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31 Octobre

Tolkien : le prof surdoué qui créa le Hobbit

 

Jusqu’au 16 février prochain, la Bibliothèque nationale de France rend hommage à l’œuvre de l’écrivain britannique J. R. R. Tolkien dans une des plus grandes rétrospectives jamais dédiée à l’inventeur du monde merveilleux du “Seigneur des anneaux”.

Par Anna Prudhomme

Tolkien par Billett Potter, (1972)

Tout le monde aujourd’hui connaît le Hobbit, l’elfe Legolas, ou le magicien Gandalf, pourtant peu sont ceux qui en connaissent véritablement l’inventeur. Génie de la littérature “fantastique” et père de la fantasy moderne, John Ronald Reuel Tolkien (1892-1973) est un homme de rigueur dont l’imagination déborde. Dans ce monde qu’il invente, appelé La Terre du Milieu, rien n’est laissé au hasard. L’écrivain en cartographie les moindres recoins et illustre à l’aquarelle les paysages féeriques qui sortent de son esprit. Il invente des peuplades, leurs coutumes, leurs tenues, et décrit avec précision les plantes qui poussent dans ces contrées lointaines. S’appliquant pendant près de cinquante ans à construire une mythologie à part entière, il crée une dizaine de langues – en majorité elfiques – et rédige des poèmes dans ces langages qu’il parle couramment. 

Bilbo arrive aux huttes des Elfes des radeaux, illustration du Hobbit (1937).

Lettre du roi : Lettre d’Aragorn à Sam (3e version) [début des années 50].

Au cours de son existence, Tolkien se consacre à trois choses : enseigner la littérature et la langue médiévale anglaise à l’université d’Oxford, distraire ses enfants chéris, et participer au cercle littéraire des “Inklings” avec ses amis. Bien que sans rapport apparent, ces trois éléments sont à la racine de l’épopée du Seigneur des anneaux. Mordu de littérature ancienne anglaise et nordique, les péripéties fantastiques l’inspirent, et il invente, pour son plaisir personnel, de nombreux contes afin d’amuser ses quatre enfants. Le Hobbit en faisant partie, il en partage des extraits avec son cercle d’amis proches et d’étudiants. Le manuscrit inachevé finit entre les mains de l’éditeur londonien George Allen & Unwin, qui, après lecture, demande à Tolkien de le compléter avec une fin et des illustrations. En 1937, Le Hobbit est soumis au lectorat anglais et se voit salué par la critique. Véritable succès commercial, la maison d’édition commande un deuxième tome à son auteur. Un travail de dix ans qui finira en trilogie intitulé Le Seigneur des anneaux.

Carte imprimée de La Terre du Milieu, annotée par J. R. R. Tolkien et Pauline Baynes (1969).

Véritable pèlerinage pour les adorateurs du Hobbit, cette exposition présente plus de 300 objets, dessins, aquarelles, plans, gravures et ouvrages, créant une réelle immersion dans les différents territoires de La Terre du Milieu. Retraçant la traversée des héros de la trilogie, le visiteur découvre La Terre des Elfes, Le Royaume des Nains, le Gondor, Royaume des Hommes ; le Rohan, Royaume des Cavaliers ; la forteresse d’Isengard pour finir en terre sombre, au Mordor. La Bibliothèque nationale établit un dialogue entre les diverses sources d’inspiration de Tolkien et ses propres collections. On y découvre les gravures sombres et enchantées de Gustave Doré, les illustrations du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, des calendriers scandinaves écrits en runes (caractères de l'ancien alphabet germanique), des épées celtiques, des enluminures du Moyen Âge et même le bureau sur lequel Tolkien a créé ce qu’il appellera plus tard son Légendaire.

 

 

Exposition Tolkien, voyage en Terre du Milieu, à la Bibliothèque nationale de France, Paris XIIIe, jusqu’au 16 février 2020.

Maquette de la jaquette pour “Le Hobbit” (1937).

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