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Numéro
17

Reine censurée et biche tatouée : l'esthétique punk s'expose à Bruxelles

Musique

Des Sex Pistols aux Talking Heads, en passant par The Smiths et les Ramones, la culture punk a inondé la société occidentale des années 70 au milieu des années 80 par sa musique insolente et son imagerie audacieuse. Le musée de l'ADAM à Bruxelles rend ainsi hommage aux multiples travailleurs de l'invisible : les graphistes, qui à travers leur création de pochettes d'albums et de flyers ont fait de ce courant musical une véritable contre-culture.

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L'image est connue de tous : un portrait de la reine Elizabeth II collé au centre du drapeau britannique, les mots “God Save The Queen ” arrachés d'un quotidien lui barrant les yeux, tandis que le nom des Sex Pistols lui entrave la bouche. Au musée de l’ADAM en Belgique, l’exposition “Punk Graphics” présente à travers une centaine de visuels l’esthétisme d’un courant musical qui pourtant n’accordait aucune d’importance à ce que la société désignait comme “beau”.

 

Développée aux États-Unis et en Angleterre dans les années 70, la contre-culture punk s'accompagne d'un véritable langage visuel qui accompagne l'évolution de ce mouvement irrévérencieux. Faisant prévaloir l’art plutôt que de chercher la célébrité, les musiciens refusent d’apparaître sur leurs pochettes d’albums ou leurs flyers. Du collage à la satire en passant par le photomontage et le détournement d’images, les graphistes punks développent alors tout un attirail de techniques créatives, jusqu'à attaquer avec force les icônes de la culture populaire. Ainsi, sur la pochette de Who Killed Bambi des Sex Pistols sorti en 1979, une biche égorgée gît au sol, marquée sur le ventre d'un tatouage avec la typographie Disney.

 

Les lettres de journaux découpées puis réassemblées, la méthode du “Do It Yourself”, l’influence des bandes dessinées, du genre de l’horreur ainsi que de l’art moderne viendront composer une véritable imagerie punk. Jusqu’au 26 avril 2020, le musée du design de Bruxellles rend ainsi hommage à la folie, l’impertinence et la débrouillardise de graphistes longtemps restés dans l’ombre, mais sans qui le mouvement punk ne serait pas ce qu’il est.