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18 Mars

20 films bons pour le moral à redécouvrir en streaming

 

OCS, Netflix, Amazon, myCanal, Cinetek, Mubi… Internet et ses plateformes regorgent de bijoux cinématographiques : entre films d'auteur intellos, blockbusters légers, thrillers obscurs, biopics émouvants ou sagas de science fiction palpitantes… Désormais, le plus dur est de faire un choix. Focus sur vingt films qui mettent du baume au cœur, du grand classique à voir sans modération au film indépendant...

Par Chloé Sarraméa

1. Une affaire de famille (2018) de Hirozaku Kore-Eda, disponible en VOD sur myCanal

 

Certaines Palmes d’or restent dans les annales parce qu’elles font écho à la violence de la société (Elephant de Gus Van Sant), à la souffrance de la perte d’un être cher (La chambre du fils de Nanni Moretti) ou même, et on l’a vu cette année avec Parasite de Bong Joon-ho, parce qu’elles sont des objets cinématographiques à part – ralliant pour la première fois des thématiques à l’écran comme la satire sociale et le thriller horrifique. Récompensé à Cannes en 2018, le long-métrage Une affaire de famille, est resté dans les mémoires pour sa sensibilité et sa tendresse : il dresse le portrait d’un groupe isolé, formé par couple qui accueille des enfants abandonnés et les forme à devenirs des voleurs hors-pair. Une oeuvre profondément émouvante, qui pousse à réfléchir sur la définition de la famille et, sans doute, une des Palmes d’or les plus bouleversantes.

 

 

 

2. Chicago (2002) de Rob Marshall, disponible en VOD sur myCanal

 

La comédie musicale est, par définition, le genre cinématographique qui redonne le sourire. Chansons entraînantes et danses endiablées servent de décors à des thématiques souvent graves. Dans Chicago, Renée Zellweger campe une meneuse de revue suspectée du meurtre se son amant violent, en pleine époque de la prohibition aux États-Unis. Meilleur film et prix de la Meilleure actrice dans un second rôle pour Catherine Zeta-Jones aux Oscars en 2003, ouverture de la Berlinale la même année, cette adaptation de la comédie musicale montée à Broadway par Bob Fosse en 1975 est un hommage puissant aux femmes de caractère. Une des plus belles œuvres musicales à conserver absolument dans sa vidéothèque.

 

 

 

3. La vie est belle (1946) de Frank Capra, disponible en VOD sur myCanal

 

En 1946, le cinéaste Frank Capra dévoile outre-Atlantique son film devenu culte, La vie est belle. À travers ce drame aux allures de comédie, il imagine l’histoire d’un homme en quête d’argent pour loger les plus démunis. Un fable humaniste restée dans les mémoires et encore diffusée chaque année à Noël aux États-Unis, presque 80 ans après sa sortie.

 

 

4. Frances Ha (2013) de Noah Baumbach, disponible en VOD sur myCanal

 

Cette année, on a beaucoup parlé de Noah Baumbach après la sortie de son sublime film Marriage Story sur la plateforme Netflix. Mais celui que l’on a reconnu comme la figure majeure du cinéma indépendant américain à la fin des années 2000, réalisant des films à petit budget restés (plutôt) dans l’ombre, a accédé à la reconnaissance mondiale grâce à son chef d’oeuvre sorti en 2012 : Frances Ha. À l’aide de sa compagne, l’actrice et réalisatrice Greta Gerwig qui campe le rôle de Frances, le cinéaste américain signe un film à l’humour ultra fin et à la tendresse débordante : il met en scène les doutes d’une jeune danseuse de l’ombre rêvant de lumière, et de fonder sa propre compagnie. Dans une scène fabuleuse, sur le son de Modern Love de David Bowie,  il fait courir Frances après le succès et en profite pour faire un clin d’oeil au mémorable sprint de Denis Lavant – sur la même musique – dans le tout aussi iconique Mauvais Sang (1986) de Leos Carax.

 

 

5. Naissance des pieuvres (2007) de Céline Sciamma, disponible en VOD sur myCanal

 

Céline Sciamma est entrée au Panthéon du cinéma avec son Portrait de la jeune fille en feu, Prix de la mise en scène l’an dernier à Cannes. Un film très esthétique, brûlant de désir, sensuel… Bref, une véritable ode à la féminité. Il y a plus de dix ans, la cinéaste signait son premier long-métrage, fondé sur son scénario de fin d’études à la Fémis et réunissant déjà toutes les qualités de sa dernière oeuvre en date : La naissance des pieuvres. La réalisatrice de Tomboy (2011) offrait à Adèle Haenel son premier grand rôle, interprétant à l’écran une adolescente spectatrice des ses premiers émois sexuels, pas si sûre de son choix entre filles et garçons.

