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Ana de Armas : 3 choses à savoir sur l’héroïne de The Gray Man et de Blonde

Cinéma

L’actrice cubano-espagnole née à La Havane Ana de Armas est en train de se tailler une place au soleil à Hollywood. Après avoir commencé sa carrière à Cuba et à Madrid, celle qui a marqué les esprits avec ses apparitions sexy et musclées dans Blade Runner 2049 (2017) et Mourir peut attendre (2021) est, à 34 ans, l’un des noms les plus prisés du petit et du grand écran. Tour d’horizon de ce qu’il faut savoir sur l’héroïne de The Gray Man, le nouveau blockbuster d'action de Netflix, et qui sera bientôt à l’affiche du très attendu et sulfureux biopic romancé consacré à Marilyn Monroe, Blonde, toujours sur la plateforme de streaming.

Ana de Armas à la projection de The Gray Man à Londres le 19 juillet 2022 @ Samir Hussein/WireImage via Getty Images
Ana de Armas à la projection de The Gray Man à Londres le 19 juillet 2022 @ Samir Hussein/WireImage via Getty Images
Ana de Armas à la projection de The Gray Man à Londres le 19 juillet 2022 @ Samir Hussein/WireImage via Getty Images

1. Une enfance loin des paillettes d’Hollywood

 

Née à La Havane, à Cuba, Ana Celia de Armas Caso a mené une enfance très éloignée des lueurs et des paillettes d’Hollywood. Contrairement à beaucoup d’acteurs et actrices dans le vent qui sont des enfants stars ou ont des parents célèbres, le cinéma ne coulait pas dans ses veines. Son père, qui a étudié la philosophie dans une université soviétique a été tour à tour enseignant, directeur de banque, d’école et adjoint au maire tandis que sa mère occupait un poste dans les ressources humaines au ministère de l'Éducation. Enfant, Ana de Armas vit de nombreuses années chez ses grands-parents, à La Havane, tandis que ses parents et son frère qui habitent dans la ville balnéaire de Santa Cruz del Norte ne viennent lui rendre visite qu’une fois par semaine. 

 

En raison de la crise économique (dite "Période spéciale en temps de paix") sévissant à Cuba dans les années 90, suite à la chute de l’URSS et à l’arrêt du soutien commercial du bloc socialiste, son enfance, spartiate mais heureuse, est marquée par le rationnement alimentaire et les coupures d’électricité, pouvant durer jusqu’à 16h. Elle se souvient ainsi de La Havane dans le média Men's Journal : "J'ai grandi dans la nature, à la plage et en jouant dans la rue avec des amis. Je me sentais très libre. On se déchaînait ici et là avant de rentrer à la maison pour dîner et regarder des dessins animés." 

 

Adolescente, Ana de Armas n’a pas d’accès à Internet, ni de lecteur de DVD et aucune connaissance en (pop) culture internationale. Elle a seulement l’autorisation de regarder quelques minutes de dessins animés le samedi et un film le dimanche matin. Elle se rattrape en allant voir des long-métrages américains chez son voisin, dans lesquels elle découvre Julia Roberts et Tom Hanks. Fascinée par ces œuvres glamour pleines d’action et de romantisme, elle apprend par cœur les dialogues et rejoue les scènes devant son miroir. Une vocation est née. À 12 ans seulement, la petite fille au visage de poupée sait qu’elle veut devenir actrice.

Ana de Armas dans "Mourir peut attendre" (2021) Ana de Armas dans "Mourir peut attendre" (2021)
Ana de Armas dans "Mourir peut attendre" (2021)

2. Une carrière d’actrice (peu concluante) à Cuba et à Madrid

 

Dès l’âge de 14 ans, Ana de Armas se rend, en auto-stop, aux cours du Théâtre national de Cuba. Encore étudiante, elle tourne déjà dans des films avant de s’envoler, quatre ans plus tard, pour Madrid, avec 200 euros en poche. Les premiers long-métrages et les premières séries de l’actrice sont oubliables, même s'ils lui permettent d'être reconnue dans la rue en Espagne. Elle joue notamment dans le drame à l’eau de rose Una rosa de Francia (2006), dans le show pour adolescents qui prend place dans un pensionnat espagnol El Internado (2007-2010) ou encore dans une comédie sur le passage à l'âge adulte : Mentiras y gordas (2009). 

