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Numéro
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Paris Gallery Weekend : le curateur Nicolas Trembley dévoile son parcours artistique dans la capitale

Art

En 2014, la galeriste Marion Papillon initie le Paris Gallery Weekend, un parcours sur plusieurs jours guidant les visiteurs au sein des galeries d'art parisiennes. Le projet se renouvelle plusieurs fois par an et propose désormais 7 parcours originaux par quartiers et animés par des rencontres, vernissages, goûters et autres événements conviviaux. Pour sa nouvelle édition du 3 au 6 juin prochains, le Paris Gallery Weekend invite des acteurs du monde de l'art à raconter au fil d'un texte leur parcours personnel au sein de cette nouvelle programmation, publié chaque jour par Numéro jusqu'à l'événement. Aujourd'hui, découvrez la visite du curateur et art advisor Nicolas Trembley.

  • Galerie Jousse Entreprise. Nathanaëlle Herbelin, “Madeleine et Clément“ (2020).

Le Marais, Saint-Claude – Saint-Louis : voilà mon territoire, une géographie qui me revoie aux années 90 quand je sillonnais les jeunes galeries du Marais avant qu’elles ne déménagent dans le 13e arrondissement, pour finalement y revenir après les années 2010. Le Marais, ancienne terre marécageuse et épicentre de la culture gay, de ses librairies spécialisées à ses clubs tout autant spécialisés, est en perpétuelle mutation. Ironique que l’origine du nom de la rue Saint-Claude soit celle d’un saint, patron des fabricants de pipes (en bois). Au final dans ce parcours, il n’y a qu’une galerie dans cette rue, celle de Jousse Entreprise, que j’ai connu à la Bastille il y a des décennies quand il présentait pour la première fois les photos de Richard Kern, alors qu’il était associé avec Patrick Seguin. Mais comme l’indique le titre de sa nouvelle exposition “… peut-être que ces choses n’ont jamais eu lieu”, un solo de peintures figuratives par Nathanaëlle Herbelin.

 

 

Idem pour la rue Saint-Louis, une seule galerie à cette adresse dont le nom symbolise celui d’un roi de France. Plus noble donc, tout comme l’étymologie de l’enseigne de Clémentine de la Ferronnière qui expose les photographies de FLORE. Dans les années 90, étudiant, j’habitais alors Quai de Bourbon et les expositions de photos dans ce quartier c’était chez Agathe Gaillard. Je n’y étais pas revenu depuis longtemps.

Galerie Thaddaeus Ropac. Sean Scully, Vue de l'exposition “Entre ciel et terre”, Galerie Thaddaeus Ropac, Paris Marais 2021.

Retour au Marais pour y revoir de vieilles connaissances comme Emmanuel Perrotin, que j’ai connu dans sa galerie sise dans l’ancien appartement du collectionneur d’art conceptuel Ghislain Mollet-Viéville. Aujourd’hui Perrotin, qui a perdu son prénom, est devenu une marque internationale et fait un travail muséal en présentant une rétrospective d’Alain Jacquet. Thaddaeus Ropac, lui, propose des autoportraits aux masques anti-Covid-19 de Yan Pei-Ming et pour la première fois Sean Scully à la rue Debelleyme, que nous visitions dans les années 90 quand Jennifer Flay, l’actuelle directrice artistique de la FIAC, y avait une galerie au-dessus de la sienne (tout comme Marian Goodman). Karsten Greve n’y siège pas loin avec Louise Bourgeois alors que Frank Elbaz présente les abstractions de Julije Knifer. Almine Rech, l’une des rares femmes galeristes parisiennes internationales, ne cesse de défricher et de présenter de nouveaux artistes comme Edgar Plans, proche du mouvement kawai international.

 

 

A la rue Saint-Anastase, Martine Aboucaya – ex-directrice de la galerie d’Yvon Lambert avant que cette dernière ne devienne celle de VNH (Victoire de Pourtalès et Hélène Nguyen-Ban) pour être aujourd’hui l’enseigne parisienne de David Zwirner –, présente un group show dans ce lieu qui était le studio de l’illustrateur sonore Frédéric Sanchez chez qui je me rendais à l’époque. “Les tiroirs du temps”, titre emprunté à l’écrivain Jacques Roubaud, symbolise bien tous ces changements, dédales qui affectent le déroulement de la mémoire. J’y ai croisé Élisabeth Ballet que je n’avais pas vue depuis des années. Nous nous sommes à peine reconnus avec nos masques. En face, Andréhn-Schiptjenko, que j’avais découverte à Stockholm, présente le travail de confinement du mexicain Martín Soto Climent. Une autre scandinave, Maria Lund dont la galerie s’appelait Danoise, expose Lyndi Sales à la rue de Turenne où se trouve également Michel Rein, qui possède désormais une annexe à Bruxelles et montre ici Edgar Sarin. A la rue Saint-Gilles, il y a Gilles Drouault galerie/multiples, qui, je me rappelle s’appelait GDM. Cela sent le déconfinement ou plutôt le gin, une édition jubilatoire de Fabrice Hybert, star des 90’s et désormais académicien, qui nous rappelle ce qu’étaient les vernissages d’avant (la pandémie).

 

 

La nouvelle édition du Paris Gallery Week-end aura lieu du 3 au 6 juin 2021 dans les galeries parisiennes.


Découvrez l'intégralité de la programmation ici.