16 Septembre

Gaspar Noé repense “Irréversible”, son film le plus choc

 

Iconoclaste et génial pour les uns, dégoûtant pour les autres, à sa sortie en 2002, “Irréversible” de Gaspar Noé a bousculé le Festival de Cannes. Présenté en avant-première au Forum des images, il ressort en salle dix-sept ans plus tard en version inversée, et fait (encore) parler de lui.

Par Chloé Sarraméa

Bande annonce de “Irréversible, inversion intégrale” (2019).

En 1949, Jean Cocteau disait : “Un bon film est un accident, un croc-en-jambe au dogme et ce sont quelques uns des films qui méprisent des règles, de ces films hérétiques, de ces films maudits que nous prétendons défendre”. Tout porte à croire que le deuxième long-métrage de Gaspar Noé, Irréversible, correspond exactement à cette définition du bon film. Car le cinéma de Noé est un cinéma qui secoue, qui fait sursauter, qui donne la nausée et fait parfois vomir. Il repousse les limites du regardable mais jouit pourtant d’une maîtrise technique à couper le souffle.

 

Né en Argentine d’un père peintre et d’une mère assistante sociale, le jeune prodige suit ses parents et embarque à douze ans dans un avion direction Paris. Là-bas, il étudie le cinéma à Louis Lumière et sort son premier film, Seul contre tous, en 1998. Ce long-métrage marque l’entrée de Gaspar Noé dans la famille des cinéastes français où il s’impose comme le poète maudit. Quatre ans plus tard, au moment de la sortie d’Irréversible, il devient le réalisateur le plus sulfureux de l’Hexagone.

 

 

Albert Dupontel, Monica Bellucci et Vincent Cassel sur le tournage de “Irréversible” (2002).

Irréversible, un film de genre devenu culte

 

Expérience cinématographique déroutante, Irréversible est le récit d’une quête irrépressible de vengeance dans laquelle Alex (Monica Bellucci), Marcus (Vincent Cassel) et Pierre (Albert Dupontel) sont englués. Au sommet de leur jeu, les comédiens brillent dans cette fable horrifique qui commence par la fin, où un homme cherche désespérément le coupable du viol de sa compagne.

 

Présenté hors compétition à la Mostra de Venise, le film sort cette année dans une toute nouvelle version. Même histoire, mêmes personnages, mêmes scènes atroces mais montage différent : cette fois, l’histoire est racontée suivant l’ordre chronologique des faits. Alex et Marcus filent le parfait amour quand, après une soirée arrosée, une querelle sème la discorde. La jeune femme décide de rentrer seule chez elle et passe dans un tunnel mal éclairé lorsqu’un homme lui saute dessus et la viole sauvagement, dans une scène d’anthologie de dix minutes de violence inouïe. Fou de rage, Marcus se lance dans une recherche obstinée du coupable. Dans Irréversible, inversion intégrale (formidable jeu de mots), l’histoire est inchangée mais la narration permute et bloque le spectateur dans une spirale infernale de rage et de sang.

 

Irréversible, inversion intégrale, bientôt en salle.  

 

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