 

Après un passage à New York pour tenter d'apprendre l'anglais, Ana de Armas change de registre avec une série dramatico-historique (Hispania, la leyenda, en 2010 et 2011) et une poignée de films d'horreur tels qu’Anabel (2015). Elle doute alors du futur de sa carrière, participe à des pièces d’une compagnie théâtrale de Madrid et finit par trouver un agent hollywoodien avant de déménager à Los Angeles. Alors qu’elle parle très mal la langue de Shakespeare, elle décroche un premier rôle dans un film américain, aux côtés de Keanu Reeves (qui devient son premier ange gardien aux États-Unis) dans le thriller érotique horrifique d'Eli Roth Knock Knock (2015). On retrouvera cette dimension sensuelle dans le (mauvais) thriller érotique Eaux Profondes aux côtés de son compagnon de l’époque : Ben Affleck.

Ana de Armas dans "Blonde" (2022) Ana de Armas dans "Blonde" (2022)
Ana de Armas dans "Blonde" (2022)

3. Une ascension hollywoodienne détonante

 

À Hollywood, celle qui apprend dans un premier temps ses textes phonétiquement est d’abord la femme fatale ou l’épouse dévouée souvent romantique ou sexy. Même si elle s’avère à la fois radieuse et charismatique, les bons rôles ne sont pas tout de suite au rendez-vous pour Ana de Armas. Mais la Cubano-espagnole est déterminée à ne pas se laisser emprisonner dans les rôles de bombe latine aux allures de femme objet. Il faut attendre le thriller futuriste métaphysique de Denis Villeneuve Blade Runner 2049 (2017), pour que l’actrice brille dans un rôle secondaire. Elle incarne la petite amie de Ryan Gosling, Joi. Même si Joi n’est qu’un hologramme né de l’intelligence artificielle, Ana de Armas apporte une dimension très charnelle et magnétique à son personnage. 

 

Rien n’arrête désormais la star en devenir qui rêve d'une carrière comme celle de Cate Blanchett, Kate Winslet, Meryl Streep ou Penélope Cruz. Elle prouve qu’elle a de la profondeur avec son rôle d’infirmière immigrée dans le film À couteaux tirés (2019), mettant en scène Daniel Craig, et dégage un charme envoûtant dans le thriller d'espionnage d'Olivier Assayas, Cuban Network (2019). Mais c’est en James Bond girl dans Mourir Peut Attendre qu'elle explose. En robe de soirée échancrée, elle incarne Paloma, une agente secrète de la CIA dont les cascades n’ont rien à envier aux héros masculins du film. L’entraînement sportif intensif auquel elle se livre pour ce blockbuster va servir à l’actrice pour son rôle athlétique et badass dans la nouvelle superproduction Netflix à gros budget : The Gray Man aux côtés de Ryan Gosling et de Chris Evans.

 

Désormais, tous les yeux sont rivés sur celle qui a décroché le rôle de Marilyn Monroe dans le biopic romancé et déjà controversé (en raison de ses scènes de sexe jugées choquantes) Blonde, basé sur le best-seller du même nom écrit par Joyce Carol Oates. Il faudra attendre le 28 septembre 2022 pour savoir si, malgré l’absence de ressemblance flagrante entre les deux actrices, la nouvelle coqueluche d'Hollywood qui a travaillé pendant un an avec un coach de diction a réussi à capturer l’essence, sublime et innocente, de l’icône des années 50.

 

The Gray Man (2022) de Mark Greaney et Joe Russo, disponible sur Netflix. Blonde d’Andrew Dominik, disponible le 28 septembre 2022.