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17 Octobre

Performance : Delphine Roche fait danser le sport

 

Le 18 octobre au soir, Delphine Roche présente sa troisième performance “Grégory Alcan” au cœur de l’exposition de l'artiste Johanna Tordjman “Pastèques & Paraboles acte 2 : Welcome to the Republic of Tordjmanistan”, dans la Halle des Blancs Manteaux. Gymnastique, musique et danse se rencontrent dans ce coup de projecteur sur la question des minorités en France.

Par Chloé Sarraméa

Dans l’univers de la performance, Delphine Roche n’en est plus à son coup d’essai. En 2016, l’artiste et rédactrice en chef du magazine Numéro programme Why Do We Sweat?… – une mise en scène qui offrait un dialogue entre l’art et le sport au Palais de Tokyo (qu’elle reprend à deux reprise à la Galerie RX). En avril dernier, dans le cadre du festival Do Disturb, Delphine Roche revient au Palais des Musées d’art moderne pour No Sweat Last Night, une performance célébrant la culture hip-hop et la boxe – présentée dans un premier temps au Consulat.

 

Pendant la FIAC, le monde de l’art est en ébullition, et c'est dans ce contexte que Delphine Roche poursuit son épopée de performances à la fois sportives et engagées. Avec Grégory Alcan, l’artiste présente un portrait en mouvement du sportif éponyme, ancien gymnaste de haut niveau sacré champion du monde. Réfléchissant à la fois sur l’instrumentalisation du corps sportif et sur la visibilité – invisibilité? – des minorités ethniques en France, la nouvelle performance de Delphine Roche a été pensée avec le gymnaste d’origine martiniquaise. Au cours de sa carrière de sportif de haut niveau, Grégory Alcan s’est longtemps révolté contre les préjugés culturels et raciaux des juges dans sa discipline. Aujourd'hui, ces discriminations nourrissent chez lui la mise en scène de la performance. 

 

Inspirée du travail de portraits de danseurs initié par le chorégraphe Jérôme Bel, Grégory Alcan est construite comme un diptyque : des vidéos des mouvements du gymnaste sont projetées en parallèle de leur exécution en direct, le tout éclairé par les téléphones des spectateurs de la performance. 

Une performance en résonance avec l’exposition qui l’accueille

 

Composant un monde fictif autochtone, l'exposition de l'artiste Johanna Tordjman Pastèques & Paraboles acte 2 : Welcome to the Republic of Tordjmanistan, questionne l'ambivalence entre l'ère du numérique qui érige en maîtres les connexions entre individus et la division bien réelle qui s'opère entre eux. Dans un style figuratif, la jeune peintre française expose les portraits de ses proches, les personnages de son monde imaginaire. Entre sportifs sur-représentés mais relégués au rang d'“athlètes noirs” et minorités absentes des musées, la performance de Delphine Roche et les tableaux de Johanna Tordjman dialoguent et rendent enfin visibles ceux qui ne le sont pas, ou le sont pour les mauvaises raisons. 

 

Grégory Alcan, une performance de Delphine Roche, le 18 octobre à 20 heures à la Halle des Blancs Manteaux, Paris IVe.

NuméroNews


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