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23 Janvier

Jean Paul Gaultier : revivez son dernier show

 

Entouré de Boy George et de Mylène Farmer, Jean Paul Gaultier a présenté ce mercredi 22 janvier son dernier défilé. Un moment aussi spectaculaire que rempli d'émotion.

par Léa Zetlaoui

  • Vendredi 22 janvier 17 heures. Dans les loges du théâtre du Châtelet, l’excitation se fait sentir.  Jean Paul Gaultier prépare son prochain défilé haute couture, le dernier, qui marque également la 50e année de présence du couturier français sur les podiums. Durant la semaine qui suit cette annonce fracassante faite dans une vidéo Instagram, tous se demandent à quoi s’attendre. Car le couturier iconoclaste ne fait rien comme personne. Après 50 ans de défilés aux allures de spectacles et un spectacle présenté en 2019 aux Folies Bergère inspiré de ses défilés, l’enfant terrible de la mode présente ce soir devant une foule extatique un show d’une heure à la mise en scène spectaculaire. Que faut-il retenir de cette performance éblouissante et audacieuse qui marque la fin d’une époque ?

     

    1. Premier tableau : les veuves noires

     

    21h20, avec près d’une heure de retard le show peut enfin commencer. Une fois le rideau levé, les spectateurs sont plongés dans l’univers extravagant de Jean-Paul Gaultier et ce, pour leur plus grand bonheur. Un premier tableau, des hommes et femmes en habits de deuil, présente pas moins de 40 silhouettes d’archives upcyclées et tandis que Boy George nous régale de sa version de Back to Black d’Amy Winehouse, des danseurs transportent un cercueil. “Les silhouettes couture vont Back to Black en archives Gaultier upcyclées, et enterrent une certaine idée de la mode. Mais ne pleurons pas, la vie continue”, explique Jean Paul Gaultier. On reconnaît là l’humour propre au couturier. Par la suite, ce sont plus de 170 silhouettes qui défilent. On se délecte de retrouver les thèmes chers au créateur, qui ont marqué non seulement l’industrie de la mode, mais également la mémoire collective : la rétrospective Jean Paul Gaultier organisée au Grand Palais avait attiré 1,5 million de visiteurs.

     

     

    2. La collection

     

    Le trompe-l’œil et le surréalisme, le jean, la lingerie, les corsets, le fétichisme et l’androgynie, les tatouages, les costumes, la nature, les références ethniques… rien n’a été oublié. Les créations, toutes upcyclées (un procédé utilisé par Jean-Paul Gaultier à ses débuts, faute de moyens), sont des trésors d’artisanat et de conception. Les coupes sont retravaillées à la perfection. Les broderies, franges, plumes, plissés sont d'une précisions incomparables. Le jean est sublimé, les accessoires, détournés avec intelligence – des ceintures deviennent des robes ou des jupes, le drapeau français, une robe, la marinière se décline à l'infini... Les bijoux massifs et maximalistes ainsi que les coiffures d'Odile Gilbert complètent à la perfection chaque look... Chaque détail rappelle ici l’immense talent de celui qui depuis 50 ans bouleverse la mode avec ses silhouettes extravagantes. Ne l’oublions pas, derrière son espièglerie et sa transgression, Jean-Paul Gaultier est un immense couturier. Peut-être le dernier du genre. Ses anciens élèves et amis, Nicolas Ghesquière, Christian Louboutin, Julien Dossena, Viktor & Rolf, Dries Van Noten, tous présents ce soir-là, même le très discret Martin Margiela, en témoigneront. Son héritage est sans égal, autant sur la forme que sur le fond.

     

     

    3. Le casting

     

    “Ce que j’aime par-dessus tout : mélanger”, continue Jean-Paul Gaultier. Une vérité que l’on retrouve aussi bien dans ses collections que dans ses castings. Mannequins professionnels, icônes, stars, performers, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, ce précurseur du casting sauvage a toujours privilégié une personnalité atypique à un physique parfait. Il fallait forcément s’attendre à un mélange éclectique des grandes figures notre époque contemporaine : Irina Shayk, Gigi et Bella Hadid, Tanel - mannequin iconique de Gaultier - Joan Smalls, Coco Rocha qui a effectué une danse irlandaise, Issa Lish, Yasmin Lebon, Anna Cleveland (le visage masqué), Bella et Gigi Hadid, Kiddy Smile Smile, Cristina Cordula, Iris Mittenaere, Erin o'Connor, Estelle Lefébure, Lais Ribeiro, Paris Jackson, Amanda Lear, Cindy Bruna, Noémie Lenoire, Winnie Harlow, Germain Louvet, les mannequins transgenres Raya Martigny et Valentina Sampaio, Karen Elson, Antoine de Caunes, Béatrice Dalle, ses muses historiques Rossy de Palma, Dita Von Teese, et Farida Khelfa...  L’arrivée de l’iconique Mylène Farmer est une surprise de taille. L’icône de la chanson française à l’univers tout aussi débridé que celui de Jean Paul Gaultier a provoqué un émoi exceptionnel. 

     

    Une heure plus tard et après 200 looks cet ultime défilé à la fois décadent et festif orchestré par l’immense couturier français rappelle à quel point Jean Paul Gaultier a façonné la mode contemporaine. Ce n’est pas sans émotion qu'entouré de ses mannequins et célébrités, il fait ses adieux à la mode.

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