Tout est dans le geste chez Margiela. Cette saison, John Galliano réinterprète ce qu’il appelle le geste bourgeois : un manteau glissé négligemment sous les épaules ou l’attache insolente d’un nœud papillon. Aux yeux du créateur, une nouvelle norme bourgeoise est en marche, tournée vers un luxe plus éthique. “Il y a trop de vêtements dans le monde” déclare le Britannique dans un podcast explicatif de la collection. Les équipes de Margiela sont donc parties en quête de jupes en tweed et de tricots Fair Isle dans les charity shops de Londres : l’uniforme bourgeois fait sa révolution à travers l’upcycling.

 

Les cercles découpés dans des robes fourreau créent des sequins aux reliefs ondulés. Ces perforations révèlent ailleurs la doublure en fausse fourrure de longs manteaux. John Galliano révèle sa maîtrise de la coupe en biais autour de longues robes de soie dévoilant partiellement une cheville puis errant nonchalamment derrière les modèles. L’ensemble en tweed est mis à l’épreuve, entaillé et réduit à l’essentiel, recomposé autour d’un pull écossais retourné. Le créateur britannique façonne aussi ses tissus comme des couches délicates de peinture. Des robes composées de deux longues chutes de tissus, sont enveloppées d’un voile de tulle à la façon d’une aquarelle. Cette saison, la maison belge collabore avec Reebok : les baskets iconiques du label, comme la Tabi ou la Instapump Fury sont découpées dans l’esprit Margiela. Autres accessoires remarquables : les chapeaux faits de fruits et légumes frais et apposés à la manière de bibis sur les têtes des mannequins. La collection s’achève sur une suite de vestes de tailoring reconstruites et réassemblées à l’aide de coutures visibles pour laisser entrevoir les techniques artisanales des ateliers Margiela.