Les mannequins déambulent dans les méandres d’une ancienne prison parisienne : au cœur de la Conciergerie, le défilé Paco Rabanne se déroule comme le large éventail d’un vestiaire médiéval. Tapisseries, heaumes et tabards évoquent la puissance de femmes guerrières, tempérée par les broderies délicates et la fluidité des volants. Ces cottes de maille pourraient résonner comme un écho au défilé “Jeanne d’Arc”, présenté par Alexander McQueen en 1998, à l’image d’austères tailleurs sobrement noirs ornés d’une longue rangée de boutons à l'inspiration presque gothique. Julien Dossena, directeur artistique de Paco Rabanne depuis six ans, a mêlé ici diverses références historiques, aussi bien grunge que féodales, pour imaginer une collection conquérante.

 

Pièce emblématique de Paco Rabanne, la robe métallique est ici revisitée et intégrée à l’époque des templiers qui a inspiré le directeur artistique. Coulée dans du “mesh”, un genre de métal très souple et fin qui épouse le corps comme une seconde peau, cette armure métallique souligne chaque forme pour mieux la révéler. À sa suite, de volumineuses pèlerines blanches hantent la collection par leur présence fantomatique. De longues soutanes brodées suggèrent le vêtement ecclésiastique, drapé ici dans un mohair noir duveteux paré de glands. Au pied des modèles, les hautes bottes à plateforme ajoutent une touche punk à ces silhouettes moyenâgeuses mais résolument contemporaines.