Au vu des premières images, la course effrénée dans laquelle se lancent les protagonistes de Beats, dernière production de Steven Soderbergh sur l'émergence des rave parties au Royaume-Uni, n'est pas sans rappeller la scène d'ouverture de Transpotting, lorsque Renton et Spud dévalent Princess Street, Lust for Life d'Iggy Pop en fond sonore, accompagné du mythique monologue existentiel “Choose life”. Si l'histoire de Beats se déroule aussi en Écosse, elle se produit deux ans plus tôt, en 1994. Amis d'enfance qui seront bientôt séparés, Johnno (Cristian Ortega) et Spanner (Lorn Macdonald) décident de passer leur dernier été ensemble dans le monde des free parties. Mais ces fêtes illégales qui se multiplient partout dans le pays font face à la répression grandissante des forces de l'ordre...

 

Commentaire socio-politique sur le nouveau travaillisme de Tony Blair ou histoire d'amitié masculine, Beats promet d'exalter à merveille les influences du “Second Summer of Love”, cette période, à la fin des années 1990, où les rave parties dopées à l'électro et l'ecstasy venaient défier l'establishment. Le choix esthétique du film tourné en noir et blanc, de son côté, renvoie inévitablement à La Haine de Mathieu Kassovitz, dont les personnages sont également animés par une rage. Adapté de la pièce éponyme de Kieran Hurley (jouée en 2012), Beats a été réalisé par Brian Welsh, qui a également signé le tout premier épisode de Black Mirror. The Belleville Three, Carl Craig, Leftfield, The Prodigy, Lee Scratch Perry, Plastikmn, LFO, Hudson Mohawke ou encore Orbital... la B.O s'annonce tout aussi géniale. 

 

Habitué des productions déjantées, Steven Soderbergh (Palme d'Or à Cannes en 1989 dès son premier film Sexe, mensonges et vidéo) appose ici la certification d'un projet de qualité. La dernière folie du réalisateur cérébral ? Une incursion anxiogène dans l'univers des hôpitaux psychiatriques tournée entièrement à l'iPhone, en une dizaine de jours.