 

 

 

6. Talons aiguilles (1991) de Pedro Almodóvar, disponible sur LaCinetek

 

De son premier long-métrage distribué en salle, Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier (1980), à sa dernière oeuvre très autobiographique, Douleur et Gloire (2019), tous les films de l’Espagnol Pedro Almodóvar donnent le sourire à ses spectateurs. Et Talons aiguilles en est sûrement le meilleur exemple. À travers un humour loufoque – l’histoire suit une chanteuse pop déchue qui part sur les traces de sa fille et découvre qu’elle s’est mariée avec un de ses anciens amants – des personnages féminins (Victoria Abril et Marisa Peredes) à l’apogée de leur sensualité, et une musique pointue composée par le Japonais Ryuichi Sakamoto, le César du meilleur film étranger en 1993 n’a toujours pas pris une ride. 

 

 

 

7. The Snapper (1993) de Stephen Frears, disponible sur LaCinetek

 

Avec Mike Leigh et Ken Loach, Stephen Frears incarne le renouveau du cinéma britannique apparu dans les années 80 : des films inspirés de scènes du quotidien, jamais tournés en studio et mettant en scène des acteurs parfois non-professionnels. Pour son film The Snapper, le cinéaste originaire de Leicester imagine l’histoire d’une famille installée dans un quartier populaire de Dublin. Entre voisinage intrusif, enfants désobéissants, cacophonie ambiante et manque d’argent, les Curley ne s’attendaient pas à voir leur ainée tomber enceinte d’un inconnu, et le patriarche est bien déterminé à identifier le coupable… Une comédie hilarante, sublimée par un humour très irish (à savoir décomplexé), le tout pour un film mémorable, resté (trop) confidentiel. 

 

 

 

8. Razzia (2018) de Nabil Ayouch, disponible sur OCS

 

Les Chevaux de Dieu, Much Loved, Whatever Lola Wants…Le cinéaste Nabil Ayouch réalise des films à la fois sensibles et engagés, dénonçant l'islamisme radical et mettant en scène des personnages en marge. Avec Razzia, il signe un long-métrage choral et porte à l’écran des individualités singulières : il interroge notamment l'identité masculine en mettant en scène un jeune homme qui assume son homosexualité dans un pays où les femmes sont condamnées à un an de prison ferme si elles avortent clandestinement (comme la journaliste Hajar Raissoun incarcérée fin 2019). Un film absolument nécessaire puisqu’il célèbre la diversité et incite ceux (ou celles) qui se sentent différents à se libérer de leurs carcans.

 

 

 

9. Petits arrangements avec les morts (1993) de Pascale Ferran, disponible sur LaCinetek

 

Réalisatrice, scénariste, co-fondatrice de la plateforme indépendante LaCinetek, Pascale Ferran partage les bancs de l'IDHEC (l’ancêtre de la Fémis) avec Arnaud Desplechin et Eric Rochant dans les années 80. Une dizaine d'années plus tard, elle signe son premier long-métrage, Petits arrangements avec les morts, récompensé de la Caméra d’or au Festival de Cannes en 1994. Œuvre géniale et décalée, film d’auteur par excellence, le long-métrage connaît un succès inattendu : à contre courant cinématographique, il conte l’histoire d’un château de sable vu par trois personnes différentes sur une plage de Bretagne. Loin des climats tropicaux, Petit arrangements avec les morts donne très envie d'aller s’exiler sur le sable de l’extrême Ouest de la France.

 

 

10. L'Auberge espagnole (2002) de Cédric Klapish, disponible en VOD sur myCanal

 

Nommé au César du meilleur film en 2002, L’Auberge espagnole est devenu culte. Premier volet d’un triptyque composé des Poupées Russes (2005) et de Casse-tête chinois (2013), le long-métrage sur Erasmus, les amours jeunes, les tromperies, la colocation et la magnifique et chaleureuse ville de Barcelone a conféré à Cédric Klapisch le rang de cinéaste français majeur, à Romain Duris, d’acteur incontournable et à Cécile de France celui d’interprète magnétique.

