Une sensualité latente se dégage des silhouettes qui se succèdent au défilé Khaite. Pour le troisième show de son label créé en 2016, Catherine Holstein tente de saisir une nouvelle définition de ce que signifie être sexy en 2020. Après avoir bâti sa renommée autour d’une maille et d’un denim luxueux, la créatrice s’empare de matières brutes et voluptueuses en proposant de longs trenchs en cuir, des shorts courts en denim, du velours imprimé... L’érotisme n’est pas ce qui s’offre facilement à la vue mais ce qui se dévoile, comme les coupes ajourées qui laissent subtilement entrevoir le creux des reins. La soie est gaufrée sur les côtes, soulignant une cage thoracique voilée sous ces plis. Une petite touche Renaissance creuse les cols pour créer des encolures carrées et fait gonfler les jupons des robes. Comme un clin d’œil à Marie-Antoinette, ces longues robes sont d’ailleurs incrustées de cristaux Swarovski qui marquent discrètement le contour d’un sein ou la ligne d’une taille. Au sein de cette succession de teintes sombres, les chaussures en velours d’un rose éclatant agissent comme de discrets points de lumières. Chez Khaite, le sexy rime avec imperfection, comme l'évoque la manucure noire écaillée au doigs des mannequins – un style négligemment chic qui attribue à la collection une allure très rock.