Chorégraphe afro-américain éminent qui occupa la scène new-yorkaise des années 60 jusqu’à sa mort en 1989 des suites du sida, le travail d'Alvin Ailey est aujourd’hui célébré dans les salles de danse partout dans le monde. Il le sera bientôt aussi par le cinéma. Un long-métrage tiré du livre de Jennifer Dunning, Alvin Ailey : A Life In Dance va en effet lui être consacré. C'est au réalisateur américain Barry Jenkins que Fox Searchlight a confié sa réalisation. Le cinéaste américain de 39 ans s'est illustré récemment grâce au film Moonlight, double vainqueur des Golden Globe et des Oscars.

 

La lumière dans le cinéma de Barry Jenkins surgit de là où on ne l’attend pas. Avec Moonlight (2016) le réalisateur suivait la figure maltraitée de Chiron, un Afro-Américain homosexuel de Miami issu d'un milieu social défavorisé. Son dernier film (sorti en janvier), Si Beale Street pouvait parler, met cette fois en scène l'histoire d'amour d'un couple noir dans le Harlem des années 70, brutalement stoppée par une erreur judiciaire dont le jeune homme est victime.

 

Avec le chorégraphe Alvin Ailey, le réalisateur s'attaque à un nouveau personnage : Afro-Américain homosexuel ayant connu le racisme acerbe des États-Unis à l'ère post-coloniale, addict à la drogue et à l’alcool, Alvin Ailey s’ajoutera au panthéon des figures écorchées du cinéma de Barry Jenkins, victimes des injustices liées à leurs origines sociales, mais ayant marqué l'histoire par leurs qualités hors du commun, qu'elles soient humaines ou artistiques.

 

Témoignant de la postérité d'Alvin Ailey, la troupe de l’Alvin Ailey American Dance Theater sera cet été à Paris au festival Les étés de la danse, où elle présentera des morceaux choisis de ses spectacles.