Dans son livre Sorcières, la puissance invaincue des femmes, Mona Chollet explique comment la sorcière, éternelle victime du système moral des hommes, est devenue petit à petit un objet de culture pop et sympathique, une véritable icône moderne du féminisme. C’est l’évolution de cette figure mythique qui est abordée dans le documentaire d’OCS Les sorcières d’Hollywood. Par le biais du cinéma et de ses personnages emblématiques, le film réalisé par Sophie Peyrard retrace l’histoire des personnages de sorcières, de la méchante marâtre des dessins-animés Disney aux belles jeunes femmes de Ma sorcière bien aimée (1964-1972) ou des Sorcières d’Eastwick (1987).

 

En diffusant notamment L’adorable voisine, film de 1958 dans lequel Kim Novak est une sorcière moderne aux cheveux courts, OCS propose de s’intéresser à la dualité historique de ce personnage fascinant. D’un côté, la vieille et laide sorcière démoniaque, de l’autre, la belle enchanteresse. Le documentaire montre par ailleurs que c’est dans Blanche Neige et les sept nains (1937) qu’apparaît pour la première fois une incarnation différente de ce personnage. La reine est belle et séductrice, pire, elle vole la beauté des autres dans un délire sans fin de vanité.

 

Sans oublier les personnages d’Hermione Granger, de Minerva McGonagall, Maléfique ou les sorcières d'Agatha Christie, le documentaire donne la parole à des autrices, réalisatrices et critiques de cinéma pour questionner ces représentations et mettre en lumière leur étroite relation avec le contexte politique pendant lequel sont produits les films. Le cinéma, en miroir de la société, répond à un besoin précis: en temps de guerre, s'évader est indispensable et la sorcière est le personnage miracle pour recouvrer un peu de magie. 

 

 

 

Les sorcières à Hollywood de Richard Quine et Les sorcières d’Hollywood de Sophie Peyrard, disponibles à partir du 12 avril sur OCS.