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Pierre Paulin au Centre Pompidou, au cœur de la rétrospective évènement

 

Véritable explorateur des formes, Pierre Paulin a toujours su devancer son époque. Il fait l’objet d’une très belle rétrospective au Centre Pompidou qui témoigne de son esprit d’avant-garde en rupture avec les codes établis.

Salle des tableaux du Palais de l'Elysée

en 1971

© Pierre Berdoy - Mobilier National -

Les Archives Paulin

 

Salle à manger du Palais de L'Elysée en

1971

© Pierre Berdoy - Mobilier National -

Les Archives Paulin

Pierre Paulin est un aventurier du design. Il n’hésite pas à se lancer des défis car il est dans l’audace de l’innovation.

 

Par sa façon même de concevoir le mobilier – un art de vivre, en phase avec une nouvelle société – Pierre Paulin s’inscrit en rupture avec la tradition. Et en effet, dès les années 50, il trouve dans le design scandinave (Alvar Aalto, Nordiska Kompaniet) puis américain (Charles & Ray Eames, George Nelson) une source d’inspiration sans précédent. “Il cherche aussi une manière d’offrir aux ménages des choses bien faites, confortables, de leur temps, et à des prix modestes”, note Cloé Pitiot, commissaire de l’exposition que lui consacre le Centre Pompidou.

Salon fumoir Palais de l'Elysée en 1971

Fauteuil Elysée réedités par Ligne Roset, Table Rosace éditée par Paulin, Paulin, Paulin

© Pierre Berdoy - Mobilier National -

Les Archives Paulin

Très vite, il va se servir des processus industriels pour créer un mobilier produit en série, mais aussi porteur de formes inédites conçues grâce à des techniques de fabrication très innovantes. Pour sa collaboration avec la maison Thonet, largement inspirée – il ne s’en cache pas – par les Américains Knoll et Herman Miller, il réalise une quarantaine de pièces de mobilier de bureau, et se penche alors sur la structure même d’un siège. “Cette typologie de meuble est majoritaire chez Paulin, au point de représenter la moitié de ses projets”, précise la conservatrice. 

Il se lance également dans des recherches sur les nouveaux textiles, que la société néerlandaise Artifort va lui permettre de développer. Sur un châssis métallique, il glisse une sorte de “chaussette” réalisée en tissu Stretch. Autant dire qu’il habille un squelette à l’aide d’une peau qui aurait l’élasticité d’un maillot de bain. “C’est là tout le génie de Paulin qui, dès 1958, renouvelle les formes d’un siège, les rend plus sensuelles, en même temps qu’il fait évoluer les usages du métier de tapissier. Surtout, il a ce don de parfaitement visualiser les volumes d’un objet”, ajoute Cloé Pitiot. D’où une vraie justesse des proportions.

 

 

Palais d'Inéa en 1985

Tapis Jardins à la française et fauteuils Iéna aujourd'hui édités pour la première fois par Paulin, Paulin, Paulin

©Benoit Fougeirol - Mobilier National -

Les Archives Paulin

Cette envie de faire bouger les choses, Pierre Paulin la maintient tout au long de sa carrière. Aussi bien en 1971, lorsqu’il aménage les appartements des Pompidou, sans toucher à la structure ni aux dorures de l’Élysée, que lorsqu’il dessine un fer à repasser ou des sièges. Ce sont les années “pop” de Paulin, qui demeurent les plus formellement marquantes. Il remet en question la position assise et propose ainsi diverses chaises longues qui se jouent des classiques. À la fin des années 70, il imagine même un tapis dont les coins se relèvent pour devenir des dossiers. “Paulin aurait aimé être architecte. Il développe donc un réel intérêt pour le travail sur l’espace. Bien souvent, un seul de ses objets suffit à transformer un lieu, comme dans le hall de l’hôtel Nikko, à Paris, avec la banquette Amphis”, explique la commissaire. Mais quelques années plus tard, il n’hésite pas à revenir à l’artisanat d’art lorsque François Mitterrand lui demande de revisiter son bureau à l’Élysée, ou encore lorsqu’il conçoit un ensemble de tapis et de fauteuils pour la salle hypostyle du Conseil économique et social. À travers une centaine d’objets et de documents d’archives, le Centre Pompidou témoigne de cette diversité créative qui a marqué cinquante ans de carrière. “Pierre Paulin est un véritable aventurier du design. Il maîtrise parfaitement les techniques et les styles. Pourtant, il n’hésite pas à se lancer des défis car il est dans l’audace de l’innovation”, confie encore Cloé Pitiot. 

Pierre Berdoy/Mobilier national/Les Archives Paulin

Ses luminaires, qui ne sont pas le pan le plus connu de sa production, sont également présentés. Une vidéo réalisée à partir de films d’époque permet aussi de mieux entrer dans l’élaboration des projets. Mieux encore : “Le public peut s’asseoir sur certaines pièces iconiques de Pierre Paulin, et en comprendre le confort et l’ergonomie. Les sociétés Artifort et Ligne Roset, qui continuent de produire certaines références, ont mis à notre disposition des éditions actuelles pour ce test”, souligne la conservatrice. Totalement oublié au tournant des années 2000, Pierre Paulin a récemment été plébiscité par des griffes de mode comme Miu Miu et Louis Vuitton. Pourrait-il s’ériger en nouvelle valeur spéculative ? “Je ne pense pas qu’il puisse entraîner le même phénomène que des créateurs comme Jean Prouvé ou Charlotte Perriand, commente Cloé Pitiot. En effet, la plupart de ses sièges n’ont jamais cessé d’être édités en grande quantité, avec toujours les mêmes procédés de fabrication. C’est le propre du travail de Paulin. La notion de pièce vintage n’a pas vraiment, chez lui, d’autre valeur que celle d’être un témoin du temps.

 

Pierre Paulin,

au Centre Pompidou (galerie 3),

du 11 mai au 22 août 2016.

 

Par Olivier Reneau

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