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Numéro
01

Valentino choisit le noir et blanc pour sa collection automne-hiver 2021-2022

Fashion Week

Présentée dans le Piccolo Teatro de Milan, et accompagnée par la voix douce de la chanteuse londonienne Cosima, la nouvelle collection prêt-à-porter de Valentino étonne par sa palette chromatique : pour une fois, le noir et le blanc triomphent pour composer un vestiaire mixte et raffiné faisant la part belle aux détails, aux matières et aux techniques.

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Depuis sa création en 1960, la maison Valentino a été au fil des années associée à plusieurs couleurs : le rouge évidemment, l'une de ses signatures historiques, mais aussi le fuschia, le blanc, le violet ou même le vert émeraude. Une teinte fait toutefois rarement partie de son vocabulaire : le noir. C’est pourtant cette dernière qui domine et rassemble la collection prêt-à-porter automne-hiver 2021-2022 de la maison italienne. Après un somptueux défilé haute couture en janvier dernier qui laissait triompher les tonalités chaudes, des jaunes, oranges et ocres au cuivré et au sable, Pierpaolo Piccioli propose cette fois-ci un vestiaire mixte tout en contraste clair-obscur et en profondeurs où le noir et le blanc soulignent les jeux de matière, de texture et de superposition, mais également le volume des pièces et la ligne de ses 67 silhouettes.

 

Du côté des femmes, la plupart des ensembles s’arrêtent mi-cuisse et dévoilent les jambes nues – parti pris plutôt étonnant pour la saison – : les bustes se recouvrent de chemises blanches amples, de plastrons et jabots en dentelle, de hauts contrastés à pois, tandis que des jupes taille-haute plissées et évasées, les mini-shorts noirs, les bottes plates en cuir, les cabans et les capes courtes en drap de laine complètent des silhouettes qui évoquent fortement les uniformes d’écolières, tout en les dotant par leurs matières et leur raffinement d'une carrure plus “adulte”. Pour les hommes, Pierpaolo Piccioli compose des ensembles d'apparence faussement minimaliste où se mêlent d’amples manteaux parfois réveillés par de larges carreaux gris, noir et blanc, des pulls en maille et des pantalons larges, mais aussi quelques courts blousons rembourrés et K-ways.

 

Car toute la particularité de la collection réside dans les détails et les techniques : sur les hommes comme sur les femmes, on retrouve des hauts à cols roulés où des dizaines de petits ovales dessinent des ajours réguliers, des pulls noirs où les ouvertures esquissent de grands losanges qui rappellent certains motifs jacquards, des manteaux “filets” et des vestes décorées de discrets appliqués floraux ou de rubans noués. Une cape étincelante, des robes en dentelle blanche, en organza noir ou couvertes de sequins argentés accordent enfin à ce vestiaire toute la théâtralité et la féminité qui font la force subtile de Valentino, dans une collection où romantisme noir et punk chic, avec un soupçon de gothique, se marient pour déployer une élégance intemporelle.