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Rencontre avec le fondateur d’Acne Studios, Jonny Johansson

 

Depuis sa création en 1996, le label suédois Acne Studios est l’emblème d’une mode fonctionnelle et arty. Numéro a rencontré son fondateur, passionné de photo, d’art et de musique, qui injecte dans ses créations son amour de la culture contemporaine.

Défilé printemps-été 2016

Défilé printemps-été 2016

Numéro : À​ l’origine, Acne Studios est un collectif dont le nom signifie “Ambition to Create Novel Expression”. Quelle était la vocation de ce groupe ?

Jonny Johansson : Nous étions un groupe de personnes liées par une admiration mutuelle. Les autres m’admiraient moins, mais j’étais tout de même accepté [rires]. Nous voulions explorer différents champs créatifs, comme les artistes contemporains qui s’expriment à travers divers médiums. Nous voulions croiser la musique, la vidéo, l’art graphique… L’idée était d’analyser notre époque, et l’avenir de notre culture, depuis notre point de vue. D’une façon générale, nous cherchions à saisir et à définir ce qui est contemporain.

 

Comment la mode est-elle intervenue dans ce projet ?

Elle est arrivée naturellement, car elle est le ciment commun qui lie toutes les disciplines créatives. Nous savions que la réponse du public serait beaucoup plus vive envers la mode qu’envers les autres formes d’expression.

 

Plus que par un look, Acne Studios se distingue en revisitant des pièces fonctionnelles, auxquelles vous appliquez un traitement très personnel du volume et de la couleur.

Tout à fait, nous ne cherchons pas à promouvoir un concept global ou un total look. D’ailleurs, à l’époque où nous publiions notre Acne Paper, aucun vêtement n’y figurait. Nous préférons que nos clients mixent nos pièces avec le reste de leur garde-robe. 

 

 

Défilé printemps-été 2016

Pourquoi avoir d’abord lancé des jeans ?

Cela paraissait logique, car le jean est le vêtement contemporain par excellence. Mais nous n’avons jamais eu l’intention de devenir une marque de jeans. Leur succès rapide nous a joué des tours, car, par la suite, il a été difficile de faire comprendre que nos ambitions créatives allaient au-delà.

 

Si la Suède ne compte pas vraiment d’héritage fort en matière de mode, la culture du design y est très présente. Comment vous a-t-elle influencé ?

Le design de mobilier suédois met en avant des valeurs de fonctionnalité et d’honnêteté. Il m’a fallu un certain temps pour comprendre que cette culture m’influençait. Mais j’ai finalement admis que l’endroit où l’on vit nous construit en partie. C’est pourquoi il est important pour moi de créer depuis Stockholm.

 

Comment expliquez-vous le culte que les jeunes citadins du monde entier vouent à Acne Studios ?

Je pense que nous avons su rester ouverts, nous interagissons avec une vaste communauté. Nous avons aussi une politique d’honnêteté, nous établissons nos prix en fonction du coût de fabrication du produit, et nous ne payons aucune célébrité pour porter nos vêtements. Nous explorons de nouvelles formes, de nouvelles idées. Et j’espère que nous incitons les gens à s’exprimer à travers la mode.

 

 

Aujourd’hui, vous lancez des sacs à main, quelle en est l’idée directrice ?

Jusqu’à présent, j’ajoutais parfois un sac vintage pour compléter un look, mais l’obsession du it-bag m’a toujours dérangé. Je me suis dit que si je devais lancer des sacs, il fallait qu’ils s’inscrivent dans notre démarche générale. Le “Rope bag”, par exemple, est né d’une recherche sur la façon de réduire le volume d’un vêtement. Pour le sangler, j’ai utilisé une corde qui traînait dans le studio. Avant de présenter les sacs pour la première fois sur notre défilé printemps-été 2016, j’ai attendu d’être pleinement satisfait. 

 

www.acnestudios.com

 

Propos recueillis par Delphine Roche

 

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