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10 Janvier

Bob Dylan, NTM, David Bowie... Les trois biopics musicaux qui marqueront 2020

 

Entretenant une relation intime et passionnée depuis deux siècles, la musique et le cinéma aiment à se recroiser dans le genre du film biographique. Entre géants de la folk, rock, pop psychédélique et rap français, découvrez ce que réservent les biopics musicaux de la nouvelle décennie.

Par Margaux Coratte

De Barbara à Elton John en passant par Freddie Mercury, l’année 2019 a exploité pleinement le genre du biopic, de plus en plus apprécié par les habitués des salles obscures. Plus gros succès de la 20th century Fox, Bohemian Rhapsody rendait en effet hommage au célèbre leader de Queen disparu en 1991, tandis que Rocketman relatait la vie extraordinaire du chanteur et pianiste prodige Elton John. Appartenant au genre de la biographie, le biopic est l'un des registres favoris de Hollywood qui n’a de cesse, dans un élan patriotique effréné, de célébrer les grandes figures qui ont marqué l'histoire de l'Amérique. En France et en Europe, il s'est aussi démocratisé, trahissant le besoin candide du cinéma d'offrir des héros modernes à ses spectateurs peu sensibles à leur patrimoine. En 2020, le septième art continuera dans cette lancée avec d'ores et déjà trois productions dédiées à des géants qui ont marqué le siècle dernier.

 

1. Timothée Chalamet en Bob Dylan dans Going Electric, de James Mangold

 

Timothée Chalamet pour incarner Bob Dylan ? Il fallait y penser. Si peu d’informations sont à ce jour disponibles à propos du prochain biopic de James Mangold, le film fait déjà parler de lui. La nouvelle coqueluche de Hollywood Timothée Chalamet, que l’on entendait chanter dans le dernier Woody Allen, a déjà commencé à prendre des cours de guitare afin de se familiariser avec l’instrument du chanteur. Quant à savoir s’il va lui-même interpréter les chansons du roi de la folk, rien n’est moins sûr. En ce moment à l’affiche des Filles du Docteur March de Greta Gerwig, et bientôt de Dune de Denis Villeneuve, l’acteur franco-américain enchaîne les grosses productions. Pas étonnant, donc, de le retrouver dans le nouveau long-métrage de James Mangold, qui a séduit la critique l'an dernier avec Le Mans 66. En 2005, ce scénariste-réalisateur américain se lançait déjà sur le terrain des films biographiques avec Walk the Line, dans lequel Joaquin Phoenix incarnait Johnny Cash. Également connu pour ses films Heavy (1995), Une vie volée (1999) et Logan (2017), Mangold oscille entre thriller, mélodrames et blockbusters, échecs et succès.

 

Produit par la Fox Searchlight Pictures, Going Electric s’intéressera au moment où Dylan a troqué sa guitare acoustique pour une électrique, provoquant un tollé au milieu de ceux qui lui prédisaient une carrière dans la musique folk. Si les balades indolentes font la signature de l'auteur de Blowin' in the Wind, le film promet de nous faire découvrir un de ses penchants artistiques moins connu pour les riffs intemporels et réverbérations amplifiées.

2. David Bowie sans voix dans Stardust, de Gabriel Range

 

Débuts difficiles pour ce film dont le tournage n’a même pas encore commencé. Après avoir lancé son projet d'un biopic sur David Bowie, la production s’est vu refuser l’utilisation des musiques du chanteur par son fils Duncan Jones. Si on peut se demander ce que peut bien devenir un biopic sur l'un des plus grands musiciens de notre époque sans ses titres mythiques, les scénaristes et réalisateurs Christopher Bell et Gabriel Range de Stardust n’ont pas baissé les bras pour autant. Arguant que le film Nowhere Boy – biopic sur John Lennon – n’avait pas non plus obtenu le droit d’exploiter les plus gros succès de l’artiste, la production a maintenu le tournage du film.

 

Dans la peau du très célèbre Thin White Duke, Johnny Flynn, jeune acteur remarqué notamment dans le film Jersey Affairs (2017). Silhouette filiforme, longue chevelure blonde, son apparence colle parfaitement à l’allure androgyne qui caractérisait David Bowie au début de sa carrière. Qualifié de “retour aux origines” par son réalisateur, le film ne reviendra pas sur toute la carrière de l’artiste mais seulement sur le début des années 70, période où Bowie a rencontré Lou Reed et Iggy Pop et qu’il a fait naître Ziggy Stardust, son alter ego. Flop monumental ou trésor d’ingéniosité pour faire revivre la star de la pop sans sa musique ? Les avis sont partagés mais penchent plutôt pour la première hypothèse. En attendant la sortie du film, un hashtag #BoycottStardust a même vu le jour sur Twitter…

3. Les débuts de NTM dans Suprêmes, de Audrey Estrougo

 

2020 mettra un nouveau coup de projecteur sur le célèbre groupe de rap français NTM, alors qu’une série qui lui est consacrée est en projet avec Arte et Netflix et que le tournage de leur biopic Suprêmes sur le point de débuter. Réalisatrice de Toi, moi, les autres (2011) et La Taularde (2016), Audrey Estrougo s’attaque désormais à ces géants du rap, retraçant les débuts du groupe en 1988 jusqu’à son premier Zénith en 1992.

 

Dans les rôles des deux figures emblématiques de hip-hop JoeyStarr et Kool Shen, on retrouvera respectivement les jeunes comédiens Sandor Funte (vu dans La Vie d’Adèle et Dheepan) et Théo Christine (interprète dans la série SKAM et le film La Dernière Vague). La pression est rude pour les acteurs qui seront entourés de comédiens amateurs et joueront eux-mêmes l'interprétation des morceaux sur scène. Parmi les titres repris : Paris sous les bombes, Laisse pas traîner ton fils ou encore Seine-Saint-Denis Style. Produit par Nord-Ouest, ce film est le fruit d’une étroite collaboration entre sa réalisatrice, sa scénariste, Marcia Romano, et JoeyStarr et Kool Shen eux-mêmes. Les prémices de NTM, qualifiés par Audrey Estrougo de “moment où le rap sort de terre en France”, seront donc à nouveau sur le devant de la scène trente ans après sa formation. Un nouveau coup de pub pour JoeyStarr qui s'est récemment illustré au théâtre avec Béatrice Dalle dans Elephant Man, la pièce de David Bobée aux Folies-Bergère.

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