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Le designer Sebastian Brajkovic transcende les formes à la Carpenters Workshop Gallery

 

À l'occasion de son exposition "Vanishing Point" à la Carpenters Workshop Gallery de Paris, la sensation Sebastian Brajkovic propose des pièces surprenantes qui semblent s'étirer vers l'infini.

Vanishing Point III, Sebastian Brajkovic, 2015, patinated bronze, cashmere wool, metallic embroidery, 78,5 (H) x 230 (L) x 63 (l) cm.

 

" Si je m'inspire du passé, par exemple d'une chaise de style néoclassique, je cherche toujours à le recomposer pour proposer un objet nouveau, futuriste qui nous porte au-delà de notre propre imagination", nous confiait le créateur Sebastian Brajkovic peu de temps avant sa première exposition à la Carpenters Workshop Gallery de Paris. Le designer y présente (jusqu'au 29 août) un ensemble de pièces qui tiennent toutes ces promesses et glissent plus souvent vers l'œuvre d'art.

 

Il ne néglige pas pour autant le savoir-faire artisanal. Il compose ainsi ses sièges en travaillant avec brio le bronze patiné et les tissus sombres, ou en faisant appel au talent des ateliers Lesage pour la broderie de son fauteuil Fibonacci. Si le Néerlandais est attiré par le champ artistique et la réflexion théorique (il a suivi une formation de philosophie), il a aussi appris le métier d'ébéniste avant d'intégrer la prestigieuse école de design d'Eindhoven.

 

 

J'essaie de restituer la vie, de donner l'illusion du mouvement.

"J'essaie de restituer la vie, de donner l'illusion du mouvement", déclare Sebastian Brajkovic. Avec son titre d'exposition, Vanishing Point (le point de fuite), le créateur va même chercher du côté de l'infini, d'une pièce toujours en croissance. Ses bancs-canapés plongent vers le sol comme aspirés par un vortex. Son fauteuil Fibonacci s'enroule quant à lui selon une méthode particulière, adaptant à l'objet la théorie mathématique du même nom établie par un Italien à la fin du XIIe siècle. Fibonacci, c'est cette suite dans laquelle chaque terme est la somme des deux termes qui le précèdent. Elle forme un modèle toujours en croissance, exponentiel et dont la représentation graphique forme cet enroulé si singulier. Ces pièces ne sont pas sans rappeler, malgré leur apparent classicisme, la vitesse propre à notre époque. Un monde où l'information, les idées et les objets sont dans un mouvement perpétuel…

 

La distorsion qu'applique généralement Sebastian Brajkovic à ses pièces peut mener jusqu'à la déconstruction des habitudes sociales. Sa Conversation Piece assemble ainsi trois chaises pour, non plus rendre possible une discussion en duo à l'instar de la traditionnelle causeuse, mais comme une ouverture au triolisme… Une véritable réinvention de nos habitudes sociales. C'est ce jeu avec l'espace, le mouvement et la réalité – ces pièces semblent comme “photoshopées” et virtuelles – qui donne toute sa saveur aux œuvres du Néerlandais. Des réalisations aussi esthétiques qu'intellectuelles qui valent à leur créateur une présence dans les collections permanentes du Victoria and Albert Museum de Londres ou du Museum of Arts and Design de New York.

 

Par Thibaut Wychowanok. Photos Mehdi Mendas.

 

Exposition Vanishing Point, jusqu'au 29 août, Carpenters Workshop Gallery, 54, rue de la Verrerie 75004 Paris, carpentersworkshopgallery.com

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