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Que vaut le nouveau film de Gus Van Sant, “Nos souvenirs” ?

 

Cinéaste mythique et figure emblématique du cinéma indépendant américain, Gus Van Sant connaît les honneurs de la Cinémathèque française. Son nouveau film, “Nos souvenirs”, avec Matthew McConaughey, sort au même moment sur les écrans.

Matthew McConaughey et Ken Watanabe dans Nos souvenirs, nouveau long-métrage de Gus Van Sant.

 

Il arrive que les meilleurs ratent un film. Nos souvenirs restera sans doute comme un accroc surprenant dans l’exquise contribution de Gus Van Sant au cinéma contemporain, un pas de côté tordu et plutôt fade. Dans cette histoire d’hommes déprimés, Matthew McConaughey et Ken Watanabe, immergés dans une forêt au pied du mont Fuji, se mettent à parler doucement de leur vie, des regrets et du temps trop vite passé, tandis que des violons pompeux retentissent sans arrêt et qu’un sirop très sucré semble dégouliner de toutes parts sur l’écran. Le film, peu émouvant et jamais aussi spectral qu’il aimerait l’être, a déçu les spectateurs volontiers tatillons du Festival de Cannes 2015, y compris les fans les plus investis du réalisateur américain, dont nous sommes.

 

Il y a quelques années, dans Gerry (2002), Gus Van Sant filmait déjà l’épopée statique et sans issue de personnages en quête d’eux-mêmes, jouant à cache-cache avec la mort. Mais c’était avec infiniment plus de grâce et de sens du risque. Rencontré à Cannes sur une plage à l’heure des cocktails, l’intéressé note placidement la différence entre les deux films, sans en rajouter. “Dans Nos souvenirs, les héros sont plus contemplatifs que perdus. Ils parlent de leur vie, alors que dans Gerry ils disparaissaient complètement dans le paysage…” L’auteur de Will Hunting, désormais 63 ans, n’a plus l’âge de justifier ses choix. 

Gus Van Sant fait l’objet d’une rétrospective à la Cinémathèque française. Ci-contre, River Phoenix dans My Own Private Idaho, sorti en 1991.

 

La carrière de Gus Van Sant, auréolée d’une Palme d’or en 2003 pour l’incroyable Elephant, inspiré de la tuerie dans le lycée de Columbine, n’a jamais suivi une ligne droite. Elle se partage depuis près de trente ans entre des projets ultra personnels et d’autres dont il n’a pas eu l’initiative, notamment pour l’écriture du scénario. Nos souvenirs fait évidemment partie de la seconde catégorie, qui a pourtant donné d’excellents résultats, avec récemment le majestueux Promised Land, où son acteur fétiche Matt Damon prenait enfin la température d’un cinéma délicat entre deux blockbusters. “Gerry, Last Days, Elephant, My Own Private Idaho, tous ces films, je les ai écrits, raconte Gus Van Sant. Ce sont les moments les plus expérimentaux de ma filmographie et c’est très bien. C’est peut-être ce que je devrais toujours faire… ou pas. J’aime aussi beaucoup l’idée de mettre ma voix dans une œuvre de commande.

 

John Robinson dans Elephant, un chef-d’œuvre qui a valu à Gus Van Sant la Palme d’or à Cannes en 2003.

 

Son prochain projet mettra l’auteur de Prête à tout face à des contraintes nouvelles, puisque When We Rise, une minisérie sur les révoltes LGBT de la fin des années 60 à San Francisco (écrite par le scénariste de Harvey Milk, Dustin Lance Black), a été commandée par la chaîne hertzienne ABC, soumise à la dure loi de la publicité. En attendant de voir la suite de son travail filmique, on peut reprendre contact avec la Gus Van Sant touch à travers l’exposition que propose la Cinémathèque française jusqu’à cet été, florilège de son travail plastique mené en parallèle de ses films. Gus Van Sant/Icônes propose notamment une vingtaine de peintures réalisées pour la Gagosian Gallery de Los Angeles en 2011, mais aussi plusieurs centaines de Polaroid datant pour certains des débuts de sa carrière sous influence William Burroughs, dans les années 80. Une véritable odyssée américaine. Quelques collaborations artistiques et photographiques sont également présentées, avec notamment William Eggleston, Bruce Weber ou encore David Bowie. Histoire de rappeler à quelle catégorie d’artistes Gus Van Sant appartient.

 

Nos souvenirs de Gus Van Sant,

en salle.

 

Gus Van Sant/Icônes,

jusqu’au 31 juillet à la Cinémathèque française.

 

Par Olivier Joyard

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