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Numéro
25

5 créations mythiques de Ve Neill, la maquilleuse fétiche de Tim Burton

Cinéma

Née en Californie en 1951, Ve Neill est devenue l'une des maquilleuses les plus reconnues d'Hollywood. Oscarisée quatre fois – pour Beetlejuice (1988), Mrs. Doubtfire (1993), Ed Wood (1995) et Pirates des Caraïbes : la malédiction du Black Pearl (2004) – elle a donné vie aux personnages de six mille long-métrages, dont des films cultes comme Edward aux mains d'argent (1990), I. A. Intelligence artificielle (2001) ou encore la saga Hunger Games (2012-2015). Numéro revient sur 5 de ses créations les plus mythiques. 

Johnny Depp et Ve Neill sur le tournage de "Edward aux mains d'argent" (1990) de Tim Burton

La fascination de Ve Neill pour le maquillage tient d’abord du hasard. Dans les années 60, alors qu’elle grandit sous le soleil californien, elle se prend d’amitié pour une voisine dont le père est maquilleur pour un studio hollywoodien. Les soirs d’Halloween, tandis qu’il transforme sa fille en princesse ou en fée, la petite Ve, elle, demande à prendre l’apparence d’un monstre ignoble. A mesure qu’elle grandit, une obsession grandit aussi avec elle : celle de savoir que l’on peut transformer un visage en n’importe quelle créature issue de l’imagination, à l'aide de quelques pinceaux et d'une bonne dose de courage.

 

Autodidacte invétérée – les écoles de maquillages n’existant pas encore à cette époque –, Ve Neill se débrouille et apprend sur le tas : “C’est comme une recette de cuisine, quand tu as les ingrédients et la photo du résultat final, tu dois bien pouvoir te démerder” confie-t-elle lors d’une de ses masterclass. Guidée par sa passion, elle se fait une place dans un milieu presque exclusivement masculin, en raison de la difficulté des maquilleurs à concilier travail et vie de famille, entre horaires à rallonge et tournages de plusieurs mois, parfois à l’autre bout du monde. A l’aube de sa carrière, dans les années 70, elle se forme aux côtés des grands Stan Winston (Terminator, Jurassic Park) et Fred Philips (Star Trek), qui la remarquent, admiratifs devant sa créativité et son caractère bien trempé. Quatre oscars – et huit nominations – plus tard, les créations de Ve Neill en ont fait l’une des références dans le monde, désormais très compétitif, du maquillage hollywoodien ; aujourd’hui, elle est l’une des jurées emblématiques de Face Off, la compétition de makeup télévisée culte aux États-Unis. 

Michael Keaton dans "Beetlejuice" (1988) de Tim Burton

1. Beetlejuice (1990) de Tim Burton

 

La première fois que Ve Neill rencontre Tim Burton, à l’approche du tournage de Beetlejuice, elle s’étonne de son look négligé et de ses cheveux en bataille. Mais très vite, les deux artistes se comprennent. Alors que Tim Burton lui demande “que les revenants soient pastel”, Ve Neill écarquille les yeux et lui lance “Comme les bonbons Secco ?”, ce à quoi Tim Burton répond “Oui, exactement.” Son maquillage de Micheal Keaton en Adam Maitland, le revenant aux cheveux verts en pleine décomposition imaginé par Tim Burton, lui vaudra un Oscar. Beetlejuice est le premier film d’une longue et fructueuse collaboration artistique entre le cinéaste et la maquilleuse, qui prendra un réel plaisir à donner vie aux personnages loufoques de Tim Burton tout au long de sa carrière.

Jonnhy Depp dans "Edward aux mains d’argent" (1990) de Tim Burton

2. Edward aux mains d'argent (1990) de Tim Burton 

 

Quand elle lit le script d’Edward aux mains d’argent de Tim Burton, Ve Neill veut absolument participer au projet. Elle demande à son mentor, Stan Winston – qui sera le chef du département maquillage sur le film –, si elle peut l’accompagner, et lui promet de faire du bon boulot. Sur ce deuxième film où elle collabore avec le génie du macabre, elle donne vie au personnage iconique d’Edward, l’humanoïde mélancolique le plus attachant de la filmographie de Tim Burton.

Robin Williams dans “Madame Doubtfire” (1993) de Chris Columbus

3. Madame Doubtfire (1993) de Chris Colombus

 

Le travail bluffant de Ve Neill sur le visage de Robin Williams dans Mrs.Doutfire lui a valu un Oscar. C’est aussi l’un des maquillages les plus difficiles qu’elle ait réalisé au cours de sa carrière, nécessitant une douzaine de couches de latex pour mettre au point la prothèse de l’acteur : impossible qu’un bout de peau ou qu’une goutte de sueur ne soit perceptible, pour une illusion optimale. La maquilleuse devait alors se tenir prête à retoucher le visage de Robin Williams – qu’elle a transformé cinquante-trois fois au total – à la moindre altération.

Johnny Depp et Geoffrey Rush dans Pirates des “Caraïbes : jusqu’au Bout du monde” (2007) de Gore Verbinski

4. Pirates des Caraïbes (2003-2017) 

 

Après Edward aux mains d’argent (1990) et Ed Wood (1995) de Tim Burton, Ve Neill retrouve un ancien collaborateur, Johnny Depp, pour la troisième fois. A l’aide d’un trait de khôl savamment appliqué sur son visage buriné, elle transforme l’acteur en Jack Sparrow, le pirate le plus sexy des années 2000. Ve Neill a participé à tous les films de la franchise, confiant que Pirates des Caraïbes avait compté parmi ses films préférés : les tournages de plusieurs mois aux Bahamas n’y sont sans doute pas pour rien…

Elizabeth Banks dans “Hunger Games : L’embrasement” (2013), de Francis Lawrence

5. Hunger Games (2012-2015)

 

Ve Neill a l’habitude de décrire le tournage des Hunger Games comme le “rêve de tout maquilleur”, et pour cause : des centaines de personnages extravagants, dont les visages sont couverts de couleurs chatoyantes, déambulent dans les clubs luxueux du Capitole… Si Effie Trinket et Secena Crane sont devenus des icônes de mode à Panem, ils le doivent surtout à Ve Neill. Chef du département maquillage de la franchise Hunger Games, elle travaille sur les quatre films adaptés de la saga littéraire, de 2012 à 2015, et en crée les looks les plus emblématiques.