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26 Mai

Rencontre avec Irina Shayk : “Être exposée en permanence fait partie de mon métier”

 

La sublime Irina Shayk a su imposer avec force et douceur sa beauté majestueuse sur les podiums des plus grandes maisons de mode comme sur les couvertures des plus beaux magazines. Rencontre.

 

Propos recueillis par Léa Zetlaoui

Irina Shayk par Peter Lindbergh et Babeth Djian
Irina Shayk par Peter Lindbergh et Babeth Djian
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    NUMÉRO : Quand avez-vous débuté votre carrière de mannequin ?
    IRINA SHAYK :
    Je viens de Iemanjelinsk, une petite ville minière située en Russie, au milieu de nulle part, et, jeune, je n’avais aucune idée de ce qu’était la mode. Nous n’avions même pas de magazines de mode. Donc, je n’ai jamais envisagé de devenir mannequin car cette profession n’existait littéralement pas dans notre ville. J’ai commencé assez tard, à l’âge de 19 ans. Mon premier voyage à Paris fut une période difficile pour moi, je n’avais pas d’argent, je ne parlais pas anglais et je devais tout apprendre très vite. 

     

    À quel moment votre carrière a-t-elle décollé ? 

    Mon premier contrat avec Intimissimi, en 2007, a tout changé. C’était mon premier gros contrat. Grâce à cette marque, j’ai voyagé dans les plus beaux endroits du monde et travaillé avec des équipes incroyables pour des shootings. Tout se passe tellement bien que treize ans plus tard, nous collaborons toujours ensemble. L’équipe Intimissimi est une vraie famille pour moi. 

     

     

    “J’ai compris qu’être enceinte me donnait

    une émotion puissante et

    me remplissait de bonheur et d’amour.” 

     

     

    Comment avez-vous vécu le fait d’être exposée à ce point sous le regard de l’industrie de la mode ?
    Être exposée en permanence fait partie de mon métier. Je suis fière du travail que je fais, je donne toujours mon maximum. Pour chaque shooting, spectacle ou événement auxquels je participe, j’essaie de faire de mon mieux. 

Irina Shayk par Peter Lindbergh et Babeth Djian

Quelle était votre relation avec votre corps lorsque vous avez commencé et qu’en est-il aujourd’hui ?
Au début, comme tout le monde, je n’étais pas sûre de mon corps. Mais avec l’âge et l’expérience, j’ai appris à avoir confiance en moi et à me sentir forte. Dans la vie, je pense que la beauté intérieure est beaucoup plus importante que la beauté extérieure. Au fil du temps, j’ai trouvé la paix intérieure et l’équilibre. Être mère a beaucoup changé ma vie, et aujourd’hui je découvre un nouvel aspect de la beauté féminine dans la maternité.

 

 

Comment la maternité a-t-elle modifié votre rapport à votre corps ?
C’est lors d’un shooting avec Peter Lindbergh que j’ai réellement commencé à me sentir différente. J’étais enceinte de cinq mois, mais personne ne le savait, et, grâce à Peter, je me suis sentie tellement à l’aise et tellement unique... Il a réellement su exalter ce que je ressentais au fond de moi à ce moment-là. J’ai compris qu’être enceinte me donnait une émotion puissante et me remplissait de bonheur et d’amour. Les photos de ce shooting comptent parmi les plus belles que j’ai faites. Peter en a même tiré quelques-unes pour me les offrir. Je les ai fait encadrer, et maintenant elles sont accrochées chez moi. C’était une personne qui comptait beaucoup pour moi et il me manque énormément.

 

 

Je pense que la mode prête

aujourd’hui davantage attention.

à la personnalité.

 

 

D’ailleurs, Peter Lindbergh et Babeth Djian vous ont justement photographiée pour la couverture du Numéro 200, qui célébrait les 20 ans du magazine. Vous arboriez une perruque courte, un look garçonne qui contrastait avec votre apparence habituelle. Quel souvenir gardez-vous de ce shooting ?

