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Netflix organisera-t-il un festival dans plusieurs cinémas d'art et d'essai français ?

Cinéma

En accord avec plusieurs structures classées art et essai, la plateforme de streaming américaine projetterait, du 7 au 14 décembre, les longs-métrages Pieces of a Woman et Malcolm et Marie mais aussi des films pas encore sortis…

“Malcolm et Marie” (2021) de Sam Levinson, disponible sur Netflix. © Netflix

Dans la saga qui oppose les plateformes aux salles de cinéma, un nouvel épisode va faire couler beaucoup d'encre… Après un volet sanglant survenu aux États-Unis début 2021, où la colère des exploitants de cinémas a retenti après que Warner Bros. et Disney aient annoncé sortir leurs films simultanément en salle et en ligne – sur HBO Max et Disney+ –, c'est désormais au tour des distributeurs français d'exprimer leur mécontentement face à l'omniprésence des plateformes dans l'industrie du 7e art.

 

En effet, Netflix travaillerait, selon des distributeurs indépendants, à la programmation, courant décembre, de certains de ses films déjà disponibles et d'autres bientôt en ligne dans certaines salles obscures françaises. Au sein de plusieurs structures classées art et essai, la plateforme de streaming américaine projetterait, du 7 au 14 décembre, les longs-métrages Pieces of a Woman et Malcolm et Marie mais aussi des films pas encore sortis, dont la première réalisation de Maggie Gyllenhaal acclamée à Venise, The Lost Daughter, The Hand of God de Paolo Sorrentino, la superproduction Don't Look Up d'Adam McKay (avec Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence) ou encore le dernier film très attendu de la cinéaste néo-zélandaise Jane Campion, The Power of the Dog. Une programmation des plus alléchantes donc, qui permettrait à des œuvres des plus grands réalisateurs contemporains de trouver leur public en salle et de faire profiter aux spectateurs d'une expérience de cinéma totale sur grand écran.

 

Mais cette annonce ne ravit manifestement pas tout le monde, surtout les distributeurs indépendants. Certains craignent de voir la sortie de leurs films éclipsée par cet évènement et dénoncent, selon des propos rapportés par le quotidien Libération, “une bande-annonce promotionnelle géante pour inciter des spectateurs de cinéma à s’abonner à un service payant”. Les programmateurs partenaires défendent pourtant leur choix : le fait de diffuser des films Netflix n'est pas pire que de projeter les dernières superproductions de Warner ou Disney. Lorsqu'il s'agit de grands films, il faut, selon eux, savoir faire l'impasse sur ses principes. Et aussi reconnaître que cette guerre contre les plateformes est, d'après Patrick Troudet – programmateur du réseaux Utopia toujours à Libération –, déjà “perdue”.

 

Le festival Netflix devrait se dérouler dans plusieurs salles d'art et d'essai françaises, du 7 au 14 décembre.