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Numéro
03

Madame Bovary illustréee par Yves Saint Laurent dans une réédition du roman

Culture

Dans une nouvelle édition du roman culte de Flaubert, Gallimard réunit les illustrations inédites de “Madame Bovary” réalisées par Yves Saint Laurent alors qu’il était encore adolescent. Douceur et volupté se dégagent de la silhouette dansante d’Emma vue à travers les yeux du grand couturier. D’exquises esquisses à ne surtout pas manquer.  

© Fondation Pierre Bergé - Yves Saint-Laurent

À 15 ans, Yves Saint Laurent est un adolescent rêveur et solitaire, passionné de théâtre et de littérature. À Oran au Maroc, où il grandit, sa créativité s’exprime déjà à travers le dessin. L’inspiration, il la trouve dans les mises en scène de Louis Jouvet, acteur et directeur de théâtre, et dans les romans de Gustave Flaubert. Fasciné par le personnage de Madame Bovary, il se lance dans son propre manuscrit du roman éponyme en recopiant avec application ses deux premiers chapitres, accompagnés de dessins à l’encre noire, subtilement teintés de rose et de bleu. À partir de ces exquises esquisses datant de 1951, Gallimard publie une nouvelle édition du chef-d’oeuvre de Flaubert.

© Fondation Pierre Bergé - Yves Saint-Laurent

Avec ses 14 illustrations inédites, la publication nous fait redécouvrir l’héroïne à travers les yeux du grand couturier, qui confiait penser souvent à ce qu’elle représentait : “Souvent je pense aussi à Madame Bovary. Ce personnage est extrêmement contemporain. Madame Bovary exprime le désarroi de femmes qui est le même aujourd’hui qu’il y a un siècle.” Le livre s’ouvre sur les deux premiers chapitres dans la parfaite calligraphie du jeune Saint Laurent avant de dévoiler les précieux dessins. Déjà, le travail des silhouettes et les détails dans les costumes laissent présager quel grand couturier le jeune garçon est en passe de devenir. 

 

En dessinant sa Emma Bovary, le jeune lecteur fait fît de toute pudeur en laissant dépasser la poitrine de la jeune femme de son décolletée, dans plusieurs de ses illustrations. Il réaffirme ainsi la sensualité et le tempérament voluptueux de cette femme adultère élevée au couvent, qui a découvert l’amour à travers les romans chevaleresques. En la mettant en scène en reine du bal, perdue dans le tourbillon de ses propres illusions, c’est sa vie qu’il célèbre, son goût des belles choses, sa fantaisie et son hédonisme. Et cette vie lui va bien ; l’héroïne n’aurait pas rougi devant les délicieuses parures que le couturier lui prête dans ses dessins. 

 

Madame Bovary, dessins de jeunesse d'Yves Saint Laurent, de Gustave Flaubert, Gallimard, disponible en librairie.