 

 

11. Peau d'âne (1970) de Jacques Demy, disponible sur LaCinetek

 

Sixième film de Jacques Demy, Peau d’âne est inoubliable pour plusieurs raisons : d’abord, pour son univers édulcoré, fait de rêveries et de chansons douces, ensuite pour l'interprétation de Catherine Deneuve, évidemment – sublime dans le rôle de la jeune fille forcée à épouser son père –, aussi pour Delphine Seyrig, actrice beaucoup moins connue du grand public que la précédente mais tout aussi géniale en habits de fée, pour la tendre bande originale signée Michel Legrand et enfin… pour l’apparition cachée de Coluche dans le rôle d’un valet de ferme.

 

 

12. Tout le monde dit I love you (1996) de Woody Allen, disponible en VOD sur myCanal

 

Dans la filmographie de Woody Allen, Tout le monde dit I love you n’est pas le long-métrage que tout le monde a retenu. Tandis que Annie Hall, Midnight in Paris ou Hannah & ses soeurs ont été encensés, tous dépeignant plus ou moins les névroses de leurs personnages principaux – souvent campés par le réalisateur lui-même – l’unique comédie musicale mise en scène par le cinéaste new-yorkais regorge de pépites, de passages doux et fait sourire du début à la fin. Entre Venise et New York, Woody Allen tombe amoureux de Julia Roberts, Drew Barrymore trompe Edward Norton avec Tim Roth… Le tout accompagné de performances vocales remarquables.

 

 

13. Charlie et ses drôles de dames (2000) de McG, disponible sur OCS

 

Comment établir une liste de films feel good sans passer par Charlie et ses drôles de dames ? Réalisé en 2000 et adapté de la série télévisée Drôles de dames, le film met en scène Cameron Diaz, Lucy Liu et Drew Barrymore (encore elle) dans un blockbuster d’action, à la frontière entre la comédie et le thriller palpitant. Aujourd’hui, le film a (un peu) vieilli et les clichés dégoulinent : des filles super sexy – une blonde, une rousse et une Asiatique – travaillent en combinaisons moulantes pour un mystérieux agent secret dont on ne connait pas l’identité, Charlie.  Mais, en y réfléchissant, on se dit que Charlie et ses drôles de dames met aussi en scène des femmes puissantes et fortes, à l’heure où, au début des années 2000, tous les protagonistes principaux des films d’actions sont des hommes. Un deuxième chapitre verra le jour en 2003, moins efficace que le premier, tandis qu’en 2019, on a assisté avec regret à la sortie en salles d’un troisième chapitre, pourtant loin d’être nécessaire.

 

 

14. Le grand soir (2012) de Gustave Kervern et Benoît Delépine, disponible en VOD sur myCanal

 

Gustave Kervern et Benoit Delépine s’illustrent toujours au cinéma à travers des comédies loufoques, à l’humour à la fois grossier ou ultra fin, que certains adorent ou que d’autres détestent. Dans Le grand soir, le tandem de réalisateurs met en scène un autre duo, Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel – parfaits à l’écran – interprétant deux frères ratés : l’un s’autoproclamant “le plus vieux punk à chien d’Europe” arborant un pantalon de treillis et une crète sur la tête dont aucune mèche ne dépasse, et l’autre fraîchement viré de son poste de vendeur dans un magasin de literie. Un duo d’acteurs au sommet, pour un film hilarant, sans doute le plus saugrenu de cette liste.

 

 

15. Shut up and Play the Piano (2018) de Philipp Jedicke, disponible en VOD sur Amazon Prime

 

Les documentaires sont au cinéma ce que Chilly Gonzales est à la musique. C’est à dire des incontournables. Sorti en salle en 2018, Shut up and Play the Piano revient – à travers des interviews, des images d’archives, de concerts et des témoignages de l’intéressé – sur la vie du Canadien Chilly Gonzales, un musicien hors pair, un showman qui oscille entre musique classique aux airs calmes, séances de piano endiablées – vêtu d’un peignoir, de claquettes et d'un bandeau de tennisman – et sessions rap a cappella. Une chronique rafraîchissante sur la vie d’un musicien aussi brillant que farfelu.

 

 

 

16. Les plages d'Agnès (2008) d'Agnès Varda, disponible sur OCS

 

Après sa disparition l’an dernier à l'âge de 90 ans, la cinéaste française et ancienne compagne de Jacques Demy, Agnès Varda, a laissé au monde une filmographie riche de bijoux cinématographiques. Des fictions tendres (Cléo de 5 à 7) aux documentaires engagés (Les Glaneurs et la Glaneuse), elle s'est aussi filmée elle-même, notamment dans le film Les plages d’Agnès, où elle revient en 2008 sur les étendues de sable qui ont marqué sa vie. À travers une mise en scène de sa propre existence, la réalisatrice aux cheveux bicolores nous emmène à Sète, en Vendée, en Hérault et même… en Californie.

