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09 Juillet

Andrew Scott, du criminel irrésistible au prêtre qui doute

 

Psychopathe magistral dans la série “Sherlock” en 2011, Andrew Scott a conquis le cœur de nombreux fans jusqu’à devenir une véritable star sur Internet. Début 2019, on le retrouve en prêtre en plein doute dans “Fleabag” ou en conducteur de taxi excédé par les Smartphones dans “Black Mirror”. Il sera bientôt à l’affiche de “1917”, film de guerre signé Sam Mendes, aux côtés de Colin Firth, Mark Strong et Benedict Cumberbatch.

Par Juliette Cardinale

Andrew Scott dans “La Chute du Reichenbach”, saison 2, épisode 3 de la série “Sherlock”.

La puissance d’Andrew Scott réside dans sa palette de jeu des plus envoûtantes. À 42 ans, l’acteur a tendance à bouder les grosses productions mais a pourtant séduit Internet, des fans de la série Sherlock à ceux de Fleabag : il est tour à tour émouvant et terrifiant. Fin 2019, il sera à l’affiche de 1917, le prochain film de Sam Mendes, oscarisé en 2000 pour American Beauty. Il y retrouvera Benedict Cumberbatch, son ennemi juré dans la fameuse série de la BBC sur le détective privé le plus célèbre de Grande-Bretagne, ou encore Colin Firth et Mark Strong.

 

Né à Dublin (Irlande) en 1976, Andrew Scott suit des cours au sein d’une école privée pour garçons. Très jeune, il s’essaie au théâtre et décroche son premier rôle dans un long-métrage à 17 ans, Korea de Cathal Black, en 1995. Puis il intègre la classe de théâtre du Trinity College de Dublin pendant six mois avant de rejoindre la troupe du Abbey Theatre. Andrew Scott se transcende sur les planches et reçoit de nombreuses récompenses : il se fait une place parmi les comédiens les plus respectés du Royaume-Uni. En 2017, son interprétation d’Hamlet à Londres ravit la critique.

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Pendant longtemps, Andrew Scott enchaîne les seconds rôles à l’écran, notamment un soldat anonyme sur la plage d’Il Faut Sauver le Soldat Ryan. En 2010, son interprétation de Jim Moriarty dans la série Sherlock le révèle au grand public. Psychopathe jouissif, tantôt glaçant, tantôt hystérique, l’ennemi juré de Sherlock Holmes n’est motivé que par l’ennui et sa fascination pour le détective consultant. Andrew Scott séduit les créateurs de la série – Steven Moffat et Mark Gatiss –, capable d’être “réellement terrifiant, un psychopathe complet.” Il s’éloigne de l’image traditionnellement chic et ennuyeuse de l’adversaire de Sherlock Holmes. L’acteur envoûte les fans et décroche le BAFTA du Meilleur Acteur dans un second rôle en 2012 (les Césars anglais) pour la deuxième saison de la série évènement.

 

Mais Andrew Scott évite d’être cantonné aux personnages machiavéliques. C’est pour cela qu’il rejoint rapidement un nouveau projet : la mini-série The Town (2012), on y suit un architecte qui revient dans sa ville natale. Plus tard, il est le témoin qui organise un enterrement de vie de garçon dans la comédie irlandaise The Stag (2013). En filigrane, sa carrière est marquée par son engagement en faveur de la cause LGBTQ+. Andrew Scott fait son coming out lors d’une interview en 2013 et incarne, l’année suivante, Gethin Roberts dans Pride, le propriétaire de la librairie dans laquelle se regroupaient les membres de l’association LGSM (Lesbians and Gays Support the Miners, qui ont collecté des fonds pour soutenir les grévistes mineurs à l’époque du gouvernement Thatcher), en 1984. Plus récemment, en 2017, il retrouve les productions irlandaises et interprète un professeur d’anglais dans le film Handsome Devil, récit initiatique de deux jeunes garçons homosexuels dans une école unisexe irlandaise.

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Il se laisse cependant tenter une nouvelle fois par des rôles d’antagonistes dans Docteur Frankenstein (2015) ou Alice de l’autre côté du miroir (2016). Il interprète aussi un personnage malveillant dans le James Bond 007 Spectre (2015), qui marque sa deuxième collaboration avec Sam Mendes. Le réalisateur britannique, également metteur en scène, l’a dirigé une première fois au théâtre en 2006 dans The Vertical Hour, une pièce signée David Hare. Andrew Scott incarnait alors le fils de Bill Nighy et le petit ami de Julianne Moore.

 

En 2019, il semble séduire une nouvelle fois toute la sphère internet. Dans la seconde saison de Fleabag, la série irrévérencieuse de Phoebe Waller-Bridge, il interprète “le prêtre”. Boisson, cigarette et remise en cause de sa foi… renommé “Hot Priest” (“le prêtre sexy”) par, apparemment, tous les internautes, il fait chavirer les cœurs des spectateurs. Quelques semaines plus tard, il est le personnage principal d’un épisode de la saison cinq de Black Mirror. Dans cette série d’anthologie, il interprète un chauffeur de taxi, exaspéré par l’addiction de la société aux téléphones et applications. Il met une nouvelle fois à profit son magnétisme d’homme dérangé.

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