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221


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Numéro
03

Des danseuses des quatre coins du monde photographiées sur Zoom pour Carolina Herrera

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Pour célébrer la collection Carolina Herrera automne-hiver 2020-2021, le directeur de création Wes Gordon a fait appel à la photographe Elizaveta Porodina et à six danseuses de ballet pour créer un portfolio d’images hypnotisantes… prises via Zoom. 

  • Misa Kuranaga

  • Wendy Whelan

  • Natasha Diamond Walker

  • Claudia Monja

  • Ako Kondo

La collection Carolina Herrera automne-hiver 2020-2021 photographiée par Elizaveta Porodina

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En février dernier à New York se dévoile la collection Carolina Herrera automne-hiver 2020-2021 : des créations d’une élégance romantique et maximaliste dont les volumes architecturaux n’ont d’égal que la puissante explosion de couleurs vives et immenses motifs fleuris. Des lignes baroques et une fraicheur chamarrée, tout droit sorti de l'imagination du directeur de création Wes Gordon – qui officie à la tête de la maison new-yorkaise depuis 2018. Mais si, en février, le designer cite tout particulièrement comme inspiration Francisco de Zurbarán, peintre espagnol du XVIIe siècle, sa collection trouve aujourd’hui sa place au sein d’un art bien plus récent – mais non moins mystique – que la peinture religieuse de la Contre-Réforme : les photographies par Zoom d’Elizaveta Porodina. 

 

Un calme hypnotisant, un grain vieilli et des tâches de couleurs d’une douceur nostalgique… Dignes héritières de l’abstraction poétique d’un Man Ray – en version recolorisée – ces photographies surréalistes figent, non sans rappeler l’esthétique baroque, le gracieux mouvement de six danseuses de ballet comme celui des robes Carolina Herrera qu’elles arborent. Ici, la soliste américaine Natasha Diamond Walker semble flotter entre ses volants de satin rouge sur fond de volutes bleues, là, la Japonaise Ako Kondo défie la gravité et fusionne avec son drapé orange comme son univers moucheté de rose et bleu, quand Wendy Whelan, du New York City Ballet, imprime son royal profil au cœur des plis d’une robe tachée de jaune et contre les reflets chatoyants d’un satin bleuté. Mais si ces clichés stupéfiants portent une telle émotion, c’est qu’ils ont été réalisés, non pas au quatre coins du monde, mais en isolement : la photographe – et ancienne psychologue – russe Elizaveta Porodina les réalise au milieu de différentes étapes de quarantaine grâce à l’outil de communication Zoom, et invente sa propre technique pour muer les studios et appartement des danseuses en ensembles de couleurs. Un tour de force qui transforme une réalité brutale en une douce thérapie visuelle, pleine de secrets et de promesses.