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Avec Choices Paris, les galeries d'art contemporain s'exposent aux Beaux-Arts

 

Choices Paris Collectors Weekend propose, du 29 au 31 mai, un riche parcours à travers 40 galeries parisiennes. Point d'orgue, une exposition foisonnante à l'École des beaux-arts. Rencontre avec son célèbre curateur, Alfred Pacquement.

Pour sa seconde édition, toujours dirigée par Marion Papillon (directrice associée de la galerie Claudine Papillon), Choices Paris Collectors Weekend a pour ambition d'ouvrir 40 galeries parisiennes à un plus vaste public, sur un parcours qui s'étend de Belleville à Saint-Germain. Le succès de la première édition ne devrait pas se démentir avec l'arrivée cette année de nouvelles galeries prestigieuses : Air de Paris, Laurent Godin, Mitterrand, Nathalie Obadia, Praz-Delavallade et, bien sûr, Thaddaeus Ropac.

 

L'École nationale supérieure des beaux-arts accueillera à cette occasion une exposition de 40 artistes sélectionnés par chacune des galeries… le type même de partenariat public-privé qui n'est pas sans faire grincer des dents au sein de l'institution. Heureusement, son directeur Nicolas Bourriaud persiste et signe, à raison, signifiant qu'un artiste ne peut aujourd'hui faire abstraction du monde des galeries, ni même des enjeux économiques. Alfred Pacquement, ancien directeur du musée d'Art moderne et… de l'École des beaux-arts, répond à nos questions sur cette exposition dont il est l'heureux curateur cette année.

Robert GrosvenorUntitled, 2014, wood, fiberglass, aluminium, acrylic. Motor - 2000, aluminium, steel
Courtesy Max Hetzler, Berlin et Paris et Paula Cooper, New York

Numéro : Que peut-on découvrir dans cette exposition au sein de l'École des beaux-arts ?

 

Alfred Pacquement : Notre gageure tenait à présenter les œuvres de 40 artistes, chacun choisi par une galerie, sans concertation entre elles. Soit 40 individualités. Nous n'avons donc pas cherché à créer artificiellement des rapprochements, comme regrouper les artistes issus de pays non occidentaux. Ç'aurait été facile et superficiel. L'exposition démontre surtout l'offre culturelle extrêmement riche des galeries parisiennes, capables de défendre de très jeunes artistes et de s'ouvrir à la création internationale. Les galeries ne sont pas confinées à un espace restreint, français, mais dans une dynamique d'ouverture sur l'extérieur.

L'exposition démontre surtout l'offre culturelle extrêmement riche des galeries parisiennes, capables de défendre de très jeunes artistes et de s'ouvrir à la création internationale. 

Quelle est l'ambition de ce group show ? Des lignes directrices sont-elles apparues ?

 

Alfred Pacquement : Nous avons d'abord souhaité mettre en valeur la diversité des propositions, des œuvres historiques de Kupka (Galerie Le Minotaure) et de Le Corbusier (Galerie Zlotowski), jusqu'à de plus jeunes artistes contemporains comme Julien Prévieux (galerie Jousse Entreprise, lauréat du Prix Marcel Duchamp 2014) ou Oliver Beer (Galerie Thaddaeus Ropac). Des tendances peuvent néanmoins apparaître, à l'instar de certains développements actuels autour de la peinture abstraite ou, au contraire, d'une peinture portée sur le monde extérieur jusqu'à engager une réflexion sociale. De même, nous avons rapproché la projection d'Alain Fleischer (Galerie Françoise Paviot) et l'œuvre photographique d'Éric Rondepierre (Galerie Isabelle Gounod) car tous deux traitent du rapport à l'image cinématographique. Mais il serait prétentieux de tirer de ces 40 artistes des lignes directrices affirmées sur l'art actuel.

Avez-vous découvert ou redécouvert certains artistes ?

 

Alfred Pacquement : Cela faisait longtemps que je n'avais pas été en contact avec Robert Grosvenor proposé par la Galerie Max Hetzler. Voir son nom sur la liste a été une grande joie, et l'occasion de renouer avec son travail. Robert Grosvenor proposait une sorte de dérive du minimalisme, utilisant des matériaux beaucoup plus divers que la plupart des artistes minimalistes orthodoxes. J'ai découvert avec son travail récent, dont la spectaculaire sculpture que nous présentons, un caractère plus baroque. Comme souvent, les artistes d'un certain âge prennent beaucoup de liberté par rapport à leurs principes initiaux. Les surprises ne viennent pas toujours de là où on les attend.

 

Propos recueillis par Thibaut Wychowanok

 

Choices Paris Collectors Weekend, du 29 mai au 31 mai, à Paris. Retrouvrez l'ensemble de la programmation sur www.choices.fr/2015.  Exposition à l'Ecole nationale des Beaux-Arts, du 30 au 31 mai, de 10h à 19h.

 

Sammy Balojl, Galerie Imane Farès, Portrait #4 : Groupe d'hommes Warua sur fond d'aquarelle de Dardenne. De la série Congo Far West : Retracing Charles Lemaire expedition, 2011, Photographie numérique d'archive sur papier Hahnemühle, 100 x 160 cm, Galerie Imane Farès.

 © Sammy Baloji et Imane Farès

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