (Amsterdam), 2018. Courtesy and photo credit of the artist

  • Tarek Lakhrissi, Unfinished Sentence II, 2020. 30 lances en métal, chaînes, gélatine colorée, haut-parleurs. Bande-son réalisée en collaboration avec Ndayé Kouagou. Courtesy de l’artiste. Vue de l’exposition « Anticorps », Palais de Tokyo (23.10.2020 – 03.01.2021). Crédit photo : Aurélien Mole

  • Josèfa Ntjam & Sean Hart, Mélas de Saturne, 2020 (photogramme). Film, 11’49”. Courtesy de l’artiste. Crédit photo : Josèfa Ntjam & Sean Hart

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Comment penser et représenter le corps en 2020 ? À l’heure d’un monde en constante mutation, incarné par de nouvelles habitudes et de nouveaux rapports à l’espace, mais aussi une situation actuelle où la pandémie de Covid-19 et la crise qui en découle provoquent des comportements physico-sociaux inédits, le Palais de Tokyo a souhaité proposer par le prisme de l’art contemporain quelques réponses à ces questionnements. Dans son exposition “Anticorps”, inaugurée le 23 octobre dernier, l’institution parisienne a pour ce faire réuni vingt jeunes artistes faisant du corps, ou de son absence, l’objet de leurs pratiques.

 

Seulement une semaine après son ouverture, l’exposition a dû fermer ses portes, confinement oblige. Pour continuer à la faire vivre malgré le contexte, le Palais de Tokyo s’est alors prêté à son tour à l’exercice de l’exposition virtuelle. Plutôt que faire, comme bon nombre d’institutions artistiques, le choix de la circulation interactive à 360° dans les salles, elle opte pour un parti plutôt original : un site internet inédit pensé comme un catalogue que l’on épluche page par page, artiste par artiste. Chaque artiste ou collectif y est répertorié sur des feuillets classés dans l’ordre alphabétique, avec à chaque fois quelques visuels et un texte présentant son travail et la ou les œuvre(s) présentée(s) dans l’exposition.

Interview Xinyi Cheng - artiste de l'exposition Anticorps

Ainsi, la plateforme propose de découvrir des géants numériques d’Özgür Kar, des images des corps en CGI filmés par Kate Cooper, ou encore des portraits intimes et nocturnes peints par Xinyi Cheng, qui les commente d'ailleurs exclusivement en vidéo. Outre ce riche aperçu du corpus de l’exposition, sa version virtuelle s’augmente de textes écrits par les artistes eux-mêmes ainsi que plusieurs chercheurs, qui offrent à sa thématique une perspective aussi plastique et visuelle que critique et théorique. Dans un essai intitulé Comment être une personne à l’ère de l’auto-immunité ?, l’artiste américaine Carolyn Lazard raconte son histoire avec sa propre maladie chronique, à l’origine de bon nombre de ses œuvres, pendant qu'Eyal Weizman, fondateur du groupe de recherche Forensic Architecture,  s’interroge sur les manières d’identifier la circulation physique du virus et incite l’architecture à s’en emparer pour imaginer les espaces d’un monde post-Covid-19. Alors que l’installation aérienne de Tarek Lakhrissi hiberne actuellement du Palais de Tokyo, suspendue à son plafond, le jeune artiste français dévoile quant à lui un poème écrit pour sa performance prévue en ses lieux.

 

 

À cette présentation efficace et interactive, le Palais de Tokyo a ajouté en haut de la page six rubriques liées aux différentes notions abordées par l’exposition. Baptisées Peaux, Frontières, Immunité, Proximité, Soulèvements et Toucher, celle-ci regroupent toutes les œuvres et textes qui leur correspondent. Leur organisation permet ainsi une circulation thématisée dans le contenu de l’exposition et son sujet ultra-contemporain, qui livre par le biais de ses artistes et auteurs des regards neufs et éclairés sur un humain transformé.

 

 

Découvrez la version virtuelle de l'exposition “Anticorps” du Palais de Tokyo ici.