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Valentino : une intelligence artificielle filme les coulisses de la collection haute couture printemps-été 2021

Fashion Week

Afin de dévoiler les coulisses de sa collection haute couture printemps-été 2021 pour Valentino, le créateur italien Pierpaolo Piccioli a fait appel au musicien britannique Robert Del Naja et l'artiste allemand Mario Klingemann. Pendant trois mois, tous deux ont laissé tourner des caméras dans les ateliers de la maison avant de les confier à une intelligence artificielle, qui a elle-même réalisé le montage des rushs d'après son propre apprentissage des métiers filmés.

Valentino - “CODE TEMPORAL”

Filmer les coulisses des collections de haute couture n’est pas une nouveauté. Complémentaires à des défilés spectaculaires et des collections éblouissantes, de nombreuses vidéos et photographies parfois documentaires s’immergent depuis des années dans les ateliers afin d'apporter un regard différent, plus détaillé et plus technique, sur les pièces et de rappeler l’importance de celles et ceux que l’on appelle les “petites mains”, sans qui aucun défilé ne serait possible. Si l’idée d’une nouvelle immersion les ateliers de Valentino a effleuré l’esprit de Pierpaolo Piccioli, le créateur italien a choisi, pour sa collection haute couture printemps-été 2021, d’ajouter à cette démarche désormais répandue une dimension innovante et expérimentale.

 

Pour ce faire, la maison a fait appel au musicien britannique Robert Del Naja, cofondateur du groupe Massive Attack qui signe aussi la bande-son du défilé, et à l’artiste Mario Klingemann, dont la pratique fondée sur l’utilisation du code et l’intelligence artificielle a fait la notoriété. Ensemble, les deux hommes ont installé plusieurs caméras dans les ateliers Valentino à Rome, qui ont filmé les couturiers et modélistes à l’œuvre pendant trois mois. Visionnés par une intelligence artificielle dotée d’une capacité d’apprentissage automatique, les rushs ont enseigné à la machine par l'image le fonctionnement quotidien d’un atelier de haute couture, avant que cette dernière n'édite et n'assemble par elle-même tous ces fragments de vidéos dans un film d’une dizaine de minutes baptisé, tout comme la collection, “Code Temporal”, et diffusé quatre jours après son majestueux défilé dans le palais Colonna.

 

Au fil de séquences très courtes aux enchaînements saccadés, l’intelligence artificielle propose par son montage un angle unique et une immersion très complète dans la vie fascinante de l’atelier : on y découvre aussi bien des gros plans sur les mains des couturières, sur les pièces et les patrons que des plans d’ensemble ou des vues en plongée sur les plans de travail. Les bobines de fils sont déroulées, les tissus sont marqués à la craie puis épinglés, avant d’être piqués sous l’aiguille de la machine, les patrons sont marqués à la roulette. On distingue la vapeur de la presse sur la planche à repasser, le tombé des rouleaux déroulés dans la tissuthèque, la précision des points de bâti, avant que chaque prototype ne soit présenté sur mannequin immobile pour y laisser les différentes modifications opérées défiler en accéléré. Agrémenté de quelques textes et citations d’auteur, le film se termine sur des visages mouvants qui quittent le décor concret et réel de l’atelier pour s’immerger complètement, cette fois-ci, dans un monde intégralement virtuel.