 

 

17. Un conte de Noël (2008) d'Arnaud Desplechin, disponible sur Netflix

 

Celui qui s’est vu offrir une rétrospective en septembre dernier à la Cinémathèque française et qui a pour habitude de tourner avec Mathieu Amalric sur quasiment tous ses films, a réalisé son œuvre la plus tendre mais aussi la plus cruelle en 2008 : Un conte de Noël. Un long-métrage qui revient sur l’histoire d’une famille dont les membres se réunissent pour les fêtes de fin d’année et dévoilent tour à tour leur rancœur enfouie depuis toujours. Récemment adapté au théâtre par Julie Deliquet à l’Odéon, le septième film d’Arnaud Desplechin réunit un casting cinq étoiles (Catherine Deneuve, Melvil Poupaud, Emmanuelle Devos) et se révèle essentiel à l’heure où les confrontations familiales sont parfois inévitables…

 

 

18. Les Combattants (2014) de Thomas Cailley, disponible sur OCS

 

Après La naissance des pieuvres, un autre film avec Adèle Haenel fait son entrée dans cette liste de films réconfortants. Sorti en 2014, présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes et récompensé du César du meilleur premier film la même année, Les Combattants met en scène l’actrice française dans le rôle d’une jeune femme croyant dur comme fer que la fin du monde est proche. Elle s’entraîne comme un soldat, se prépare à affronter le pire en nageant dans une piscine les jambes et les bras lestés de poids et entraîne son camarade Arnaud (Kevin Azaïs) dans ses délires psychotiques… De son côté, le jeune paysagiste rêve simplement de trouver l’amour. Un pari qui s'avère difficile.

 

 

19. L'incroyable Vérité (1989) de Hal Hartley

 

Film le plus confidentiel de cette sélection, L’Incroyable Vérité est un bijou du cinéma indépendant américain. Véritable fable shakespearienne, tendre et subtile, le premier film du réalisateur (trop) méconnu Hal Hartley dresse le portrait de Josh Hutton, un ancien prisonnier accusé de meurtre qui retourne dans sa banlieue natale. Il y rencontre Audry, une belle jeune femme emprisonnée elle aussi, mais dans un cercle familial qui l’oppresse. À cause d’un père mécanicien un peu bête et gauche, à la mentalité étriquée, les deux amants sont contraints de vivre une passion cachée, mais vont vite être démasqués.

 

 

20. Vénus Beauté [Institut] (1998) de Tonie Marshall, disponible sur Arte.tv

 

Disparue la semaine dernière, Tonie Marshall est la seule cinéaste féminine à avoir remporté le César du meilleur film en 1998 grâce à son long-métrage Vénus Beauté (Institut). Un film grand public, qui dresse le portrait sensible d’un quatuor d’esthéticiennes aux personnalités bien différentes mais finalement complémentaires. Entre les mésaventures amoureuses d’Angèle, la patronne (Nathalie Baye), et les problèmes personnels des clients, le film de Tonie Marshall est resté dans les mémoires et a offert à Audrey Tautou son premier rôle majeur au cinéma.

 

 

BONUS. Les invisibles (2012) de Sébastien Lifshitz, disponible sur myCanal

 

César du meilleur documentaire en 2012, Les Invisibles s'impose comme le chouchou de cette sélection. Dixième film de son réalisateur, Sébastien Lifshitz – enfin consacré après vingt ans de cinéma –, le long-métrage naît après deux ans de recherche et donne la parole à des octogénaires gays qui ont vécu leur homosexualité au grand jour, à une époque où tout les poussait à la cacher. Christian, Pierrot ou Thérèse se succèdent face caméra et entrent en dialogue avec Sébastien Lifshitz, leur fils hypothétique, leur reporter et confident. Ce dernier leur permet de parler et de se dévoiler alors que leurs vies touchent à leur fin. “On peut avoir 90 ans et parler de sexualité”, avait confié le réalisateur à Numéro, lui qui est le premier à donner une voix aux minorités sexuelles dans le paysage cinématographique français.

 

Retrouvez le portrait de Sébastien Lifshitz dans son intégralité

 

 

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