Advertising
947

Que vaut le nouveau film de Gus Van Sant, “Nos souvenirs” ?

 

Cinéaste mythique et figure emblématique du cinéma indépendant américain, Gus Van Sant connaît les honneurs de la Cinémathèque française. Son nouveau film, “Nos souvenirs”, avec Matthew McConaughey, sort au même moment sur les écrans.

Matthew McConaughey et Ken Watanabe dans Nos souvenirs, nouveau long-métrage de Gus Van Sant.

 

Il arrive que les meilleurs ratent un film. Nos souvenirs restera sans doute comme un accroc surprenant dans l’exquise contribution de Gus Van Sant au cinéma contemporain, un pas de côté tordu et plutôt fade. Dans cette histoire d’hommes déprimés, Matthew McConaughey et Ken Watanabe, immergés dans une forêt au pied du mont Fuji, se mettent à parler doucement de leur vie, des regrets et du temps trop vite passé, tandis que des violons pompeux retentissent sans arrêt et qu’un sirop très sucré semble dégouliner de toutes parts sur l’écran. Le film, peu émouvant et jamais aussi spectral qu’il aimerait l’être, a déçu les spectateurs volontiers tatillons du Festival de Cannes 2015, y compris les fans les plus investis du réalisateur américain, dont nous sommes.

 

Il y a quelques années, dans Gerry (2002), Gus Van Sant filmait déjà l’épopée statique et sans issue de personnages en quête d’eux-mêmes, jouant à cache-cache avec la mort. Mais c’était avec infiniment plus de grâce et de sens du risque. Rencontré à Cannes sur une plage à l’heure des cocktails, l’intéressé note placidement la différence entre les deux films, sans en rajouter. “Dans Nos souvenirs, les héros sont plus contemplatifs que perdus. Ils parlent de leur vie, alors que dans Gerry ils disparaissaient complètement dans le paysage…” L’auteur de Will Hunting, désormais 63 ans, n’a plus l’âge de justifier ses choix. 

Gus Van Sant fait l’objet d’une rétrospective à la Cinémathèque française. Ci-contre, River Phoenix dans My Own Private Idaho, sorti en 1991.

 

La carrière de Gus Van Sant, auréolée d’une Palme d’or en 2003 pour l’incroyable Elephant, inspiré de la tuerie dans le lycée de Columbine, n’a jamais suivi une ligne droite. Elle se partage depuis près de trente ans entre des projets ultra personnels et d’autres dont il n’a pas eu l’initiative, notamment pour l’écriture du scénario. Nos souvenirs fait évidemment partie de la seconde catégorie, qui a pourtant donné d’excellents résultats, avec récemment le majestueux Promised Land, où son acteur fétiche Matt Damon prenait enfin la température d’un cinéma délicat entre deux blockbusters. “Gerry, Last Days, Elephant, My Own Private Idaho, tous ces films, je les ai écrits, raconte Gus Van Sant. Ce sont les moments les plus expérimentaux de ma filmographie et c’est très bien. C’est peut-être ce que je devrais toujours faire… ou pas. J’aime aussi beaucoup l’idée de mettre ma voix dans une œuvre de commande.

 

John Robinson dans Elephant, un chef-d’œuvre qui a valu à Gus Van Sant la Palme d’or à Cannes en 2003.

 

Son prochain projet mettra l’auteur de Prête à tout face à des contraintes nouvelles, puisque When We Rise, une minisérie sur les révoltes LGBT de la fin des années 60 à San Francisco (écrite par le scénariste de Harvey Milk, Dustin Lance Black), a été commandée par la chaîne hertzienne ABC, soumise à la dure loi de la publicité. En attendant de voir la suite de son travail filmique, on peut reprendre contact avec la Gus Van Sant touch à travers l’exposition que propose la Cinémathèque française jusqu’à cet été, florilège de son travail plastique mené en parallèle de ses films. Gus Van Sant/Icônes propose notamment une vingtaine de peintures réalisées pour la Gagosian Gallery de Los Angeles en 2011, mais aussi plusieurs centaines de Polaroid datant pour certains des débuts de sa carrière sous influence William Burroughs, dans les années 80. Une véritable odyssée américaine. Quelques collaborations artistiques et photographiques sont également présentées, avec notamment William Eggleston, Bruce Weber ou encore David Bowie. Histoire de rappeler à quelle catégorie d’artistes Gus Van Sant appartient.

 

Nos souvenirs de Gus Van Sant,

en salle.

 

Gus Van Sant/Icônes,

jusqu’au 31 juillet à la Cinémathèque française.

 

Par Olivier Joyard

Booba est-il le nouveau Georges Brassens ?
582

Booba est-il le nouveau Georges Brassens ?

Musique Punchlines en série, clashs à répétition … Malgré les polémiques, le rappeur Booba ne quitte plus le haut du classement des meilleurs ventes. Et celui que l'on surnomme le Duc de Boulogne fait couler beaucoup d’encre. Sorti en janvier 2020, “L'argot sous un garrot – La face cachée de l'œuvre de Booba”, un documentaire d'Olivier Pillot et Laura Millienne, revient sur les textes controversés du Français.  Punchlines en série, clashs à répétition … Malgré les polémiques, le rappeur Booba ne quitte plus le haut du classement des meilleurs ventes. Et celui que l'on surnomme le Duc de Boulogne fait couler beaucoup d’encre. Sorti en janvier 2020, “L'argot sous un garrot – La face cachée de l'œuvre de Booba”, un documentaire d'Olivier Pillot et Laura Millienne, revient sur les textes controversés du Français. 

