Advertising
25 Février

Les 5 vies d’Elisabeth Moss

 

Sous sa coiffe blanche et sa robe pourpre, Elisabeth Moss est l'emblème de la série "The Handmaid’s Tale : La Servante écarlate". Actrice depuis l’enfance, elle jongle entre les genres, passant du teen-movie à l’horreur, sans rechigner à prêter main forte aux petites productions indépendantes. Alors que Numéro la rencontrait en octobre – à l'occasion de la sortie de “The Square” –, elle est cette année à l’affiche du film d’épouvante "Invisible Man", en salle le 26 février. Retour sur cinq rôles qui ont marqué sa carrière.

Par Margaux Coratte

"Une vie volée" de James Mangold (1999)

1. Un rôle d'écorchée vive dans Une vie volée de James Mangold (1999)

 

C’est aux côtés de Winona Ryder (actrice et productrice du film), d'Angelina Jolie et de Whoopi Goldberg qu’Elisabeth Moss consolide ses talents d’actrice à la fin des années 90. Déjà connue pour avoir interprété la fille du président des États-Unis dans la série À la Maison Blanche, elle poursuit sur sa lancée en travaillant avec James Mangold, à l’époque connu pour ses films Heavy et Copland (et prochainement de retour avec un biopic sur Bob Dylan). Dans ce teen-movie sur fond de guerre du Vietnam, Elisabeth Moss incarne Polly Clark, une jeune fille brûlée et schizophrène résidant en institut psychiatrique. Son rôle dans Une vie volée est particulièrement touchant et s’ajoute à une galerie de personnages féminins complexes, tous en pleine crise d’adolescence.

 

Si certains critiques ont osé des rapprochements douteux avec le célèbre film de Miloš Forman en qualifiant notamment Une vie volée de "vol au-dessus d’un nid de foufounes" (dixit Alex Moss, qui écrivait alors pour Les Inrockuptibles), le long-métrage n’a pourtant pas la prétention d’égaler les grands maîtres. Pair de Virgin SuicidesUne vie volée pose un regard empathique sur l’intensité des relations adolescentes et la difficulté d’entrer dans une vie d'adulte.

 

"Mad Men" de Matthew Weiner (2007-2015)

2. Héroïne féministe dans Mad Men de Matthew Weiner (2007-2015)

 

Dans la peau de Peggy Olson, Elisabeth Moss revient en fanfare au petit écran. Son rôle piquant de jeune secrétaire en proie au harcèlement sexuel et à la condescendance de ses collègues masculins est celui qui l’a fait connaître du grand public. Héroïne féministe, Elisabeth Moss se forge une image d’actrice puissante dont les rôles célèbrent la verve. Au cours des épisodes, Peggy Olson réussit à gravir les échelons, jusqu’à devenir la première femme publicitaire de l’agence dans laquelle elle travaille. Véritable pied-de-nez à ses collègues misogynes, Peggy célèbre les combats des femmes et insuffle un vent de nostalgie des années 60, tout en faisant d’Elisabeth Moss une figure d’actrice intemporelle.

 

"The Square" de Ruben Östlund (2017)

3. Une journaliste effrontée dans The Square de Ruben Östlund (2017)

 

Après avoir campé un premier rôle dans Queen of Earth, thriller américain d’Alex Ross Perry, l’actrice revient là où on ne l’attend pas : une satire grinçante sur l’embourgeoisement de l’art contemporain. Palme d’or à Cannes, le film de Ruben Östlund dérange délicieusement en offrant au spectateur une galerie de personnages lâches et bourrés de paradoxes. Parmi eux, la journaliste américaine interprétée par Elisabeth Moss, à l’affût d’un aveu juteux de la part d’un directeur de musée hautain. Une scène mémorable du film insuffle (notamment) le malaise inhérent au film : la journaliste et le directeur, après avoir couché ensemble, se battent pour savoir qui va jeter le préservatif à la poubelle… En personnage antipathique, l’actrice prouve une fois de plus son aisance à incarner l’anti-héroïne par excellence. Ses apparitions éhontées participent à renforcer le malaise du film qui, décidément, n’a d’amour pour aucun de ses personnages. 

 

"Us" de Jordan Peele (2019)

4. Une figure double dans Us de Jordan Peele (2019)

 

Pour le deuxième long-métrage de Jordan Peele, où Elisabeth Moss campe une mère de famille consumériste, concentrant à elle seule toutes les ambiguïtés d’une Amérique post-ségrégationniste. Reprenant la figure du doppelgänger (la figure du double), chère à la mythologie germanique, le réalisateur synthétise la peur de l’autre avec ce constat très simple : l’autre me ressemble. Ainsi, les personnages sont attaqués par des sosies maléfiques, reflets morbides de leurs plus lourds secrets. Dans ce contexte de dédoublement, Elisabeth Moss s’illustre dans un jeu schizophrène qui l’oppose à elle-même, ses émotions faisant face à leurs contraires. 

 

"Invisible Man" de Leigh Whannell (2020)

5. La soif de vengeance dans Invisible Man de Leigh Whannell (2020)

 

Faut-il voir dans ce nouveau film un goût prononcé de l’actrice pour l’horreur ? Dans cette réécriture de l’histoire de l’homme invisible, elle est une fois encore aux prises avec une histoire sordide, dont elle est la victime. Le film propose une double lecture en mêlant les codes du thriller avec les violences faites aux femmes. Le personnage incarné par l'actrice, Cecilia Kass, est hanté par la présence de son petit-ami violent et tyrannique, suicidé.

 

Comme un écho à son rôle de June Osborne dans The Handmaid's Tale, Elisabeth Moss réaffirme sa volonté de jouer des personnages féminins forts. Si elle montre un penchant pour les films de genre, ses rôles semblent assoire une évidence: celle des personnages féminins fort et centraux. L'actrice est notamment annoncée pour jouer dans le prochain film de Wes Anderson The French Dispatch et le film de Taika Waititi Next Goal Wins.

 

Invisible Man de Leigh Whannel. En salles le 26 février. 

Advertising
Advertising

NuméroNews