On se souvient du Moonlight de l’Américain Barry Jenkins pour deux raisons : d’abord parce qu’il a décroché l’Oscar du meilleur film en 2016, ensuite parce qu’il a obtenu cette statuette après que les remettants Warren Beatty and Faye Dunaway aient annoncé le La La Land de Damien Chazelle vainqueur. Fortement influencé par l’œuvre de la cinéaste Claire Denis, le cinéaste américain Barry Jenkins effectue son grand retour le 30 janvier 2019 avec Si Beale Street pouvait parler, adaptation du roman éponyme de James Baldwin.

 

La jeune Clementine Rivers, dite Tish, est amoureuse d’Alonzo Hunt, un jeune sculpteur noir surnommé Fonny. Elle est enceinte et ils s’apprêtent à se marier. Mais Fonny, accusé du viol d’une jeune Portoricaine se retrouve incarcéré. Fronde viscérale, Si Beale Street pouvait parler narre le combat de leurs deux familles, sûres de l’innocence de Fonny, cherchant à le disculper.

 

Né à Harlem, l’auteur du roman originel James Baldwin (1924-1987) a arpenté de long en large la 128e rue menant à son école publique, la P.S. 24 dont il écrira l’hymne. Militant afro-américain, il raconte dans l’ouvrage Nothing Personal sa propre expérience de harcèlement par un policier new-yorkais dans un essai en quatre parties. Déconfit, le romancier y questionne notamment le rôle de la pression sociale et lève le poing pour la communauté LGBT à travers des pamphlets embrasés.

 

Avec ce nouveau long-métrage, Barry Jenkins entre une nouvelle fois dans la course aux Oscars. Nommé au Festival de Toronto et dans plusieurs catégories au Golden Globes, son film – dont le titre est une référence à la rue emblématique de la ville de Memphis dans l’État du Tennessee – semble tenir sur les interprétations de Stephan James (Homecoming) et Kiki Layne, deux jeunes acteurs seulement aperçus au cinéma.

 

 

Si Beale Street pouvait parler de Barry Jenkins, le 30 janvier 2019 au cinéma.