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Du Japon à Madonna, pourquoi le kimono traverse les époques

Mode

Il est le vêtement le plus connu et réinterprété du Japon. Le kimono sera à l'honneur dès le 29 février prochain au Victoria & Albert Museum avec une exposition d'ampleur revenant sur sa riche histoire, du XVIe siècle à ses nombreuses réinterprétations contemporaines. 

Deux larges manches parfaitement rectangulaires, deux pans de tissu coupés droit fil et maintenus par un nœud sur le devant du corps, des imprimés et broderies abstraits ou figuratifs évoquant les paysages de l’Orient : les caractéristiques du kimono sont instantanément reconnaissables, faisant de ce costume traditionnel la pièce la plus emblématique du vestiaire japonais. Revêtu aussi bien par les femmes que les hommes, les enfants que les vieillards, les prostituées que les familles impériales, celui-ci s’est vu constamment réinterprété depuis près de seize siècles. Encore aujourd’hui, cette pièce connaît un grand succès, modernisée dans sa coupe, ses matières et son porté par de nombreux créateurs et labels contemporains du monde entier.  

 

C’est précisément cette capacité du kimono à traverser les époques ainsi que sa riche histoire qui ont inspiré le Victoria & Albert Museum, musée de référence de la mode à Londres, pour sa prochaine exposition Kimono : from Kyoto to Catwalk. Avec plus de 300 pièces présentées, celle-ci ramènera les visiteurs jusqu’au Japon des années 1660, au début de l’époque d’Edo, lorsque le kimono connut le début de son rayonnement international grâce à son exportation en Occident. Le public pourra notamment y découvrir des modèles rares du XVIIIe et XIXe siècle, réalisés selon des techniques d’exception dans des matériaux nobles, accompagnées d’imprimés, dessins et estampes d’époque qui complèteront l’immersion dans leur imaginaire poétique.

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Madonna, Nothing Really Matters video, 1999. Photo by Frank Micelotta © Getty Images

Thom Browne, menswear Spring-Summer 2016, Image Courtesy of Getty Images

Mais la modernité de l’exposition résidera sans doute dans sa présentation des interprétations plus récentes du kimono, notamment à travers son inscription dans la mode d’Occident dès le début du XXe siècle. À l’heure de l’abandon du corset féminin, plusieurs grands créateurs et couturiers européens ont su en proposer leur propre interprétation, tels que Paul Poiret, Madeleine Vionnet ou Mariano Fortuny. Aux côtés de leurs créations, l’exposition présentera aussi des pièces qui actent l’entrée du kimono dans la pop culture : le kimono d’Obi-Wan Kenobi dans la célèbre saga Star Wars,  le kimono rouge porté par Madonna dans le clip de Nothing Really Matters en 1998 ou encore le kimono signé Alexander McQueen porté par Björk sur la pochette de son album Homogenic.

 

Etendue jusqu’aux hybridations plus expérimentales du kimono dans les années 2000, à l’instar des robes extravagantes de John Galliano pour Dior haute couture ou sa fusion dans le costume masculin occidental par le créateur américain Thom Browne, l’exposition Kimono : from Kyoto to Catwalk témoignera d’une fascination toujours vivace pour un vêtement doté, grâce à ses qualités aussi esthétiques que fonctionnelles, d’une valeur résolument intemporelle.

 

Kimono : from Kyoto to Catwalk, du 29 février au 21 juin au Victoria & Albert Museum, Londres.

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