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Numéro
03

César 2020: 5 courts-métrages en compétition

Cinéma

Les catégories secondaires des César recèlent de petits bijoux cinématographiques, moins connus que “J’accuse” ou “Les Misérables”, car malheureusement peu diffusés en salle. Découvrez les films nommés pour le meilleur court-métrage de la 45e édition (si controversée) des César.

"Beautiful Loser" de Maxime Roy

1. Beautiful Loser de Maxime Roy

 

Entre un père junkie, une apprentie esthéticienne, un âne perdu et un chien bleu, la catégorie du meilleur court-métrage est certainement la plus riche des nominations. Déjà sélectionnés dans plusieurs festivals, la plupart des films qui y figurent cumulent nominations et récompenses, entre mentions spéciales et prix honorifiques.

En tête de liste, celui qui frappe certainement le plus fort reste Beautiful Loser, de Maxime Roy. L’histoire d’un toxicomane en cours de sevrage, déchiré entre ses addictions et l’envie de s’occuper de son bébé. Le film rend hommage à un combat poignant. Porté par François Créton, qui a reçu pour ce rôle le prix de la meilleure interprétation au Festival international de court-métrage Ciudad de Soria en Espagne, le récit hyper réaliste fait frissonner, entre rap sombre et crises de larmes. Les deux enfants de l’acteur, et l’actrice Romane Bohringer y font d’ailleurs des apparitions fulgurantes, ce qui ajoute à la beauté de cette noirceur d’âme si bien filmée.

"Pile Poil" de Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller

2. Pile Poil de Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller

 

Dans un registre plus enjoué, Pile Poil, de Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller s’intéresse à une jeune apprentie esthéticienne aux prises avec son père boucher, qui ne comprend ni ne s’intéresse à ce qu’elle fait. Le film, aussi primé à Ciudad de Soria et au Festival du film court en plein air de Grenoble, aborde avec légèreté et humour les différends entre un père et sa fille, très bien interprétés par Grégory Gadebois (aussi à l’affiche de J’accuse) et Madeleine Baudot. Quand une épilation des jambes créée des liens éternels, le cinéma fait mouche…

"Le chant d'Ahmed" de Foued Mansour

3. Le Chant d'Ahmed de Foued Mansour

 

Dans Le chant d’Ahmed de Foued Mansour, déjà cinq fois primé, la vie tranquille d’un employé aux bains publics est bousculée par l’arrivé de Mike, un jeune garçon rêvant de rap et de carrière au Canada. Le court rend compte de l’émotion d’une rencontre inespérée, d'un moment impromptu entre deux âmes que tout oppose. La grande maîtrise du rythme et la délicatesse des moments de flottements font toute la beauté du film, qui réussit avec brio à faire émerger une relation puissante en seulement vingt minutes. 

"Chien Bleu" de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh

4. Chien Bleu de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh

 

Une couleur bleue en porte-à-faux, Rod Paradot, un chien et un sari, voilà la recette de Chien Bleu, film de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh. Si l’on pourrait reprocher au court de construire son récit autour d’une esthétique visuelle, l’acteur révélé en 2015 par Emmanuelle Bercot dans La tête haute porte l’histoire avec une très grande justesse. Désolé de voir son père reclus chez lui, effrayé à l’idée de sortir dehors, il tente de le rassurer avec une danse tamoule et une peinture bleue. Plusieurs fois sélectionné en festival, on peut espérer que sa nomination aux César redonne un coup de fouet à la toute jeune carrière de Rod Paradot.

"Nefta Football Club" d'Yves Piat

5. Nefta Football Club d'Yves Piat

 

Nefta Footbal Club est le seul court-métrage de cette sélection à se dérouler hors de France. En Tunisie près de la frontière marocaine, deux frères trouvent un âne solitaire qui transporte de mystérieux paquets… Ce film du réalisateur nantais Yves Piat a obtenu une centaine de sélections à travers le monde avant d’être sélectionné aux Oscars puis aux César. En mettant en lumière le contraste entre l’absurdité du monde adulte et l’innocence des enfants, le court a su conquérir les foules, avec notamment 65 prix remportés en festival.