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Rencontre avec Alexis Martial et Adrien Caillaudaud, directeurs artistiques de Carven

 

À l’occasion du défilé automne-hiver 2016-2017 de Carven, Numéro a rencontré les deux jeunes et talentueux directeurs artistiques.

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Ils se sont rencontrés sur les bancs de leur école de mode, l’Atelier Chardon Savard, et ne se sont plus quittés. Respectivement anciens directeur artistique de Iceberg et designer accessoires chez Givenchy, Alexis Martial et Adrien Caillaudaud, tous deux âgés de 30 ans, président depuis un an aux destinées de la marque Carven. Numéro a rencontré ce couple également uni dans la vie dont le défilé, le 3 mars, a injecté une belle énergie dans la Fashion Week parisienne. 

Numéro : Carven est une maison de prêt-à-porter accessible dotée d’un héritage haute couture. Comment envisagez-vous ce positionnement ?

 

Adrien Caillaudaud : Le PDG de la maison, Henri Sebaoun, nous a expliqué à nos débuts quel était ce positionnement spécifique : les vêtements doivent rester accessibles, mais la maison dispose toujours de son propre atelier. Il distille l’héritage couture, notamment le respect des finitions et la recherche textile qui nous permet de réaliser nos propres tissages.

 

Alexis Martial : Nous pouvons donc pousser nos exigences sans vraiment faire de concession sur la création, car en parallèle de notre travail avec l’atelier, une équipe de production s’occupe d’industrialiser nos recherches.

 

L’image de Carven est aujourd’hui plus jeune qu’avant votre arrivée dans la maison, s’agit-il d’une intention délibérée de votre part ?

 

Adrien Caillaudaud : Nous n’avons pas souhaité la rajeunir, mais lui ajouter d’autres dimensions. La fille Carven est assez prude, elle porte des minijupes preppy et des petits manteaux. Nous avons ajouté à ces codes une touche urbaine inspirée des années 90, avec des tee-shirts imprimés et des graphismes. Aujourd’hui, notre fille Carven est donc en quelque sorte la meilleure amie de celle qui existait avant notre arrivée.

 

Alexis Martial : Elle est moins sage, plus libre, âgée de 20 à 40 ans. Carven permet une certaine liberté, tout est ouvert, l’histoire de cette maison est celle de la jeune femme que nous habillons. Nous ne nous disons jamais : “Ça, ce n’est pas Carven.”

 

Vous avez introduit dès votre première collection un pantalon qui est devenu depuis une véritable signature, de même que votre emploi des couleurs vives, même en hiver.

 

Alexis Martial : Cela nous a semblé évident d’introduire un pantalon, car c’est ce que portent les femmes aujourd’hui. Au quotidien, ce vêtement les rend un peu plus fortes, un peu plus boyish. Notre pantalon a une taille haute, il galbe le bas du corps pour dessiner deux jambes fuselées en couleur.

 

Adrien Caillaudaud : Les couleurs vives nous sont inspirées par le design et l’architecture des années 60-70, qui frôlaient souvent le mauvais goût. Nous aimons les mélanges de tweed et de plastique typiques de cette époque, les clashs de teintes qui a priori ne s’accordent pas. Ces éléments électrisent nos défilés.

 

Vous racontez-vous toujours une histoire pour chaque collection ?

 

Alexis Martial : Nous élaborons à chaque fois un scénario qui nous permet de construire plusieurs thématiques, plusieurs tableaux.

 

Adrien Caillaudaud : En été, la fille Carven part en voyage, et, en hiver, elle revient à Paris. Nous fantasmons par exemple son attitude sur un bateau, portant la chemise de son amoureux. Il ne s’agit pas nécessairement d’un voyage physique, mais nous aimons l’idée que les collections soient liées à un souvenir, que la cliente retrouve des pièces qu’elle a portées ou aimées auparavant.

 

Alexis Martial : Nos collections traduisent notre propre façon d’être : cet été, nous sommes partis au Japon avec un tout petit bagage, et nous sommes revenus avec cinq valises pleines de souvenirs, même des prospectus dont nous aimons les couleurs et le graphisme (rires).

 

Travailler en duo, c’est naturel pour vous ?

 

Alexis Martial : Nous nous sommes forgé un univers commun dès l’école où nous nous sommes connus il y a douze ans. Nous avons ensuite travaillé ensemble chez Alexander McQueen, puis chez Givenchy même si nous ne collaborions pas au quotidien.

 

Adrien  Caillaudaud : Nous n’avons jamais eu envie de fonder notre propre marque… mais nous avons toujours été persuadés que nous travaillerions ensemble pour une maison. 

 

Propos recueillis par Delphine Roche.

Photos Carven.

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