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Numéro
12

Mia Hansen-Løve invoque Ingmar Bergman dans son film présenté à Cannes

Cinéma

Le 14 juillet sort “Bergman Island”, le nouveau film de la réalisatrice française Mia Hansen-Løve en compétition au Festival de Cannes. Tourné sur l’île de Fårö, lieu favori du cinéaste suédois Ingmar Bergman, qui y avait fait son lieu de tournage privilégié et s’y était établi jusqu’à sa mort, l’histoire raconte celle d’un couple, soumis à l’épreuve de la créativité…

Quoi de mieux, lorsqu’on est un réalisateur en manque d’inspiration que de fouler la terre d’une petite île, où un immense cinéaste y a réalisé ses plus grands films? Quoi de mieux, encore, que de convoquer l’esprit du vénéré pour y puiser une imagination sans faille ? Là est le credo du nouveau film de la réalisatrice française Mia Hansen-Løve, Bergman Island, en compétition officielle à Cannes. En effet, Chris – interprété par Vicky Krieps, révélé par Phantom Thread de Paul Thomas Anderson – et Tony – joué par Tim Roth –, tous deux réalisateurs, souhaitent écrire un scénario de film chacun de leur côté. Le temps d’un été, le couple débarque alors à Fårö, une île de la mer baltique, située en Suède. Il cherche un nouveau souffle, une impulsion créative à l’écriture de leurs films. Le lieu est bien choisi : il a, en effet,  servi de lieu de tournage à l’immense réalisateur suédois Ingmar Bergman, né en 1918 et mort à Fårö, en 2007. Six de ses films ont été tournés là-bas… A travers le miroir (1961), Persona (1966), L’heure du loup (1968), La Honte (1968), Une passion (1969), et Scènes de la vie conjugale (1973). Marcher dans ses pas, permet, peut-être, d’éradiquer un quelconque frein à l’inventivité…

 

Composée de paysages arides et des raukar, ces grandes pierres détachées du littoral par l’érosion et formant des aiguilles plantées dans le sable, l’île de Fårö est hostile. Elle est devenue, avec le temps, le lieu touristique à la gloire de Bergman et une grande fierté locale. C’est dans cet environnement que le couple s’adonne, pour écrire, à un pèlerinage contemplatif… et voit ses frontières entre fiction et réalité totalement troublées. Avec ce dernier film, la réalisatrice d’Un amour de jeunesse (2010) et d’Eden (2014) reste fidèle à son cinéma, souvent motivé par l'amour, la quête de sens, et la possibilité de se réinventer, en faisant le deuil de moments trop mélancoliques.

 

“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve, en salles le 14 juillet.