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Numéro
30

Rêve et résistance au défilé Koché printemps-été 2021 aux Buttes Chaumont

Fashion Week

Pour la collection Koché printemps-été 2021, la créatrice et fondatrice du label Christelle Kocher s’installe au parc des Buttes Chaumont avec un défilé-manifeste où il est question de nature, d’émotion, de genre et de résistance. 

La collection Koché printemps-été 2021

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“Peut-être qu'à l'avenir, la mode ne sera plus représentée que par des images. Mais nous ne sommes pas dans le futur, nous sommes AUJOURD'HUI.” Pour la collection Koché printemps-été 2021 – qui marque également les cinq ans du label – la créatrice Christelle Koché fait défiler ses mannequins, tous parisiens et non-professionnels, au parc des Buttes Chaumont. Un acte de résistance, selon le manifeste qu’elle a rédigé pour l’occasion, qui défend l’émotion et la physicalité du vêtement, dans ce lieu hautement symbolique qui avoisine l’appartement de la créatrice et a inspiré la collection. Car si le parc parisien est aujourd’hui un grand melting pot réunissant tous âges, genres et classes sur ses étendues d’herbe luxuriante, il est aussi un lieu de nature artificielle – car entièrement fabriqué par l’homme il y a un siècle et demi de cela – et le terrain de jeu d’un autre manifeste, celui du mouvement surréaliste dont l’un des instigateurs, Louis Aragon, en louait la merveilleuse modernité et ses mystères. 

 

Et c’est tout cela que l’on ressent dans cette nouvelle collection Koché. Si l’ADN sportswear-couture du label est bien présent, émanant surtout des robes-nuisettes signature déconstruites en patchwork, il se nourrit ici d’une poésie énigmatique. Sur une robe rose pâle et dans un trait qui pourrait appartenir à Jean Cocteau, se dessinent des feuillages, tandis que des plumes bleues, roses et orangées envahissent une cape mauve, venant terminer leur course en encadrant un visage ; les femmes associent chemise et cravate avec une jupe et des mis-bas, et les hommes arborent marcels et pantalons transparents en dentelle noire. Le genre se trouble jusqu’au duo masculin final, tout de blanc et de plumes vêtu, qui rappelle le souvenir des nombreuses mariées des Buttes Chaumont. Rêveuse, surréaliste, émotionnelle, mais ancrée dans la réalité, cette collection Koché est bel et bien un manifeste – de résistance comme de poésie.