En 1965, Roland Petit, grand figure de la danse néoclassique aux yeux cernés de khôl, frappe à la porte de l’atelier du jeune Yves Saint Laurent. À l’époque, le couturier français travaille à l’élaboration d’une ligne devenue célèbre depuis : la collection Mondrian. Inspirées des rectangles de couleurs du peintre néerlandais Piet Mondrian, les robes de Saint Laurent font l’effet d’une révolution dans la haute couture de l’époque. Roland Petit, lui, adore la mode, et compte bien s’en servir pour faire de Notre Dame une adaptation avant-gardiste de l’œuvre de Victor Hugo.

 

En glissant des clins d’œil à sa collection Mondrian, l’amant de Pierre Bergé habille les danseurs du ballet de costumes médiévaux aux couleurs saturées. Alors que Roland Petit a l’habitude de travailler avec des costumes à plumes ou transparents, Saint Laurent, comme à son habitude, dynamite les conventions. Suivront une collaboration et une amitié de longue date entre le chorégraphe et le couturier qui marqueront les années 70 et feront entrer les ballets de Roland Petit au répertoire de l’Opéra de Paris.