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Robert Stadler au Mudam Luxembourg, aux frontières du design

 

Au Mudam Luxembourg, le designer Robert Stadler se mue en curateur pour impulser une réflexion fascinante sur le statut ambigu de certains objets. Une exposition étonnante à voir absolument.

En haut : But if you’re attractive and you age, it’s terrible (2015) d’Yngve Holen. Puis, de gauche à droite : Multiprise (1998) de Mathieu Mercier, Poaa (1999) de Philippe Starck, Bambú (1969)
de Enzo Mari, Cuboglass (1992-2001) de Mario Bellini, et Règle (1968) de SuperStudio. 

Vue de l'exposition.

 

Ne vous arrive-t-il jamais de vous arrêter, intrigué, pour regarder un objet, sans savoir à quoi il sert ni même de quoi il s’agit au juste, cédant à l’attraction de sa seule force esthétique ? Cette observation que Robert Stadler a maintes fois expérimentée l’a porté à s’interroger, en tant que designer, sur le sens d’une forme et son impact visuel, sensoriel, émotionnel, etc., au-delà de toute considération fonctionnelle. “Il existe certains objets multi-strates dont on découvre les différentes caractéristiques seulement progressivement. Ils camouflent et escamotent leur fonctionnalité, ce qui leur permet d’atteindre un état de chose”, explique Stadler. Ce constat a même motivé la production de certaines de ses pièces, qui se placent volontairement à cheval entre le rationalisme d’un objet de design et la subjectivité d’une œuvre d’art, sans pour autant inciter à faire un choix.

 

Riche de cet inventaire “d’apparitions” qui résistent aux typologies classiques de la sculpture, il a ainsi décidé d’élaborer une exposition. À partir d’une soixantaine de créations – de Blair Thurman à SuperStudio ou encore d’Aaron Curry à Pierre Charpin –, il a conçu un accrochage, sans hiérarchisation aucune, qui questionne le jugement du spectateur. “Attention, il ne s’agit pas dans cette exposition d’aborder le dialogue de l’art et du design, alerte-t-il. Mais bien d’évoquer un propos qui dépasse ce rapport. Je souhaitais m’entretenir avec un expert en art contemporain quant au choix des œuvres. Le curateur Alexis Vaillant, immédiatement emballé par la démarche, a enrichi la sélection.

 

L’exposition QUIZ 2 s’intitule ainsi parce qu’il y eut un premier opus de QUIZ en 2014, à Nancy, dans le cadre de la salle Poirel. Robert Stadler a d’ailleurs réalisé sur le bâtiment une œuvre publique qui relève de cette dualité. “L’expérience de ce premier accrochage a permis d’entériner certains choix, et d’affiner la présentation réalisée ce printemps au Luxembourg”, souligne-t-il. Stadler a imaginé une scénographie assez simple qui livre les objets tels quels dans un dispositif scénique bleu donnant l’impression qu’ils flottent. “Là encore, on joue sur la notion de double : cette couleur évoque aussi bien celle qui permet les incrustations en vidéo que la teinte la plus présente sur le Web.

 

Plutôt que d’employer le mot “objet”, les deux concepteurs préfèrent parler de choses pour mieux insister sur l’ambivalence assumée de ces formes “ovni”. “Le fait que toutes les formes soient plutôt inquiétantes est un point éminemment fascinant. Faire l’expérience d’une chose revient à mesurer ce qu’on ne sait pas d’elle, et non pas l’inverse. C’est ce à quoi invite l’exposition”, souligne Alexis Vaillant.

 

 

QUIZ 2, Sur une idée de Robert Stadler,

au Mudam Luxembourg,

Jusqu’au 22 mai.

 

Par Olivier Reneau

 

Retrouvez notre portfolio avec Robert Stadler à La Carpenters Workshop Gallery.

Vue de l'exposition.

Vue de l'exposition.

Photo Éric Chenal.

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