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Les pochettes de Hugo Matha, nominé pour le prix Accessoires de l'ANDAM 2015

 

Rencontre avec le très jeune créateur français Hugo Matha dont les pochettes en Plexiglas, bois et cuir précieux lui valent déjà de figurer parmi les trois finalistes du concours de l’ANDAM, dans la catégorie des accessoires de mode.

Amoureux de l’artisanat, le très jeune créateur (24 ans) s’est déjà fait remarquer avec ses pochettes en Plexiglas, bois et cuir précieux, produites en édition limitée. Au point de figurer parmi les trois finalistes du concours de l’ANDAM, dans la catégorie des accessoires de mode. 

Numéro : Pourquoi avez-vous décidé de créer des pochettes et des sacs plutôt que des vêtements ?

 

Hugo Matha : Je pensais me concentrer sur le prêt-à-porter et j’avais réalisé, à ma sortie de Duperré, une collection que j’avais intitulée “Les instants abscons”. Elle exprimait une idée de la séduction liée au mystère, à la frustration, et pour l’accessoiriser, je proposais mes toutes premières pochettes en Plexiglas. C’est finalement ce qui a été marquant. J’ai donc commencé à les développer. J’aime travailler avec des artisans, produire un objet en trois dimensions, qui se suffit à lui-même, contrairement à un vêtement. Travailler la matière, trouver des innovations techniques me passionne. J’ai donc rapidement eu envie de proposer également des pochettes en bois. C’est un matériau qui vit, qui casse facilement, qui se rétracte ou se dilate selon qu’il est plus sec ou plus humide. Choisir le bois est donc problématique. Comme l’alligator, cette matière se patine, change au fil du temps. Des veines apparaissent. Il faut l’assumer, ce qui explique qu'à mes débuts, ma clientèle était surtout constituée de galeristes, d’artistes ou encore d’architectes. Mon idée était de faire un objet d’une vie, un objet pérenne, que l’on garde.

J’aime travailler avec des artisans, produire un objet en trois dimensions, qui se suffit à lui-même, contrairement à un vêtement. Travailler la matière, trouver des innovations techniques me passionne.

Quel a été votre parcours ?

 

Hugo Matha : Je viens de l’Aveyron, où mes parents sont vignerons. J’ai suivi une formation en arts appliqués, et c’est la mode qui a retenu mon attention. J’ai donc poursuivi avec un BTS de design de mode à Cholet. Puis j’ai vécu une aventure un peu extraordinaire pour un garçon de 18 ans : ayant trouvé un stage dans le Sentier, j’ai atterri à Shanghai pour dessiner les collections et superviser la production de masse d’une marque de vêtements. J’ai mené pendant huit mois une vraie vie d’expatrié : je ne parlais ni anglais, ni chinois. Une traductrice personnelle m’accompagnait partout, j’avais un chauffeur. Je suis ensuite revenu en France pour suivre une licence d’arts appliqués à l’École Duperré. J’ai travaillé avec Olivier Châtenet, puis avec Jean-Charles de Castelbajac, parallèlement à la préparation de mon diplôme. C’est en 2014 que j’ai réellement lancé ma marque. 

 

Quels sont vos projets dans l’immédiat ?

 

Hugo Matha : Je vais ouvrir mon propre atelier dans l’Aveyron, dans le vignoble de mes parents. Pour l’instant, mes pièces sont fabriquées en France, dans des ateliers qui travaillent pour les plus grandes maisons de mode. On pourrait dire que ce sont des pièces uniques, car elles sont toutes faites à la main, donc toutes différentes. Ouvrir mon atelier va me permettre de développer de nouveaux traitements, de nouveaux prototypes, d’expérimenter davantage. Mon idée serait d’avoir une sorte de laboratoire de développement en interne. Des ingénieurs de la matière. Mes pochettes sont assez chères, et pour l’instant, les Émirats, la Corée, sont mes meilleurs clients, même si mes pièces sont vendues également chez Colette à Paris et chez Moda Operandi pour les États-Unis. Je tiens à garder la qualité de mes produits, je n’envisage pas de réaliser une ligne plus commerciale. Mais si une idée satisfaisante me vient un jour, je le ferai.  

 

 

www.hugomatha.com

Propos recueillis par Delphine Roche

Puis j’ai vécu une aventure un peu extraordinaire pour un garçon de 18 ans : ayant trouvé un stage dans le Sentier, j’ai atterri à Shanghai.

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