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L’expo design : l’odyssée des formes au Vitra Design Museum

 

Les architectes stars Herzog & de Meuron ont signé le Schaudepot, nouveau bâtiment du Vitra Design Museum. Un écrin à la hauteur de la riche collection de mobilier du musée, invitant à un véritable voyage dans l’histoire du design.

Très impliqué dans la promotion du design, l’éditeur de mobilier Vitra engagea sur son site industriel à Weil am Rhein (Allemagne), tout près de Bâle, en 1989, la création d’un musée du design. Ce projet fut confié à l’Américain Frank Gehry, qui signait là son premier bâtiment en Europe. Mais les expositions temporaires ayant pris, au fil du temps, de plus en plus d’importance, il devenait urgent pour Vitra de renouveler l’attrait des visiteurs pour le musée et son fonds : quelque 7 000 pièces de mobilier de 1800 à nos jours, plus d’un millier de luminaires, une centaine de milliers de documents d’archives, sans oublier des pièces et des documents issus des successions de designers aussi célèbres que Charles et Ray Eames, Verner Panton ou Alexander Girard. 

 

 

Vitra confia donc à Herzog & de Meuron le soin de concevoir un nouveau bâtiment pour le Design Museum. Son nom, Schaudepot (qui se traduit littéralement par “dépôt pour montrer”), décrit explicitement sa mission. L’agence d’architecture bâloise avait déjà édifié sur le campus industriel entre 2007 et 2009 le bâtiment VitraHaus, un showroom commercial semblant composé d’un empilage de “maisons”. Pour le Schaudepot, situé à quelques centaines de mètres, les architectes ont plus ou moins repris cette forme empirique de la maison : un triangle coiffant un imposant rectangle. Dépourvue de fenêtres, l’immense façade monolithique recouverte de briques irrégulières (fendues à la main sur place) exerce une étrange fascination sur le visiteur, l’attirant irrésistiblement vers la minuscule porte qui perce la façade. À l’intérieur, sa curiosité est vite satisfaite. De hauts rayonnages méthodiquement alignés, comme une gigantesque bibliothèque, présentant la collection : des références majeures du design, mais aussi des projets méconnus ou des prototypes réalisés par des designers tels que Gerrit Rietveld, Alvar Aalto, Charles et Ray Eames ou Ettore Sottsass. En arpentant les lieux, on a l’impression de parcourir ainsi l’histoire du design mobilier. 

 

L’ouverture du Schaudepot est l’occasion de visiter le campus Vitra, qui est une démonstration d’audace dans ses choix architecturaux. C’est d’ailleurs un accident malheureux qui en est à l’origine : un incendie qui ravage l’usine en 1981. Rolf Fehlbaum confie alors à l’architecte Nicholas Grimshaw la conception de deux bâtiments destinés à la production. Un troisième est signé par Frank Gehry (en plus du musée) en 1989. Puis la caserne de pompiers dessinée par Zaha Hadid et un pavillon de conférences de Tadao Ando (1993). Suivent les bâtiments du Portugais Álvaro Siza (1994) puis de l’agence japonaise SANAA (2012). Au fil du temps, des projets historiques sont venus émailler le campus dans le sillage de la sculpture de Claes Oldenburg et de Coosje van Bruggen (Balancing Tools, 1984). Par exemple, le dôme signé Buckminster Fuller ou la station-service de Jean Prouvé. Ou encore le petit pavillon Diogene signé Renzo Piano, l’arrêt de bus imaginé par le designer Jasper Morrison, ou bien la Tour-Toboggan dessinée par Carsten Höller. Tout récemment, l’artiste Tobias Rehberger créait même un parcours ponctué d’installations sur les quelques kilomètres qui relient le Vitra Campus à la Fondation Beyeler. Un fonds d’architecture absolument unique rassemblé depuis trente-cinq ans par Vitra, qui répond magnifiquement à sa collection de mobilier. 

 

Radical Design au Schaudepot, exposition thémathique jusqu’au 17 novembre 2017, plus exposition permanente de la collection Vitra, Vitra Campus, Charles-Eames-STR. 2, Weil am Rhein, www.design-museum.de

 

Par Olivier Reneau

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