Sur la scène du théâtre national de la danse, un homme longiligne gesticule en kilt. Tout près de lui, un roux frêle sautille dans une robe rose poudré, laissant entrevoir la silhouette d’un autre danseur en mini short : il lève la jambe à une hauteur vertigineuse. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Works n’est pas une chorégraphie qui interroge la masculinité. Elle rend hommage à la diversité de ses interprètes.

 

Comme une déclaration d’amour à ses danseurs, le spectacle d'Emanuel Gat – chorégraphe israélien indépendant qui a fondé sa propre compagnie il y a dix ans – célèbre le groupe fait d’individualités : la troupe. Collaborateurs de longue date d’Emanuel Gat, les interprètes de sa compagnie ont partagé sa vie. Comme dans une relation amoureuse, ils ont mangé, voyagé et dormi ensemble. Plus encore, ces dix danseurs ont connu l'intimité liée au processus créatif de leur chorégraphe. 

 

Allemands ou anglais, en duo ou en trio, seuls ou ensemble, les interprètes d'Emanuel Gat – qui a lui même imaginé la scénographie, les lumières et certains morceaux de la bande son – se meuvent sur la scène de Chaillot comme si la danse les contaminait. Dans Works, ils passent sans transition (si ce n'est musicale) de l'individuel au collectif, du lent au frénétique, au cours de différentes séquences mises en scène par le chorégraphe. Après DUOS (2017), Story Water (2019) et YOOO!!! (2019), celui qui a imaginé ses premières pièces en Israël en 2003, invite à nouveau sa troupe à Paris. Cette fois, c'est pour lui rendre hommage. Mais il n'oublie pas de célébrer la musique, notamment celle de Nina Simone, sans qui la danse serait bien moins savoureuse.

 

Works d'Emmanuel Gat, au Théâtre national de Chaillot jusqu'au 11 janvier 2020.