Palme d’Or au Festival de Cannes en 2010 pour son film Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, le cinéaste Apichatpong Weerasethakul est le premier réalisateur a investir la 3e Scène de l’Opéra de Paris pour cette rentrée. Son nouveau court-métrage, Blue, prend le sommeil pour point de départ, sujet de prédilection du cinéaste. Tourné pendant douze nuits en plein cœur de la forêt thaïlandaise, Blue met en scène une femme insomniaque sur fond de décors de théâtre. Récit d’un sommeil fébrile, Blue a été présenté en avant-première aux Rencontres d’Arles, avant d'être sélectionné au festival du film de Toronto.

 

Si le sommeil intéresse autant Apichatpong Weerasethakul, c’est parce qu’il représente avant tout un moyen d’évasion auquel l'artiste attribue un certain pouvoir. Le réalisateur originaire de Khon Kaen, ville située dans le nord-est de la Thaïlande, conçoit le cinéma comme un “dérivatif du rêve” : chaque cycle de sommeil a une durée d’environ 90 minutes – environ la durée d’un film – et la forme du cinéma viendrait donc “des besoins biologiques liés au sommeil”.  D’ailleurs, en 2009, il donnait une dimension politique au sommeil avec l’installation Primitive Project, présentée au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

 

Le monde onirique d’Apichatpong Weerasethakul s’ouvre, dès le 3 octobre, à l’Opéra de Paris, sur cette scène numérique inaugurée en 2015, support de création novateur qui a déja accueilli de nombreux artistes à l’instar de Mathieu Amalric ou du plasticien Xavier Veilhan. Par ailleurs, en novembre, ce théâtre virtuel accueillera notamment De longs discours dans vos cheveux, d’Alexandre Steiger, avec Judith Chemla et Samuel Achache.

 

 

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