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Étienne Derœux et Frédérique Picard, présidente de la maison Carel, dévoilent leur collaboration

 

Étienne Derœux dévoile pour Numéro sa collaboration avec le chausseur Carel. Rencontre avec le jeune créateur français et la présidente de la maison, Frédérique Picard.

En seulement trois ans, Étienne Derœux a su imposer un style efficace, entre allure furieusement féminine et sportswear élégant. Créée en 1952, la maison Carel a, quant à elle, déjà travaillé avec les plus grands créateurs: Jean Paul Gaultier, André Courrèges, Paco Rabanne et même Chantal Thomass. Savoir-faire italien et audace à la française sont inscrits dans les gènes de la maison depuis 64 ans. Désormais propriété de Frédérique Picard, Carel connaît un véritable renouveau. Pour la saison printemps-été 2016, elle a décidé de faire appel au créateur passé par La Cambre et les Beaux-Arts d’Anvers pour créer une collection de quatre modèles présentés au sein d’une boutique éphémère. Le jeune designer et la présidente de la maison ont répondu à nos questions. 

Numéro : Comment votre rencontre s’est-elle passée?

Frédérique Picard : Quand Étienne nous a montré ses collections, nous avons tout de suite adoré. Elles sont marquées par des influences Bauhaus, géométriques… Ses collections puisent dans les références culturelles sans jamais alourdir le propos. Nous suivons exactement le même processus créatif chez Carel. Pour ma première collection, je me suis inspirée d’un tableau de Giotto. Pour Carel comme pour Étienne, l’art n’est jamais très loin. Et puis Carel a toujours accueilli de jeunes designers créatifs, décalés et audacieux comme Jean Paul Gaultier, Castelbajac, Chantal Thomass ou Thierry Mugler.

 

Étienne Derœux : Beaucoup de créateurs font des chaussures qui, par la suite, ne sont pas portées. Ce n’est pas ma vision des choses. Je voulais que ma collection soit portée, accessible. Je suis capable de dessiner des chaussures, mais pas de les fabriquer. Faire appel au savoir-faire de Carel m’a paru naturel.

 

F. P. : Depuis 64 ans, Carel est une maison de chaussures qui se met aux pieds des femmes, au sens noble du terme. L’étude du chausson et de la chaussure est vraiment approfondie. Nous choisissons à chaque fois le meilleur atelier en fonction de la chaussure à fabriquer, afin de respecter la ligne et la structure.

J’ai passé beaucoup de temps

dans les archives et j’ai vraiment été impressionné par la liberté de ton de Carel. La maison a toujours été un vrai laboratoire de recherche.

Comment avez-vous travaillé cette collection?

É. D. : J’ai passé beaucoup de temps dans les archives et j’ai été impressionné par la liberté de ton de Carel. La maison a toujours été un vrai laboratoire de recherche, et j’ai compris que le champ des possibles était très large.

 

F. P. : Nous étions intéressés par le fait qu’Étienne arrive avec ses idées et qu’on les travaille ensemble. Depuis la création de la marque en 1952, nous avons traversé plusieurs modes : de Paco Rabanne à Courrèges. Je crois qu’avec Étienne nous partageons le même objectif : chercher le détail qui va donner du style plutôt que suivre une tendance.

 

É. D. : J’ai toujours refusé l’idée de tendance. Je préfère construire un vestiaire intemporel qui permette à mes clientes d’associer une pièce achetée il y a trois ans avec une pièce de ma dernière collection. 

Nous avons travaillé ensemble sur la collection automne-hiver. L’inspiration est venue d’une exposition de Lee Miller intitulée A Woman’s War, que j’ai vue à Londres. Elle a pour sujet les femmes de la Royal Air Force.

Vêtements Étienne Derœux, chaussures Étienne Derœux x Carel, photos Amit Israeli.

Du 3 au 13 mars, vous allez présenter cette collection au sein de “la cabine”, de quoi s’agit-il exactement?

É. D. : Frédérique a évoqué l’idée de présenter cette collection dans un écrin particulier. La boutique rue Saint-Honoré dégage quelque chose de singulier. Elle est à taille humaine et est très bien placée. Nous avons demandé au cabinet d’architectes No/Made de repenser l’espace pour qu’il corresponde autant à Carel qu’à notre collection.

 

F. P. : À l’avenir, “la cabine” restera ouverte aux collaborations de la marque avec Colette, Opening Ceremony ou J.Crew… Nous allons aussi exposer nos souliers les plus iconiques, comme les babies, les ballerines ou les bottes. Il s’agit d’une fenêtre ouverte sur une partie moins formelle et plus libre de Carel.

 

Prolongez-vous la collection sur la prochaine saison?

É. D. : Oui, nous avons travaillé ensemble sur la collection automne-hiver. L’inspiration est venue d’une exposition de Lee Miller intitulée A Woman’s War, que j’ai vue à Londres. Elle a pour sujet les femmes de la Royal Air Force en Angleterre et le rapport particulier des femmes à l’uniforme. Il y aura des boots, des babies et des mules, dans des couleurs sourdes comme le marron et le kaki, avec des talons toujours blancs. Sur certains modèles, nous avons ajouté des boucles en métal comme celles que l’on trouve sur les tenues des parachutistes.

 

La collection Étienne Derœux x Carel est disponible du 3 au 13 mars

dans la boutique Carel, 171, rue Saint-Honoré, Paris Ier,

et sur www.carel.fr

 

Propos recueillis par Léa Zetlaoui

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