Ce shooting avec Peter et Babeth était tout simplement magique ! J’adore changer d’apparence et proposer des personnages différents. C’est toujours un grand défi et une expérience. Mais lorsque vous êtes entre de bonnes mains, vous avez ce sentiment que la magie opère réellement. Ils me demandaient souvent mon opinion pendant le shooting, et je leur répondais : “Comme vous voulez !”, car je faisais entièrement confiance à leur goût et à leur créativité. Sans que je le sache, ce devait être, hélas, mon dernier shooting avec Peter, et je ne l’oublierai jamais.

 

 

Irina Shayk par Peter Lindbergh et Babeth Djian

Dans la période actuelle, on assiste à de grands bouleversements pour les femmes, notamment dans la manière qu’elles ont de percevoir leurs corps et leur féminité. Que pensez-vous de ces changements ?
Pour moi, la beauté intérieure est la seule beauté qui compte chez un être humain. Il y a quelques années, Intimissimi avait lancé une campagne avec ce puissant message, et je suis fière d’en avoir fait partie. La mode change si vite, des tendances du passé paraissent bizarres aux générations suivantes, mais seule la beauté intérieure demeure. Je suis persuadée que chaque femme est belle à sa manière et possède une beauté qui lui est propre.

 

Selon vous, quel est l’impact de ces évolutions sur l’industrie de la mode ?
Je pense que la mode prête aujourd’hui davantage attention à la personnalité. J’aime le fait que, chaque année, on observe de plus en plus de diversité dans les campagnes et dans les défilés. L’industrie est beaucoup moins rigide qu’auparavant.

 

 

Dans notre monde,

quand une femme ne se met plus

aucune barrière et s’autorise à être

entièrement elle-même, sa voix est entendue.

 

 

Lorsque vous arpentez les podiums, vous semblez pleine de confiance en vous, est-ce aussi le cas dans la vie ?
Oui, c’est le cas. Je viens d’une famille où les femmes ont beaucoup de caractère. C’est dans notre sang. J’ai toujours admiré la façon dont ma mère et ma grand-mère ont fait face aux moments les plus difficiles de leur vie. D’elles j’ai appris qu’il ne faut jamais abandonner et toujours garder espoir. Pourquoi aujourd’hui certaines mannequins travaillent-elles au-delà de 25 ans ? L’apparence compte, bien sûr, mais ce n’est plus l’essentiel. Celles qui aujourd’hui profitent d’une carrière plus longue possèdent bien plus qu’un physique avantageux. C’est davantage une question de personnalité et de caractère.

Irina Shayk par Sofia Sanchez et Mauro Mongiello

Aujourd’hui, votre nom est souvent cité parmi les Supermodels, à l’instar de Naomi Campbell ou de Linda Evangelista. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

C’est un grand honneur. Ces femmes sont de véritables icônes qui ont une force et un charisme impressionnants. Dans notre monde, quand une femme ne se met plus aucune barrière et s’autorise à être entièrement elle-même, sa voix est entendue.

 

Vous avez eu la chance de défiler pour le dernier show couture de Jean Paul Gaultier. Quel regard portez-vous sur ce couturier ?
Je suis une fan absolue de Jean Paul Gaultier et de son héritage. Il a toujours été totalement libre. Il n’a jamais eu peur de prendre des risques ni de proposer des styles et des silhouettes fortes et provocantes. C’est un artiste extraordinaire, mais aussi une personne qui sait rester simple et à qui le succès n’a pas tourné la tête. Il est très attentionné vis-à-vis des autres et extrêmement talentueux. J’adore sa créativité qui n’a littéralement pas de frontières, et ses shows qui sont toujours une vraie déclaration de ce en quoi il croit.

 

Vous êtes aussi très proche de Riccardo Tisci...

La première fois que j’ai rencontré Riccardo Tisci, c’était il y a huit ans, lors d’une soirée, et ma première surprise fut de constater à quel point il était doux et simple. Je l’ai revu lors du casting pour mon premier défilé Givenchy : je me rappelle la façon dont il me regardait, et les belles choses qu’il m’a dites. Je suis littéralement tombée amoureuse de lui. Il est l’une de ces personnes qu’on a l’impression de connaître depuis toujours, même lorsqu’on les rencontre pour la première fois.

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