Les 5 vies d’Elisabeth Moss
645

Les 5 vies d’Elisabeth Moss

Cinéma Sous sa coiffe blanche et sa robe pourpre, Elisabeth Moss est l'emblème de la série "The Handmaid’s Tale : La Servante écarlate". Actrice depuis l’enfance, elle jongle entre les genres, passant du teen-movie à l’horreur, sans rechigner à prêter main forte aux petites productions indépendantes. Alors que Numéro la rencontrait en octobre – à l'occasion de la sortie de “The Square” –, elle est cette année à l’affiche du film d’épouvante "Invisible Man", en salle le 26 février. Retour sur cinq rôles qui ont marqué sa carrière. Sous sa coiffe blanche et sa robe pourpre, Elisabeth Moss est l'emblème de la série "The Handmaid’s Tale : La Servante écarlate". Actrice depuis l’enfance, elle jongle entre les genres, passant du teen-movie à l’horreur, sans rechigner à prêter main forte aux petites productions indépendantes. Alors que Numéro la rencontrait en octobre – à l'occasion de la sortie de “The Square” –, elle est cette année à l’affiche du film d’épouvante "Invisible Man", en salle le 26 février. Retour sur cinq rôles qui ont marqué sa carrière.

Advertising
Comment Michel Houellebecq fait son retour au cinéma
356

Comment Michel Houellebecq fait son retour au cinéma

Cinéma Cinq ans après la sortie en librairie de “Soumission”, le sixième roman de Michel Houllebecq revient faire parler de lui, mais au cinéma. Il s'apprête à être adapté par le cinéaste Guillaume Nicloux, à qui l'on doit déjà trois films mettant en scène l'écrivain contemporain le plus controversé et acclamé de l'Hexagone : “Thalasso” (2019), “L'Enlèvement de Michel Houellebecq” (2014) et “L'Affaire Gordji : Histoire d'une cohabitation” (2012). Cette fois, l'auteur du roman ne prête pas ses traits au personnage principal et laisse la place au comédien Jean-Paul Rouve.  Cinq ans après la sortie en librairie de “Soumission”, le sixième roman de Michel Houllebecq revient faire parler de lui, mais au cinéma. Il s'apprête à être adapté par le cinéaste Guillaume Nicloux, à qui l'on doit déjà trois films mettant en scène l'écrivain contemporain le plus controversé et acclamé de l'Hexagone : “Thalasso” (2019), “L'Enlèvement de Michel Houellebecq” (2014) et “L'Affaire Gordji : Histoire d'une cohabitation” (2012). Cette fois, l'auteur du roman ne prête pas ses traits au personnage principal et laisse la place au comédien Jean-Paul Rouve. 

943

Gabriel Garzón-Montano : du hip-hop à l'eau de rose pour faire l'amour

Musique Il lit Nietzsche et Rimbaud, a fait les premières parties de Lenny Kravitz et se joue des frontières entre les genres. Gabriel Garzón-Montano est la vedette de la dernière session Colors, sortie ce 21 février. En trois morceaux, le chanteur new-yorkais étend son spectre musical, du funk au hip-hop, en passant par la sérénade romantique. Il lit Nietzsche et Rimbaud, a fait les premières parties de Lenny Kravitz et se joue des frontières entre les genres. Gabriel Garzón-Montano est la vedette de la dernière session Colors, sortie ce 21 février. En trois morceaux, le chanteur new-yorkais étend son spectre musical, du funk au hip-hop, en passant par la sérénade romantique.

Kalash Criminel, MC Jean Gab’1 et Jacques chez… le psy
834

Kalash Criminel, MC Jean Gab’1 et Jacques chez… le psy

Culture Après avoir accueilli sur son divan les rappeurs Guizmo, Liza Monet, Isha, Alkpote et Lino, l’émission "Thérapie" revient sur Vice avec le psychanalyste Fernando de Amorim. Diffusés à partir du 19 mars et jusqu’au 16 avril 2020, les épisodes de la saison 2 comporteront les confessions des musiciens et rappeurs Kitsuné Kendra, MC Jean Gab1, Kalash Criminel, Jacques et Soso Maness. Après avoir accueilli sur son divan les rappeurs Guizmo, Liza Monet, Isha, Alkpote et Lino, l’émission "Thérapie" revient sur Vice avec le psychanalyste Fernando de Amorim. Diffusés à partir du 19 mars et jusqu’au 16 avril 2020, les épisodes de la saison 2 comporteront les confessions des musiciens et rappeurs Kitsuné Kendra, MC Jean Gab1, Kalash Criminel, Jacques et Soso Maness.

Comment “La Petite Sirène” s'est échouée dans les rues de Berlin
612

Comment “La Petite Sirène” s'est échouée dans les rues de Berlin

Cinéma Réalisateur talentueux et incarnation d'un cinéma allemand contemporain, Christian Petzold revient avec un nouveau film : "Ondine", sélectionné à la 70e édition de la Berlinale. Inspiré du conte éponyme de Friedrich de La Motte-Fouqué (paru en 1811), qui a lui-même fait naître "La Petite Sirène" de Hans Christian Andersen, le long-métrage puise dans l’imaginaire de la fable pour façonner une histoire d’amour entre deux mondes : l'imaginaire et le réel. Réalisateur talentueux et incarnation d'un cinéma allemand contemporain, Christian Petzold revient avec un nouveau film : "Ondine", sélectionné à la 70e édition de la Berlinale. Inspiré du conte éponyme de Friedrich de La Motte-Fouqué (paru en 1811), qui a lui-même fait naître "La Petite Sirène" de Hans Christian Andersen, le long-métrage puise dans l’imaginaire de la fable pour façonner une histoire d’amour entre deux mondes : l'imaginaire et le réel.



Advertising