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05

3 choses à retenir de la première collection de Matthew M. Williams pour Givenchy

Fashion Week

Dimanche 4 octobre 2020, le directeur artistique californien Matthew M. Williams présentait sa première collection pour la maison Givenchy. Entre coupes tailoring, silhouettes show-off et accessoires audacieux, découvrez trois choses à retenir de la collection.

Givenchy printemps-été 2021 par Matthew M. Williams

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C'est dans un tout nouveau showroom de l'avenue Montaigne aux allures de galerie que Matthew M. Williams présentait sa première collection de pret-à-porter pour la maison Givenchy. Le successeur de l'Anglaise Clare Waight Keller peut se targuer d'avoir non seulement un parcours atypique mais également fulgurant. Ancien assistant de Nick Knight, il lance son label Alyx en 2015 qui croise sous-culture et tailoring, collabore avec Kim Jones chez Dior dès l'arrivée de celui-ci en 2018 avant de rejoindre Givenchy en juin 2020. C'est donc en à peine trois mois que le californien proche de Virgil Abloh a conçu sa collection printemps-été 2021.

 

 

1. Les silhouettes tailoring

 

Un des talents de Matthew M. Williams est sans doute d'insuffler au tailoring une touche d'irrévérence en jouant des proportions et des détails. Ainsi les 7 premières silhouettes de sa collection - tantôt écrues tantôt noires - imposent le costume pour homme comme pour femme : pantalons droits mais pas slim, vestes aux épaules structurées ou avec une découpe façon gant ainsi que des hauts drapés et un large manteau masculin. Un peu plus loin dans la collection on retrouve des veste et des manteau en version croisé accompagnés d'une boucle bijou, ainsi qun un look composé d'un pull et d'un pantalon à la coupe impeccable entièrement rouge.

 

 

2. Quand la couture rencontre les sous-cultures

 

L'arrivée de Matthew M. Williams chez Givenchy signe aussi la rencontre de deux mondes opposés : originaire de Californie, issu de l'industrie musicale et souvent inspiré par les sous-culture références aux sous-cultures que ce soit street, club ou skate, le nouveau directeur artistique confronte ces univers à l'héritage couture de la maison fondée par Hubert de Givenchy en 1952. En résulte une série de silhouettes show-off et sophistiquées en parfaite adéquation avec l'ère Instagram : des cuirs croco orange, noir ou doré; des jeans peints et cuits pour des effets craquelés; des robes, pantalons et tops composés de bandes qui rappellent le travail d'Hervé Léger; des tops composés d'un tissu drapé; des robes fourreaux aux dos nus gansés de bijoux. La fin de la collection impose des robes en mousseline de soie transparente - parfois ornée du logo double G de Givenchy - brodée de strass et piercings ainsi que des cache-épaules rectangulaires rigides qui évoquent sans aucun doute les créations d'Hubert de Givenchy.

 

3. L'accessoire, aussi audacieux que commercial

Par le passé, Matthew M. Williams s'est distingué par les boucles complexes et élégantes qu'il dessine régulièrement pour les collections homme de Dior. C'est aujourd'hui cet habile équilibre entre l'audacieux et le commercial, que l'on retrouve dans ses sacs rigides et géométriques et ses bijoux maximalistes. Entre un modèle de cabas A4 ultra plat ou alors son nouveau modèle phare le Cut Out à la forme trapézoïdale évidé d'un triangle et orné d'une anse façon chaîne de vélo composée du logo Givenchy ou alors une réinterprétation mini de son Antigona, lui aussi orné de cette chaîne. Tandis que le célèbre modèle qui fête ces 10 ans s'accompagne de bijoux cadenas - inspirés de ceux accrochés au Pont de arts. Pour les ceintures et les bijoux - colliers, boucles d'oreilles, bagues -, Matthew M. Williams transforme les maillons d'une chaîne en un nouveau logo en jouant des torsions de l'objet. Le résultat, maximaliste et audacieux, apporte une touche rebelle à la collection. Enfin, un des accessoires les plus subversifs de la collection semble être une paire de sandales tryp-toe (tri-orteils) aux talons façon corne qui rappelle la collection haute couture printemps-été 1997 signée Alexander McQueen. Cornes que l'on retrouve sur des escarpins ainsi qu'une casquette.