Comme à l'accoutumée au vestival vénitien, c'est dans une ambiance feutrée que la réalisatrice argentine Lucrecia Martel a remis la récompense suprême de la Mostra du cinéma à Todd Philips. Réalisateur de War Dogs (2016) et de la trilogie comique Very Bad Trip, producteur du blockbuster Projet X (2012) et du film musical A Star Is Born (2018), le cinéaste new-yorkais entre désormais dans le panthéon des maîtres du thriller avec son dernier long-métrage, Joker. Au palmarès du festival de Venise, il devance même le très controversé Roman Polanski, dont le film sur l’affaire Dreyfus, J’accuse, remporte le Lion d’argent et le Grand prix du jury.

 

Joaquin Phoenix, l’impressionnant Joker

 

 

Joaquin Phoenix est pour beaucoup dans la réussite de ce spin-off de la série Batman, qui se concentre sur la genèse du Joker. L’acteur américain, maintes fois acclamé pour des interprétations bouleversantes dans des films dramatiques (Her de Spike Jonze ou encore Gladiator de Ridley Scott) crée la surprise dans une détonante interprétation d’un personnage de DC comics. Succédant à l'indétrônable Heath Ledger et à Jared Leto dans le rôle de l’éternel ennemi de Batman, Joaquin Phoenix était attendu au tournant. Son interprétation est finalement saluée, mais pas assez pour qu’elle soit récompensée d’une coupe Volti du meilleur acteur. L’interprète de Johnny Cash (dans Walk the Line de James Mangold) avait déjà remporté ce prix en 2012, pour le rôle de Freddie Quell, un ancien combattant pervers et alcoolique dans The Master, de Paul Thomas Anderson. Cette année, c’est Luca Marinelli qui rafle le prix du meilleur acteur de la Mostra du cinéma de la Biennale de Venise pour son rôle dans l'iconoclaste Martin Eden, de son homologue italien Pietro Marcello.